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Pass sanitaire. La police italienne réprime les dockers qui bloquaient le port de Trieste

Depuis vendredi, les dockers de Trieste bloquaient leur port contre la mise en place du Green Pass. Ils ont été réprimés et évacués hier par la police à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau.

lundi 18 octobre

La mise en œuvre du Green Pass le 15 octobre a suscité d’importantes mobilisations en Italie. En effet, ce pass sanitaire appliqué à l’ensemble des travailleurs du pays fait peser la menace de suspensions de salaires et de lourdes amendes sur les travailleurs qui ne seraient pas vaccinés ou n’auraient pas réalisé un test, coûtant entre 15 et 50 euros. Au total ce sont plus de 3 millions de travailleurs qui sont concernés.

L’épicentre de la mobilisation se trouve à Trieste où les dockers bloquaient depuis vendredi une partie du port aux côtés de manifestants anti-green pass. Un piquet de grève avait été mis en place à l’entrée nord-ouest du port où étaient mobilisés plus de 300 dockers, qui ont agrégé autour d’eux des milliers de manifestants. Finalement, ces derniers ont été évacués ce lundi par la police.

Celle-ci a utilisé canons à eau et lacrymogènes pour réprimer les grévistes et leurs soutiens.

Hier soir des rassemblements avaient lieu dans plusieurs villes en soutien aux dockers. Leur mobilisation prend place alors que le secteur de la logistique est particulièrement concerné par l’opposition au green pass, comptant une part importante de travailleurs non vaccinés. Dans le même sens, les syndicats de base, particulièrement implantés dans le secteur, manifestaient lundi dans des dizaines de villes contre le green pass et la politique du gouvernement.

Une mobilisation du mouvement ouvrier essentielle alors que, comme en France, l’extrême-droite est à la manœuvre pour instrumentaliser la colère et surfer sur la défiance envers le vaccin. Symbole du danger, l’attaque du siège de la CGIL samedi dernier par plusieurs de manifestants emmenés par l’organisation fasciste Forza Nuova. De même, la confusion est loin d’être absente de la mobilisation des dockers, notamment au sein de la Coordination des travailleurs portuaires de Trieste (CPLT), scission de l’USB, mais aussi des nombreux manifestants anti-pass qui les ont rejoints.

Pour autant, alors que l’attaque contre le siège de la CGIL a donné lieu à une manifestation massive de soutien à la CGIL réunissant 200.000 personnes à Rome samedi, combattre l’extrême-droite implique de refuser de lui laisser la main sur la contestation de la politique sanitaire autoritaire de Draghi. En ce sens, il est fondamental que le mouvement ouvrier lutte contre le green pass avec ses méthodes et ses mots d’ordre, sans faire aucune concession au discours anti-vaccin, mais en refusant son imposition autoritaire à coups de menaces de suspensions de salaires.




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