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Grèves pour les salaires

PSA. Après plus de 12 jours de grève, les propositions de la direction, c’est « du foutage de gueule »

Depuis plus de deux semaines, les salariés de PSA multiplient les débrayages pour revendiquer des augmentations de salaires. Face à des grèves inédites, la direction a convoqué les syndicats ce mardi sans répondre à aucune des revendications des salariés.

mardi 27 septembre

Crédits photos : Syndicat CGT Sevelnord

Depuis le 15 septembre, un mouvement de grève inédit dure à PSA, géant de l’automobile nouvellement récemment renommé Stellantis. Le groupe fait face à une forte colère des salariés sur la question des salaires qui a commencé à s’exprimer avec une grève spontanée réunissant plus de 500 grévistes sur le site de PSA Hordain selon la CGT.

La mobilisation s’est prolongé jusqu’au mardi 27 septembre, journée où la direction a convoqué les syndicats pour une réunion de négociation. Entre temps, la grève s’est étendue à d’autres sites PSA comme ceux de Douvrin (Pas-de-Calais) ou Valenciennes. Ce lundi 26 septembre, la mobilisation a même touché 5 sites du groupe automobile avec 260 à Charleville (Ardennes), 150 à Trémery (Moselle) ainsi qu’une centaine à Sept Fons (Allier) et une centaine à Caen. Le lendemain, en parallèle de la réunion de négociation, c’est des centaines de grévistes qui ont à nouveau débrayés à l’image des salariés de Valenciennes avec 150 salariés mobilisés le matin et 150 pour l’après-midi : « dès que j’ai annoncé sur les réseaux sociaux les propositions de la direction, tous les gars ont posé les outils et la chaîne s’est arrêtée directement avec 200 grévistes  » nous explique Cédric Brun, de la CGT PSA Valenciennes, par ailleurs délégué syndical central adjoint du groupe. Suite aux annonces, 300 grévistes se sont déclarés sur le site de Rennes, et 200 sur le site de Mulhouse.

Malgré la pression mise par la mobilisation, la direction a fait le choix de mépriser les grévistes en ne proposant que des miettes. Premièrement, elle propose le déblocage anticipé de l’intéressement et de la participation avec un plafond de 10 000 € (ce qui ne constitue même pas de l’argent en plus à proprement parler), et une prime de 1 000 € avec condition de présence. Une « annonce indécente vu les records de bénéfices » qui s’élèvent à 13,4 milliards d’euros pour l’année 2021, dénonce la CGT PSA Sochaux qui réaffirme la nécessité d’une augmentation générale des salaires de 400 € quel que soit le contrat (CDI, CDD, intérim) mais aussi l’embauche en CDI des intérimaires, ainsi qu’une prime Macron de 6 000 €. En assemblée générale, à Valenciennes, alors que des syndicalistes Force Ouvrière proposaient de revendiquer des primes, les salariés s’y sont opposés, en imposant aux syndicats la revendication de 400 € pour tous.

 « Sans aucun doute, les travailleurs de SevelNord (Hordain) ont montré la voie, plusieurs centaines de grévistes sur 5-6 jours ça faisait longtemps qu’on n’avait pas vu ça » témoigne Cédric Brun, avant de continuer : « la dernière fois que j’ai senti une telle détermination, c’est quand ils ont essayé de nous imposer un accord de compétitivité en 2009  ». Avec de nombreux débrayages, c’est un appel à la grève sur tout le groupe qui court pour la journée du 28 septembre, avec l’espoir que de plus en plus de sites rejoignent le mouvement. « Le but maintenant, c’est de construire les conditions d’une grève dure et d’une grève majoritaire  » explique le syndicaliste.

Alors que des reconductibles ont lieu chez Exxonmobil et Total, le début d’un mouvement majoritaire chez PSA est un signe de plus que la classe ouvrière hexagonale est prête à lutter pour une augmentation des salaires. Cependant, le plan proposé actuellement par les directions syndicales, une seule journée de grève sans lendemain le 29 septembre, apparaît plus que jamais comme insuffisante. Beaucoup de salariés se montrent lassés de ces appels que beaucoup jugent inutiles : « les ouvriers voient cet appel comme des appels de bureaucrates syndicaux. Les ouvriers de PSA aujourd’hui, ils ne veulent pas aller dans les manifs, seulement occuper les usines, le reste ne les intéresse pas » témoigne dans ce sens Cédric Brun. Un témoignage de plus qui montrent que l’attitude timorée des directions syndicales n’est pas liée à la démoralisation des ouvriers, mais qu’elle est uniquement le fait de leur stratégie de dialogue social avec un gouvernement qui n’a jamais lâché une miette pour les ouvriers.



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