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Politique

Emmanuel Le Pen

"Reconduire les clandestins" : Macron braconne sur le terrain de Le Pen pendant l’entre-deux tours

Invité au 20h de TF1, Emmanuel Macron est resté fidèle à lui même. En même temps qu'il fait du pied à l'électorat de gauche, il braconne sur le terrain de Marine Le Pen avec un discours sur l'immigration digne de la droite sarkozyste.

jeudi 14 avril

Crédit photo : AFP

Emmanuel Macron était invité au journal de 20h de TF1 ce mercredi 13 avril pour une interview d’une vingtaine de minute dans laquelle il a défendu son programme à dix jours du second tour des élections présidentielles face à Marine Le Pen. C’est dans cette perspective qu’il a fait des appels du pied à l’électorat de gauche en déclarant vouloir « élargir [son] projet » en voulant par exemple « aller plus loin » sur des sujets tels que « la planification écologique ».

Mais comme dit le dicton : chassez le naturel, il revient au galop. En particulier concernant les thématiques chères à la droite et à l’extrême-droite, comme l’immigration. A ce sujet, si Emmanuel Macron a voulu se distinguer de Marine Le Pen en affirmant que « l’espace Schengen est un espace dont il ne faut pas sortir comme l’extrême-droite le propose », il ne s’est pas privé de rabâcher la vieille rengaine de la droite sarkozyste en déclarant vouloir « réformer Schengen en lui donnant les moyens de mieux contrôler l’immigration extérieure », « protéger nos frontières avec plus de forces communes », « accélérer les procédures » et « reconduire [les clandestins] dans leur pays d’origine beaucoup plus rapidement ».

Pour appuyer ses promesses xénophobes, Emmanuel Macron a pu revendiquer « les réformes commencées en France », à l’instar de la loi Asile et Immigration, un arsenal législatif promulgué en 2018 pour accentuer la chasse aux migrants. Un discours dans la continuité de la politique menée par son gouvernement tout au long du quinquennat, que le président-candidat avait déjà développé lors de son discours de lancement de campagne en promettant moins de visas et plus d’expulsion.

Sans surprise, Emmanuel Macron développe donc un programme xénophobe qui fait honneur au soutien que lui a apporté Nicolas Sarkozy. Après un quinquennat passé à nourrir sciemment les thématiques de l’extrême-droite à coup de rafles policières contre les sans-papiers et de politiques anti-migrants menée par son ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, c’est une nouvelle démonstration que le vote Macron ne constitue pas un rempart face à la politique raciste et xénophobe du Rassemblement National.

Face à Macron et Le Pen, l’heure est à la solidarité et à la lutte dans la rue pour le retrait des lois xénophobes, l’accueil de tous les réfugiés et la régularisation de tous les sans-papiers.



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