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Construire la grève générale

Toulouse. Plus de 150 personnes réunies au meeting pour la grève générale de Révolution Permanente

Alors qu’une crise politique d’envergure s’ouvre dans le pays suite au passage en force de la réforme des retraites par le gouvernement Macron, Révolution Permanente organisait ce mercredi un meeting avec plus de 150 personnes pour construire la grève générale.

RP Toulouse

17 mars 2023

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Toulouse. Plus de 150 personnes réunies au meeting pour la grève générale de Révolution Permanente

Crédits photo : sauvageimage

Depuis l’annonce ce jeudi du passage en force de la réforme des retraites via l’article 49-3 par le gouvernement Borne, des mobilisations ont lieu partout dans le pays, et ce, malgré la tiédeur de l’intersyndicale qui s’est contentée d’un appel à se mobiliser ce jeudi 23 mars. Ce mercredi, Révolution Permanente et Le Poing Levé organisaient un meeting pour la grève générale réunissant plus de 150 personnes, L’occasion de discuter de la nécessité de construire un véritable plan de bataille pour arracher une victoire et faire dégager Borne, Macron et leur réforme !

« Il faut qu’on prenne notre lutte en main ! »

Dans une ambiance combative, les différents intervenants ont pris la parole. La question de la stratégie à adopter pour continuer le combat après le 15 mars, était sur toutes les lèvres. Dans un premier temps, Jean-Baptiste, salarié de l’éducation, est revenu sur les raisons de la colère au sein de l’éducation nationale. En effet, malgré la volonté des directions syndicales de cantonner le mouvement à des mobilisations sur des journées isolées, les salariés de l’éducation nationale ont montré la voie depuis le début du mouvement en s’organisant dans des Assemblées Générales parfois importantes et ont parfois vivement interpellé les directions syndicales sur la nécessité d’un véritable plan de bataille.

À l’échelle de la ville également, les assemblées générales des personnels de l’éducation ont permis de faire vivre les caisses de grève en alliant les enseignants titulaires aux salariés précaires comme les assistants d’éducation, les AESH et les personnels contractuels, tout en décidant d’initiatives entre les différents établissements.

« C’est nous qui perdons du salaire tous les mois, c’est à nous de prendre notre grève en main !"
Mobilisé depuis le début du mouvement, il est revenu sur les assemblées générales au sein de son établissement qui ont permis d’élargir la grève aux personnels précaires. Une façon de rappeler aussi que le rôle des salariés précaires est aussi de remettre au centre la question des salaires et de l’auto organisation dans les lieux de travail pour dépasser le plan des directions syndicales qui cherchent à cantonner la mobilisation actuelle au simple rejet de la réforme.

À l’inverse de cette logique, Jean-Baptiste est revenu sur la colère des secteurs les plus précaires de l’éducation nationale et sur leur volonté d’en découdre pour en finir avec la précarité et les salaires très souvent en deçà de 1000 euros par mois !

« Il y a tous les ingrédients aujourd’hui pour mettre le pays à l’arrêt »

Anna Cheminote et militante au collectif féministe Du Pain et Des Roses, a insisté sur l’enjeu de construire la grève reconductible au-delà des secteurs déjà mobilisés tout en rappelant l’échec du plan de l’intersyndicale qui se vérifie d’autant plus aujourd’hui. En grève reconductible depuis le 7 mars, Anna a insisté sur la nécessité de construire une grève reconductible partout où cela est possible.

« On a la possibilité de faire plier Macron ! Non seulement parce que les secteurs « bloquants » sont en grève reconductible, mais aussi et surtout parce que cette lutte contre la réforme des retraites a réveillé une colère profonde […] Aujourd’hui, on a les raffineurs, les énergéticiens, on a tous les ingrédients pour construire le tous ensemble »

Organisés avec les salariés de l’énergie autour d’actions communes depuis plusieurs jours, les cheminots montrent la voie à Toulouse et dans toute la France pour construire une grève massive contre le gouvernement et faire dégager Borne et Macron. Anna a par ailleurs rappelé la responsabilité catastrophique des directions syndicales qui cherchent à contenir le mouvement dans un plan de journées isolées alors que le patronat et le gouvernement s’organisent et sont prêts à en découdre pour aller au bout de leur réforme.

« On a tous les ingrédients, mais l’intersyndicale n’a pas la bonne recette. Les directions syndicales n’ont jamais appelé à généraliser la grève reconductible. Berger est même allé jusqu’à dénoncer la grève reconductible des éboueurs ».

