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Schiappa instrumentalise la lutte contre le harcèlement de rue pour augmenter les effectifs de police

En cette journée de grève féministe et de lutte pour les droits des femmes, l’ex-ministre chargée de l’égalité femme-homme Marlène Schiappa était l’invitée de France info ce matin. L’occasion pour elle de défendre l’instrumentalisation par Macron des violences sexistes et sexuelles et de promettre le doublement des effectifs de police dans les espaces publics.

mardi 8 mars

Marlène Schiappa sur France Info

Au lendemain de la marche radicale de la nuit du 7 mars où les manifestantes scandaient des slogans anticapitalistes et antiracistes, Marlène Schiappa s’est exprimée au micro de France info pour défendre une politique diamétralement opposée : raciste, bourgeoise et libérale. En effet, si le récemment déclaré candidat à la présidentielle, Emmanuel Macron a annoncé que la cause des femmes serait, pour la seconde fois, une « grande cause » de son éventuel prochain quinquennat, il est certain que le projet du président s’inscrira à nouveau dans l’instrumentalisation du féminisme à des fins sécuritaires et racistes. L’ancienne ministre chargée de l’Egalité femme-homme est en effet revenue sur cette annonce en précisant les contours des propositions et en défendant bec et ongles le bilan répressif du quinquennat Macron.

Presque trois ans après sa loi de pénalisation de « l’outrage sexiste », l’actuelle ministre chargée de la Citoyenneté s’est félicitée des plusieurs milliers d’amende qui ont été dressées par les policiers, à qui il est donné toujours plus de pouvoir. Cette dernière va même plus loin puisqu’elle a annoncé au micro de France Info que le président veut tripler le montant de l’amende pour harcèlement de rue et doubler la présence des policiers notamment dans les transports.

En effet, le gouvernement propose de constater le harcèlement de rue en « flagrant délit » ce qui suppose un quadrillage policier quotidien, un ciblage territorial et une grande appréciation laissée aux policiers. Si cette loi ne résout rien à la problématique du harcèlement de rue dès lors que 80% des femmes se disent en être victimes alors que seulement six infractions quotidiennes sont constatées, elle a pour objectif central de renforcer la surveillance policière et le quadrillage des quartiers populaires pour légitimer le tournant répressif et raciste du gouvernement Macron.

De manière plus large, à travers Marlène Schiappa, le quinquennat Macron a verni d’une caution féministe ses projets les plus réactionnaires : loi séparatisme, loi asile immigration, renforcement policier… En effet, loin de lutter contre les violences sexistes et sexuelles subies par les femmes, ces différentes lois appuient le tournant sécuritaire de l’Etat en renforçant les pouvoirs de la police. Elles ont permis de légitimer le quadrillage policier dans les transports et particulièrement dans les quartiers considérés comme des hauts lieux de harcèlements sexuels à savoir dans les quartiers populaires. Marlène Schiappa ne s’en est pas cachée, lorsqu’elle a annoncé vouloir créer des « quartiers sans relous » en proposant la création d’une « cartographie des zones à risque », euphémisme pour désigner les quartiers populaires à majorité de personnes pauvres et racisées. Alors que le patriarcat est partout, dans la rue, dans les bureaux, dans les maisons, le gouvernement se concentre sur le harcèlement de rue comme excuse pour augmenter les moyens et la présence de la police.

Ainsi, nous n’avons rien à attendre d’un gouvernement qui utilise la cause féministe pour justifier des politiques racistes qui stigmatisent les hommes étrangers, particulièrement les musulmans et les racisés. D’autant que, ce même gouvernement et son bras armé qui se prétendent allié des femmes, répriment les manifestations féministes, refusent les plaintes pour viol et stigmatisent les femmes voilées. Contre les violences sexistes et sexuelles, les femmes et minorités de genre doivent s’organiser pour proposer une réponse collective en totale indépendance de l’Etat qui en est le premier responsable.



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