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Moselle

Procès contre Amazon : Christian Porta attaque l’entreprise pour discrimination syndicale

Ce jeudi matin, avait lieu au Conseil des prud’hommes de Metz l’audience opposant Christian Porta, syndicaliste licencié par Amazon, à la multinationale. Le militant avait assigné l’entreprise après s’être vu rompre sa période d’essai de manière discriminatoire.

vendredi 10 décembre 2021

Début septembre 2021, Christian Porta, militant politique et syndical reconnu en Moselle, est embauché par Amazon à l’occasion de l’ouverture du 8ème établissement en France de la multinationale, soit le plus grand centre de distribution du pays.

Rapidement, Christian est félicité pour son travail par ses managers et se voit même proposer des promotions. Mais voilà, le 6, et 7 octobre, une délégation d’élus CGT Amazon se rend sur le site pour rencontrer les salariés et discuter de la création d’une section syndicale sur place. Christian se rend aux réunions organisées. Le 8 octobre, il est interviewé par une télévision locale, et affiche son appartenance syndicale à la CGT. Le lendemain, il est convoqué par sa direction qui lui annonce que sa période d’essai prend fin sur le champ. Des vigiles de sécurité l’obligent même physiquement à quitter le site.

En réponse, Christian Porta décide d’attaquer en référé Amazon pour discrimination syndicale, exigeant sa réintégration au sein de l’entreprise. Ce jeudi 9 décembre, se tenait donc l’audience en référé devant le Conseil des Prud’hommes de Metz. Dès 8 heures du matin, de nombreux soutiens avaient fait le déplacement : des collègues de l’entreprise Nauhauser au sein de laquelle il a repris le travail depuis son licenciement, mais aussi des gilets jaunes et des militants politiques et syndicaux.

La justification de la direction ? Christian serait un mauvais salarié. Pour étayer cet argument, Amazon produit quelques heures avant l’audience un tableau non certifié selon lequel Christian aurait commis 25 000 erreurs en… dix jours. Soit 2500 erreurs par jour, alors même que le salarié ne touche même pas autant d’objets par jour. Plus encore, le tableau en question ne correspond même pas au poste occupé par Christian. Des arguments qui ne tiennent pas lorsque l’on sait que le matin de son licenciement Christian s’était vu proposer une évolution de poste.

En réalité, comme l’explique Me Elsa Marcel, l’avocate de Christian Porta, lors de sa plaidoirie : « ce qui se joue dans cette affaire, c’est qu’Amazon tente d’en faire un exemple, et d’intimider tous les salariés en montrant le sort destiné à ceux qui exerceraient une activité syndicale ». En effet, malgré les tentatives de justification de la direction, il est évident que c’est bien pour son activité politique et syndicale que le militant a été licencié. Les pièces fournies par Amazon en sont même la preuve selon Me Marcel, puisque la société fournit un constat d’huissier qui retrace tout l’historique politique de Christian depuis 2016 : vidéos, articles de presse etc.

Plus encore, ce constat d’huissier et toute la défense d’Amazon est aussi la preuve de la détermination de la direction pour évincer les syndicalistes combatifs, et étouffer toute forme de contestation des conditions de travail inhumaines vécues par les salariés de la multinationale. Le délibéré sera rendu par le Conseil des prud’hommes de Metz le 27 janvier 2022.



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