Plus qu’un simple désaccord de méthode, il fallait aussi rappeler que le fait de condamner les actions des éboueurs de Paris, alors que ces derniers font face à la répression et aux réquisitions de Darmanin, est une attaque claire contre notre camp. Berger crie avec les loups et condamne les grévistes, tout comme il s’est désolidarisé de la CFDT cheminots qui a appelé à poursuivre la grève reconductible. Une preuve supplémentaire de la nécessité que les secteurs qui sont au centre de la grève reconductible prennent la tête du mouvement pour véritablement construire une grève générale dans tout le pays.

Pendant le meeting, les participants ont tenu à envoyer leur soutien aux éboueurs en grève dont le gouvernement a annoncé la violente réquisition.

« Les directions syndicales déplorent le silence du président, mais c’est précisément le but ! mettre un coup d’arrêt on veut les faire taire, on veut qu’ils la ferment ! »

« Il faut en finir avec la stratégie de l’intersyndicale, la seule façon de gagner, c’est la grève reconductible ! »

Une vidéo de salutations d’Adrien Cornet, membre de la CGT du dépôt de Total Grandpuits, a rappelé la centralité de l’alliance entre les travailleurs des sous-traitances et des salariés de Total pour construire la grève reconductible. Son intervention a été suivie par celle d’Alberta, militante au Poing Levé et à Révolution Permanente.

« Tout le monde savait que Macron et son gouvernement n’allaient pas reculer avec des journées de 24 h tous les quinze jours. Macron, c’est celui qui a éborgné des dizaines et des dizaines de Gilets Jaunes. C’est celui qui envoie les flics devant les lycées quand ils se mobilisent. Macron, c’est le président qui envoie les flics lacérer les tentes des migrants et envoie les militaires sur la Place de la République partout où il y a des migrants qui cherchent à dormir. Il a réprimé toutes les luttes de tous les mouvements sociaux […] La seule manière de faire plier Macron, c’est la grève reconductible que sont en train de mener les camarades cheminots, nos camarades dans les raffineries, les éboueurs, les profs, c’est la seule manière que ça bouge ! »

Alberta est revenue sur la centralité de l’intervention de la jeunesse dans le mouvement actuel, qui dément de loin le discours des éditorialistes bourgeois et du gouvernement apeurés par la possibilité d’une telle perspective. Au contraire, c’est actuellement le moment central pour se mobiliser contre le gouvernement et dépasser de loin les revendications minimales auxquelles les organisations syndicales et la France Insoumise cherchent à cantonner le mouvement. Au contraire, c’est dans cette période qu’il faut parler de l’ensemble de nos revendications : que ce soit des retraites, des salaires, des conditions de travail, mais aussi des réformes autoritaires et de la mise au pas que cherche à construire le gouvernement avec la Loi Immigration de Darmanin ou encore la généralisation du Service National Universel.

Contrairement à ceux qui nous expliquent qu’il faut s’arrêter à des revendications minimales, Alberta a rappelé que la jeunesse tout comme l’ensemble des travailleuses et travailleurs qui sont actuellement mobilisés, luttent aussi pour l’ensemble de leurs conditions et contre le gouvernement de Borne et Macron.

« « Il faut que ça explose, que ça explose de partout et qu’on fasse dégager ce gouvernement ! »

La politisation du mouvement actuel est une force de ce dernier et les images des mobilisations spontanées qui ont suivies les annonces du gouvernement Borne de passage en force au travers l’article 49.3 le confirment : le plan de l’intersyndicale nous mène à la défaite, il faut généraliser la grève ! Pour cela, il faut s’appuyer sur tous les secteurs en grève reconductible ainsi que tous ceux qui ont obtenu de véritables augmentations de salaires, comme les salariés du sous-traitant aéronautique Sabena à Bordeaux.

« Ce mouvement c’est déjà une victoire, car il y a des milliers de travailleurs et travailleuses qui ont relevé la tête pour la première fois » expliquait Alberta pour conclure le meeting. Pour construire une stratégie alternative à celles des directions syndicales, le meeting était une invitation à rejoindre le réseau pour la grève générale, qui se réunit ce mardi à 18 h 30. Réunissant plus de 200 syndicalistes, de différents secteurs du monde du travail, mais ainsi que des artistes et des intellectuels, il est un organe nécessaire pour construire la victoire contre Macron.


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