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Liberté pour les prisonniers politiques !

Répression politique. 25ème jour de grève de la faim : Libre Flot, prisonnier politique est hospitalisé

En détention provisoire pour soupçon d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » malgré un dossier très faible à sa charge, Libre Flot, un militant libertaire a entamé une grève de la faim. Affaibli, le 24 mars, le militant a dû être hospitalisé.

vendredi 25 mars

Florian D. connu sous le pseudonyme de Libre Flot est un militant d’extrême-gauche parti combattre en 2017 auprès des combattants du YPG du Rojava, organisation armée kurde qui a participé à la défaite de Daesh lors de la bataille de Raqqa. Il est revenu en France par la suite et a immédiatement été mis sous écoute par la DGSI, qui a craint que des militants d’extrême gauche ne se rendent au Kurdistan pour s’entraîner au combat et reviennent pour commettre des actions violentes sur le sol français. Ces militants qui ont participé aux combats contre Daesh ont donc été mis sur le même plan que des sympathisants de Daesh par les services de renseignement français. Au cours des écoutes, le juge d’instruction a pu intercepter des communications dénigrant la police et a ouvert une enquête à l’encontre de huit personnes pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Ce délit prévu par les lois antiterroristes depuis 1996 est extrêmement critiqué car il permet de condamner pénalement quelqu’un jusqu’à 30 ans de prison pour de simples « intentions », alors même qu’aucun fait n’a été commis et que les intentions en questions peuvent être caractérisées sur la base d’éléments très faibles.

Enfin ce délit spécial antiterrorisme a déjà pu servir à la répression politique de l’extrême gauche au cours de ladite « affaire de Tarnac », dans laquelle un groupe autonome avait été accusé fin 2008 de projets terroristes pour avoir saboté des caténaires de train transportant des déchets nucléaires, malgré l’inconsistance des charges retenues et son caractère manifestement politique.

Huit personnes ont donc été mises en détention provisoire le 8 décembre 2020, les autres ont ensuite été libérées tandis que Libre Flot a été poursuivi pour avoir été « leader » d’un projet terroriste qui n’a encore une fois été caractérisé que sur la base de propos dénigrant la police au téléphone. Il reste donc en détention provisoire depuis près d’un an et demi en l’attente d’un procès. Libre Flot et ses camarades ont de plus été mis en isolement dès le début de leur détention, alors même que la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme qualifie l’isolement longue durée de « torture blanche ». L’isolement de longue durée entraîne en effet une sous-stimulation sensorielle qui peut très gravement dégrader l’état de santé d’êtres humains, avec des effets que Libre Flot décrit très longuement dans plusieurs lettres.

Après avoir épuisé tous les recours légaux pour demander une libération provisoire et que le directeur de sa maison d’arrêt ait fini par lui confier que sa mise en isolement avait été demandée « par des personnes très haut-placées », Libre Flot a entamé une grève de la faim le 27 février dernier pour demander sa mise en liberté, alors même que son affaiblissement en isolement rend pratiquement impossible de préparer effectivement sa défense en vue d’un procès anti-terroriste qu’il dénonce comme « calomnieux ».

On peut d’autant plus suspecter le caractère politique de l’affaire que les rassemblements en soutien à Libre Flot sont extrêmement réprimés, comme cela a par exemple été le cas à Toulouse où un simple rassemblement n’a tout simplement pas pu se tenir en raison de l’importance du dispositif policier.

En grève de la faim depuis 25 jours, Libre Flot s’est encore affaibli et a dû être hospitalisé le 24 mars dernier.

Une pétition est ouverte pour demander sa libération et un rassemblement est prévu à Paris ce lundi 29 mars à Ménilmontant.



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