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Politique

La Xénophobie En Marche

Plus d’expulsions, moins de visas : Macron promet de durcir la chasse aux migrants en 2022

Emmanuel Macron a dévoilé son programme ce jeudi. Sur l'immigration comme sur le reste, le président-candidat a tenu un discours à droite toute, qui promet durcissement des procédures de demande d'asile et augmentation des expulsions en cas de refus.

jeudi 17 mars

Crédit photo : Ludovic Marin / AFP

Lors d’une conférence de presse à Aubervilliers ce jeudi après-midi, Emmanuel Macron a dévoilé son programme devant les journalistes. Dans un contexte où cette campagne présidentielle est polarisé par les discours racistes et xénophobes d’Eric Zemmour, Valérie Pécresse et consorts, le président-candidat n’a pas fait défaut.

« Le refus d’asile vaudra obligation de quitter le territoire » : Macron promet de continuer la chasse aux migrants

En se donnant pour objectif de « mieux maîtriser l’immigration », le président-candidat a d’abord annoncé « la refonte de l’organisation de l’asile et du droit de séjour ». En cause selon lui, « la lourdeur des procédures qui réduit l’efficacité de nos procédures d’éloignement ». La solution : faire que « le refus d’asile vaudra obligation de quitter le territoire français ».

Aujourd’hui pourtant, les étrangers qui voient leur demande d’asile définitivement rejetée se voient déjà délivrer une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF), et les recours sont rares et difficiles. Emmanuel Macron n’y est d’ailleurs pas pour rien, puisque la loi Asile et Immigration mise en place par son gouvernement a non seulement raccourci les délais de dépôt de demande d’asile – de 120 à 90 jours – mais aussi les délais de recours en cas de refus – de un mois à 15 jours.

« Réduction et suppression des visas » pour les pays qui « ne coopèrent pas » pour expulser les sans-papiers

D’autre part, le chef de l’État a également promis, s’il est élu, « une politique de réduction et suppression » des visas aux ressortissants des pays qui ne « coopèrent pas avec notre politique de retour pour celles et ceux qui n’ont pas de titre de séjour ou d’asile ». Une mesure qui s’inscrit dans la continuité de la politique du gouvernement qui avait annoncé fin septembre, diviser par deux l’octroi de visas aux ressortissants algériens et marocains, et réduire de 30% pour ceux concernant les tunisiens.

A l’époque déjà, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal justifiait cette décision par le « manque de coopération » de ces États qui refuseraient de délivrer les laissez-passer consulaires, et entraveraient ainsi les expulsions des sans-papiers. Un prétexte fallacieux quand on connaît la soumission des régimes de l’autre côté de la Méditerranée à obéir aux exigences de l’État impérialiste français. Il s’agit en réalité surtout pour le gouvernement de trier les demandeurs de visa en fonction du pays d’origine. Pendant que les multinationales françaises n’ont, elles, pas besoin de visas pour piller le Maghreb et l’Afrique.

« Intégration républicaine » : Macron veut une immigration qui rapporte toujours plus au patronat

Enfin, Emmanuel Macron a déclaré vouloir repenser « le modèle d’intégration républicaine ». Outre les promesses de renforcer les « moyens et investissements sur les cours de langue », il a surtout promis de conditionner la délivrance des titres de séjours longs à un test de français ainsi qu’à de « réels efforts d’intégration professionnelle ». Une manière de précariser d’avantage le statut des étudiants et travailleurs immigrés, en conditionnant toujours plus le renouvellement de leur titre de séjour aux profits qu’ils rapportent au patronat.

En somme, pour Emmanuel Macron il s’agissait avec ce discours de montrer les muscles pour faire du pied à droite, à deux mois des élections. Il livre sans surprise pour 2022 un programme xénophobe, qui a pour seul mérite de mettre qui met à nu l’hypocrisie des déclarations de son gouvernement sur l’accueil des réfugiés ukrainiens.
Face au déchaînement médiatico-politique raciste et anti-migrants, l’heure est à la solidarité et à la lutte pour le retrait des lois xénophobes, l’accueil de tous les réfugiés et la régularisation de tous les sans-papiers.



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