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Politique

REPRESSION

Soutien à Nantes Révoltée, attaquée en justice pour avoir dénoncé les violences policières !

Le ministre de l’Intérieur et le préfet de Loire-Atlantique obéissent sans hésiter aux ordres du syndicat d’extrême droite Alliance police et attaquent Nantes Révoltée en justice pour avoir diffusé des images dénonçant les violences policières.

vendredi 30 juillet

Mercredi dernier, le média autonome Nantes Révoltée a publié des images parodiant une campagne de recrutement de la police nationale, alors que le Premier ministre Jean Castex venait d’annoncer une hausse du budget du ministère de l’Intérieur de 900 millions d’euros. Ainsi, le slogan « protéger, le plus beau des métiers » de la police nationale a été modifié par le média, qui a remplacé le verbe « protéger » par d’autres verbes plus appropriés pour définir le travail des forces répressives, tels que mutiler, gazer, soumettre, tabasser, humilier, terroriser, et a placé ces inscriptions sur différentes images qui témoignent de la répression policière.

Le syndicat d’extrême droite Police Alliance a réagi rapidement, dénonçant la « haine anti-flic » à travers des « images insultantes » vis-à-vis des policiers. Ils ont également demandé au Ministre de l’Intérieur de poursuivre en justice Nantes Révoltée, car « nul ne peut insulter la Police Nationale en toute impunité ». Il convient de préciser que les images n’ont pas été retouchées et que la parodie ou l’humour consiste simplement à changer le verbe protéger du slogan, et que si elles sont insultantes pour le syndicat d’extrême droite, elles sont en même temps bien réelles.

Le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a suivi les instructions à la lettre, et a ainsi demandé au préfet de Loire Atlantique de poursuivre en justice le groupe Nantes Revoltée. Le communiqué de la préfecture, mentionne des « clichés pris sur la voie publique au cours d’actions de Police ou de manifestations, sortis de leur contexte avec des messages discréditant la Police Nationale ».

Une attaque honteuse contre la liberté d’expression

Face à cette attaque totalement honteuse, Nantes Revoltée a reçu des milliers de messages de soutien à travers le hashtag #JeSoutiensNantesRevoltée. L’Union Locale CGT de Nantes a publié un communiqué dans lequel, tout en se limitant de certaines analyses de Nantes Révoltée, il apporte son soutien au média, en appelant à la liberté d’expression et en demandant de respecter le principe « je suis Charlie ».

Si le parallèle avec « je suis Charlie » n’est pas le plus adéquat, la vérité est que cette attaque est une atteinte directe à la liberté d’expression et montre clairement que le gouvernement et son appareil répressif ne crient au nom de la liberté d’expression que lorsque cela les arrange. Que la police réprime, mutile, terrorise et même tue est une réalité, et il est vital de la dénoncer. Pour cette raison, et face au risque de censure, Nantes Révoltée demande la diffusion de toutes les images de la fausse campagne, qui se trouvent ici.

Nous soutenons Nantes Révoltée face à cette attaque honteuse qu’elle subit pour avoir simplement dénoncé les violences policières !




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