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Politique

Renforcement sécuritaire

Priorité à la répression : le gouvernement recrute 30 000 policiers réservistes

La police nationale lance le recrutement de 30 000 réservistes. Une mesure qui s'inscrit dans le plan sécuritaire du gouvernement qui a augmenté de 25 % le budget annuel de la police et promis de doubler ses effectifs d'ici 2030.

lundi 15 août

Crédits photos : DENIS CHARLET / AFP

10 jours de formations pour apprendre le maniement des armes, une visite médicale et les voici sur le terrain à patrouiller en uniforme avec une arme à feu d’ici la fin de l’été. Voilà le processus de formation des 30.000 réservistes de la police nationale qui a récemment fait polémique suite à un reportage de Sud-Ouest.

Pourtant, au-delà de cette courte formation qui donnerait donc à n’importe quel individu une autorité de contrôle sur la population, c’est la mesure en elle-même qui devrait inquiéter. L’augmentation des effectifs de policiers réservistes s’inscrit en effet dans une volonté explicite de renforcement de l’appareil répressif d’Etat.

30.000 policiers réservistes supplémentaires vont ainsi être recrutés sur 10 ans, et être mobilisable 90 jours par an. Cette mesure est issue de la loi du 24 janvier 2022 relative à la sécurité intérieure. L’objectif ? Rattraper le « retard » sur la réserve de la gendarmerie qui compte déjà 28 500 retraités mobilisables et 31 500 volontaires, alors que jusqu’ici la réserve de la police nationale se composait exclusivement de retraités.

À ce jour, la Direction générale de la police nationale (DGPN) aurait reçu plus de 7 000 candidatures et annonce que 1300 candidats seront formés et mobilisable avant la fin de l’année selon Libération. Une embauche massive qui va ainsi permettre le renforcement du corps policiers dans le cadre du plan sécuritaire que Macron avait annoncé lors de la campagne présidentielle en décembre dernier.

Outre les 30.000 réservistes, la [loi d’orientation et de programmation du ministère de l’Intérieur pour 2022-2027 prévoit le doublement des effectifs policiers d’ici 2030 et un budget de 15 milliards d’euros supplémentaire soit une augmentation de 25 % par an. Parmi les autres annonces de Macron, la création d’une unité spéciale de « forces d’action républicaines » destinée à intervenir dans les « quartiers de reconquêtes républicaines ».

L’objectif apparaît clairement d’accentuer la répression pour les habitants des quartiers populaires sous prétexte de lutte contre le trafic de drogue, mais aussi de préparer la répression des mouvements à venir. Dans la continuité de toute la politique sécuritaire que le gouvernement mène depuis plusieurs années (loi sécurité globale, création de brigade de maintien de l’ordre type BRAV-M, schéma national du maintien de l’ordre), il s’agit de renforcer l’appareil répressif d’Etat.

Dans un contexte de crise économique où la population voit son niveau de vie diminuer face à l’explosion des prix, le gouvernement se prépare donc consciemment aux prochains épisodes de luttes des classes. Il va falloir nous y préparer à notre tour.



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