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Politique

À l'image de la candidature de Zemmour

Inhumain : quand le chef des "Amis de Zemmour" bloquait les sanitaires de réfugiés à Calais

Antoine Diers, porte-parole des « Amis de Zemmour » colle parfaitement à l’image du candidat à la présidentielle, raciste et xénophobe. Il est notamment connu pour avoir mené une campagne particulièrement immonde, installant sa voiture puis une benne à ordure devant des douches utilisées par les migrants, pendant qu'il était directeur de cabinet à la mairie de Calais.

jeudi 23 septembre

De Julien Madar, ancien banquier d’affaire chez Rothschield, à Bolloré, en passant par une multitude d’hommes d’affaires, le visage de l’équipe de campagne d’Eric Zemmour ne fait plus de doute. Dernièrement c’est Antoine Diers, ancien directeur de cabinet de la mairie de Calais, qui a défrayé la chronique avec le retour au premier plan d’une histoire pour le moins sordide comme l’a rappelé le journaliste Louis Witter sur Twitter.

Le proche de Zemmour est un ancien membre du bureau politique du MET (mouvement des étudiants), syndicat étudiant dont faire parti l’UNI, lui-même clairement d’extrême droite, et ancien coéquipier de Natacha Bouchart, mairesse de Calais affilié à l’UMP, avec qui ils ont mené une campagne ultra-raciste en 2017 contre les migrants.

Une affaire sur laquelle revenait en 2017 le journal Lien Social. En 2017, dans la ville de Calais, entre 200 et 500 réfugiés se sont retrouvés à la rue suite à l’expulsion d’un bidonville et le démantèlement de toutes les structures d’accueil. Face à cette situation, le Secours Catholique de la ville décide de leur offrir le minimum : 8 douches. Cependant, cette démarche ne convient pas à Antoine Diers et à la mairie de Calais. Après plusieurs semaines où des CRS sont envoyés quotidiennement devant les sanitaires mis en place par l’association humanitaire, dans la cour des locaux du secours catholique, Antoine Diers décide de passer à l’étape supérieure. « Le jour de la livraison des bâtiments modulaires, Antoine Diers, directeur de cabinet de la mairie, est venu garer sa voiture personnelle devant l’entrée des locaux pour empêcher l’installation d’un troisième module qui devait servir de salle d’attente. Puis la mairie a installé une benne à ordures devant l’entrée » explique Lien Social ! Une benne à ordure qui ne sera retirée que plus tard, après que l’association ait saisi le tribunal administratif.

La mairie sera allé jusqu’à mettre en œuvre un véritable harcèlement des migrants et bénévoles pour empêcher la mise en place de la moindre œuvre humanitaire. Vincent de Conack, représentant du Secours catholique à Calais racontait alors que, depuis le 8 février et l’installation de deux bâtiments préfabriqués de quatre douches chacun : « nos locaux sont depuis surveillés en permanence par 4 ou 5 CRS stationnés dans une camionnette devant notre porte ». Le 17 février suivant, sept mineurs accompagnés par une salariée de l’association et une journaliste de libération sont interpellés. Les sept enfants sont dirigés vers le commissariat, les deux adultes à la police des frontières, avant d’être relâchés. Cinq jours plus tard, le 22 février, ce sont tous les jeunes mineurs que l’association accompagnait qui ont été interpellé et envoyé au poste de police de la ville, « des lignes que nous pensions infranchissables sont aujourd’hui dépassées » concluait alors l’humanitaire.

Cette sordide histoire, à l’initiative d’Antoine Diers, montre ce qu’est véritablement le racisme et la xénophobie à la sauce de Zemmour et de son équipe. Combattre le discours de guerre civile de Eric Zemmour, qui tend à déplacer encore un peu plus à droite les frontières du discours et des actes islamophobes légitimes, est essentiel. Une lutte indissociable de la lutte contre la politique du gouvernement, qui promeut activement l’islamophobie et organise la répression systématique des migrants à Calais, ouvrant la voie à des actions horribles comme celles de Antoine Diers.




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