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Politique

Education nationale

Salaires, statuts et conditions de travail : le 19 octobre, soutenons les AESH en grève !

Ce mardi 19 octobre, les organisations syndicales FSU, CGT Educ’Action, Sud Education et FO, ainsi que la FCPE, fédération de parents d’élèves, appellent à la grève pour dénoncer la grande précarité et les conditions de travail toujours plus dégradées que le ministère de l’Education nationale impose aux AESH, personnels qui accompagnent à l’école les enfants en situation de handicap.

lundi 18 octobre

Source : Compte Twitter de Révolution Permanente – Manifestation du 8 avril 2021.

La rentrée 2021 a vu la situation des AESH (Accompagnants d’Elèves en Situation de Handicap) se dégrader encore. Ces personnels, qui sont en grande majorité des femmes, sont en effet parmi les plus précaires de l’Education nationale. Non seulement soumises à la pression du renouvellement de leur contrat et à la possibilité de voir à tout moment changer leur affectation, les AESH sont parmi les personnels les moins bien rémunérés de l’Education nationale. Leur fiche de paie affiche pour la majorité d’entre elles un revenu en-dessous du SMIC à la fin du mois, et ce en dépit des pseudo-mesures prises par le ministère Blanquer au sortir du Grenelle. En effet, pour une AESH travaillant 24h (soit la durée de la semaine d’un élève d’école primaire), il faut… 24 ans de travail pour atteindre les 1 000 €.

A cela s’ajoutent des conditions de travail de plus en plus difficiles, qui rendent impossible pour ces accompagnant.e.s, pourtant sensibles aux difficultés de leurs élèves, de faire correctement leur travail. Au mois de septembre, de nombreux postes d’AESH étaient en effet non pourvus, avec des personnels non remplacés ou non affectés, laissant des enfants en situation de handicap privés de l’accompagnement dont ils ont besoin. Surtout, la mise en place des PIAL (pôles inclusifs d’accompagnement localisés) constitue une véritable catastrophe pour les personnels et pour les élèves : désormais, un.e AESH, qui pouvait autrefois ne s’occuper que d’un.e seul.e élève, se voit attribuer plusieurs élèves et peut avoir jusqu’à 4 ou 5 enfants à aider en même temps ! Une charge de travail impossible à assumer, qui constitue une forme de maltraitance de la part l’institution envers les personnels, mais aussi envers des élèves déjà en situation de handicap.

Les revendications portées par les différentes organisations qui appellent à la mobilisation insistent ainsi sur l’augmentation des rémunérations de toutes et tous les AESH, mais aussi sur la nécessité d’« abandonner les PIAL et la politique de mutualisation des moyens ; de créer un véritable statut de la Fonction publique pour reconnaître le métier d’AESH ; de donner accès à des formations qualifiantes à la hauteur des missions d’inclusion ; de recruter les AESH qui font encore défaut pour permettre aux élèves en situation de handicap de bénéficier d’un accompagnement à la hauteur des besoins. »

La précarisation et la dégradation des conditions de travail des AESH est un sujet qui touche à l’école dans son ensemble. En effet, moins d’AESH pour plus d’élèves implique une charge de travail supplémentaire pour tous les personnels, en particulier les enseignant.e.s, qui verront leur charge de travail encore augmenter pour compenser l’absence ou le manque d’accompagnement des élèves en situation de handicap de leur classe. Elle touche aussi, bien évidemment, les familles et les élèves, qui ne bénéficieront plus de l’accompagnement auxquels ils avaient droit.

Plus généralement, la multiplication des tâches et la dégradation des conditions de travail des personnels est une problématique qui touche tous les personnels de l’Education nationale, les enseignant.e.s étant eux-mêmes victimes des attaques du gouvernement qui vise à toujours faire plus avec moins, et ayant connu une précarisation de plus en plus importante avec le gel du point d’indice et la multiplication du recours aux contractuels.

C’est pour toutes ces raisons qu’il est nécessaire d’opposer au gouvernement la mobilisation la plus large possible, les AESH déjà mobilisé.e.s, mais aussi les enseignant.e.s et personnels de l’Education nationale, ainsi que les familles et parents d’élèves.

Au-delà d’un simple appel à la grève, il est nécessaire que les directions syndicales se mettent en ordre de bataille pour construire un véritable rapport de force, avec une mobilisation qui dépasse l’organisation routinière de journées de grève. Nous ne parviendront pas à lutter contre le gouvernement sans réunir tous les personnels autour de revendications contre la précarisation et la dégradation générale des conditions de travail, qui touchent tous les personnels des établissements scolaires, et qui font qu’il est devenu impossible d’accueillir les élèves dans de bonnes conditions et de leur fournir l’accompagnement dont ils ont besoin.

Liens :

Appel intersyndical à la grève du mardi 19 octobre




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