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Politique

Du fric pour les services publics !

« On meurt à petit feu » : au collège Dora Maar (93), les personnels en grève pour des moyens

Ce mardi 15 février, les personnels précaires du collège Dora Maar se sont mis en grève, soutenus par les professeurs et les parents d’élèves, pour dénoncer un manque de moyens criant qui nuit fortement à l’hygiène et à la sécurité de l’établissement.

mercredi 16 février

Ce mardi 15 février, la quasi-totalité des personnels du collège Dora Maar à Saint-Denis (93) étaient en grève pour dénoncer les conditions désastreuses dans lesquelles ils et elles travaillent et donc dans lesquelles les élèves doivent étudier. Initiée par les personnels les plus précaires de l’établissement, à savoir les agentes d’entretien, cette grève a été soutenue et suivie également par la vie scolaire, les professeurs et les parents d’élèves qui se sont réunis dès 8h autour d’un piquet de grève devant l’établissement dans une ambiance chaleureuse.

« Les JO se construiront-ils sur des établissements en ruine ? Les personnels et parents du collège Dora Maar de Saint-Denis se mobilisent pour exprimer leur ras-le-bol, leur épuisement et leur soutien aux agentes et AED qui souffrent depuis plusieurs mois de manque de moyens criant, de la dégradation constante du matériel et des sous-effectifs qui empêchent le collège de fonctionner correctement et en toute sécurité. » pouvait-on lire sur leur communiqué. Car en effet, le collège Dora Maar se trouve au beau milieu de travaux pour la construction du village olympique pour 2024, créant ainsi des problématiques particulières comme en témoigne un professeur d’italien auprès de Révolution Permanente : « La situation est critique dans ce collège. On est en pleine crise sanitaire, et on ne peut même pas aérer les salles de cours car si on ouvre les fenêtres on reçoit toute la poussière des travaux. »

Alors que le pseudo protocole sanitaire de Blanquer repose en grande partie justement sur l’aération et le nettoyage des salles de classes, il apparaît que dans ce collège il est impossible de le tenir. En effet, les personnels d’entretien et de ménage dénoncent le sous-effectif qu’ils subissent, alors qu’ils et elles sont surchargés de travail. Une agente témoigne : « Moralement ça ne va pas du tout, on est train de mourir à petit feu depuis 2 ans. On doit faire un peu tout dans ce collège, on nettoie les salles, on fait la cantine, la loge, on fait même la police quand il faut séparer des conflits. Mais là on craque, on manque de tout, de moyens, de personnels, de communication, d’organisation. On a trop encaissé et accumulé, c’est pour ça qu’on est en grève aujourd’hui. On en a ras-le-bol c’est plus possible ! »

Dans le sillage des grèves qu’on a pu voir dans l’Éducation nationale au mois de janvier, cette grève exprime un ras-le-bol général de l’ensemble des personnels de l’éducation nationale, notamment des plus précaires, et rassemble également le soutien des parents d’élèves, inquiets des conditions dans lesquelles leurs enfants étudient. Une maman d’élève élue explique : « En plus des problèmes spécifiques à Dora Maar notamment vis-à-vis des travaux, on peut voir plus largement un gros manque d’enseignants et d’enseignantes dans le 93 et il faut y remédier de toute urgence parce que les élèves sont laissés pour compte », avant d’ajouter « Il y a un manque de volonté du gouvernement de faire des recrutements à la hauteur des besoins, et ça c’était déjà avant la crise qui n’a fait qu’accentuer un fossé qui existait déjà. C’est important de noter que cette grève c’est avant tout une grève des personnels techniques qui revendiquent des moyens pour assurer basiquement l’hygiène et la sécurité au sein de l’établissement. Nous en tant que parents forcément on est inquiets de la situation c’est pour ça qu’on ne peut que soutenir cette grève ».

Pendant ce temps, Blanquer et le gouvernement continuent le mépris et s’attèlent à toujours plus casser les services publiques et l’école comme le montrent les premières annonces de campagne de Macron qui concernent ses projets de réforme profonde de l’éducation nationale. Contre la casse de l’école et le mépris de la classe dirigeante, et à l’image des personnels du collège Dora Maar c’est avec une mobilisation d’ensemble que nous pourrons exiger immédiatement des embauches massives, le recrutement au statut de tous les travailleurs précaires de l’éducation, ainsi qu’une revalorisation des salaires des travailleurs, dont le point d’indice est gelé depuis 10 ans. Nous ne devons laisser ni Blanquer ni Macron nous faire oublier la responsabilité que porte leur gouvernement dans la gestion de la crise sanitaire, pour laquelle ils ont sciemment choisi de nous sacrifier, une fois de plus, au bénéfice du profit.