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Politique

Mort au travail

Précarité et mort au travail : un intérimaire de 63 ans meurt d’une crise cardiaque chez Amazon

Le mardi 18 janvier 2022, Ali, ouvrier intérimaire de 63 ans, est mort d’une crise cardiaque dans l’entrepôt Amazon où il travaillait. Les syndicats et la direction s’opposent sur la qualification d’accident du travail, quand il est clair que sa mort est liée à ses conditions de travail.

mercredi 26 janvier

Crédits photo : AFP

Ce drame s’est produit dans la plateforme logistique d’Amazon de Brétigny-sur-Orge (Essonne), plateforme géante d’une surface de 142 000 m² où près de 3000 employé travaillent, dont Ali, qui y travaillait depuis juillet dernier. L’ouvrier a fait une crise cardiaque le mardi 18 janvier, vers 13 heure 30, alors qu’il allait reprendre son poste. Une infirmière l’a pris en charge en attendant l’arrivée du Samu qui ont constaté le décès.

La direction du géant américain a présenté ses hommages à la famille du défunt, hommages hypocrites au vu de leur gestion de la situation, à savoir de refuser catégoriquement de qualifier le décès d’Ali d’accident du travail.
Et ce, quand bien même une source syndicale précise que : « D’après certains salariés, il était au niveau du réfectoire et ne se sentait pas bien. Il est monté, s’est connecté puis s’est assis et là il a eu une crise cardiaque ». La qualification d’accident du travail serait donc d’autant plus appropriée qu’il « travaillait sur l’un des postes les plus pénibles du site, à ranger des articles sur des étagères ». Alain Jeault, délégué syndical central de la CGT, déplore aussi que l’ouvrier intérimaire ait été secouru au bout de sept minutes, c’est assez long »

Les conditions de travail sont aussi remises en cause, et cela depuis longtemps, comme l’illustre l’appel à la grève qui avaient été lancé au printemps dernier au nom du passage à treize euros de l’heure, d’une prime Covid de 2 000 euros ou l’embauche des intérimaires après six mois d’ancienneté.

Ce dramatique incident n’est pas l’effet d’une situation isolé, en effet, on se rappelle l’ouvrier grièvement blessé lors un accident survenu sur le chantier du futur village des athlètes ou encore le décès d’un travailleur sur le chantier de la future gare Pleyel à Saint-Denis. Et ce uniquement pour le mois de janvier 2022 De plus, Amazon est continuellement au centre de polémiques par rapport aux conditions de travail de ses salariés

Le décès d’Ali est donc, malheureusement, une énième illustration des ravages de l’exploitation capitaliste. En effet, le lien entre la pénibilité de son emploi et sa santé est donc ici difficilement contestable puisque malgré sa faiblesse cardiaque, il continuait, à 63 ans à effectuer un métier très pénible. Plus encore, ce drame rappelle la nécessité d’un départ à la retraite plus avancé pour les métiers les plus pénibles. Lorsque l’on sait que l’espérance de vie d’un ouvrier est de 59 ans, il est absolument intolérable de travailler jusqu’à cet âge-là et de plus dans les conditions abjectes décrites par ses collègues.

Face à la pénibilité, édulcorée et réduite à deux ans maximum, évoquée à un moment par Édouard Philippe au cours de sa tentative de contre-réforme des retraites, nous voulons des critères collectifs et de classe : par métier, par entreprise, par établissement (industrie, services, éducation...), service ou atelier. Nous ne pouvons plus tolérer ces offensives réactionnaires contre le monde du travail et nous devons lutter contre la précarisation des travailleurs par le biais de l’intérim, des CDI et de tous les emplois atypiques.



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