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Du Pain et des Roses

Transphobie d'Etat

Plusieurs milliers de personnes dans la rue pour l’ExisTransInter

L’ExisTransInter, la marche des personnes trans, intersexes et de celles qui les soutiennent s’est tenue à Paris pour la première fois depuis 2020. Une manifestation festive pour rendre visibles les personnes trans et/ou intersexes et leurs revendications.

mardi 17 mai

Crédits photo : Elin pour Radio parleur

L’ExisTransInter s’est tenue ce samedi 14 mai au départ de la Place de l’Opéra à Paris, après deux ans d’absence en raison de la crise sanitaire. La marche annuelle des personnes trans et intersexes a réuni plusieurs milliers de personnes venues toute la France pour rendre visibles ces communautés et leurs revendications. Une manifestation festive et revendicative dont le mot d’ordre était cette année « On veut l’autonomie, pas la survie ». Une façon de rappeler la prévalence de la précarité chez les personnes trans et intersexes ainsi que le poids de la transphobie et de l’intersexophobie d’État.

La marche, qui se déroule traditionnellement à l’automne a été cette année avancée au mois de mai entre autres raisons pour coïncider avec l’agenda électoral, entre les élections présidentielles et législatives et dresser les constats du dernier quinquennat Macron : la loi bioéthique a radicalement laissé de côté les personnes trans et intersexes, elle n’a pas interdit les mutilations d’enfants intersexes et n’a pas ouvert l’accès à la PMA, à la conservation des gamètes, ni encore réglé les difficultés d’établissement d’une filiation naturelle pour les personnes trans.

En plus de ces revendications démocratiques, des manifestant.e.s évoquent la nécessité de repousser les offensives anti-sociales qui vont durement toucher les personnes trans déjà quatre fois plus susceptibles de vivre sous le seuil de pauvreté que la population générale.

Les questions spécifiques aux jeunes personnes trans sont également en tête des participant.e.s : un lycéen trans s’était donné la mort dans son lycée trois jours avant la marche. On estime que 82 % des personnes trans ont eu des idées suicidaires au cours de leur vie et que 40 % d’entre elles ont tenté d’attenter à leurs jours, et cette réalité est encore plus forte chez les jeunes trans. Les suicides se multiplient tandis que la circulaire Blanquer a rendu obligatoire le consentement des parents au changement de prénom sur les listes d’appel pour les élèves trans !

La transphobie est enfin un facteur de migration, et une partie importante de la communauté trans en France est migrante et doit également faire face au racisme d’État et aux violences policières : les luttes trans doivent être anti-racistes et internationalistes !

C’est d’ailleurs une orientation internationaliste que le collectif Du Pain Et Des Roses a cherché à porter dans cette marche en apportant un message de soutien aux personnes trans opprimées aux États Unis et à toutes celles et ceux qui luttent là-bas pour les droits trans, LGBTI et pour le droit à l’avortement face aux offensives réactionnaires.

En France comme aux États Unis, les attaques réactionnaires visant les personnes trans se multiplient, la défense contre ces attaques et pour conquérir de nouveaux droits passe avant tout par la lutte et par la rue.



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