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Politique

Police partout justice nulle part

Offensive sécuritaire : Castex offre 10 millions à la police au nom de « la lutte contre la drogue »

Le premier ministre Jean Castex vient d’annoncer le déblocage de dix millions d’euros supplémentaires à destination de la police nationale : un pas de plus dans la politique sécuritaire et répressive du gouvernement.

vendredi 7 mai

Crédits photo : AFP

À la suite du double meurtre, celui de la policière de Rambouillet et celui de l’agent d’Avignon, le Premier ministre Jean Castex a martelé sa volonté de « protéger ceux qui nous protègent », en « sécurisant les locaux de police » et en « améliorant la réponse pénale », et a aussitôt débloqué 10 millions d’euros de budget supplémentaire pour la police.

La doctrine sécuritaire du gouvernement trouve encore à se renforcer, avec cet exemple flagrant d’attribution de ressources supplémentaire aux forces de sécurité alors que le pays est frappé de plein fouet par la crise sanitaire et que le système de soin ainsi que le secteur de l’éducation manquent cruellement de moyens.
Il ne s’agit pas d’une réponse impulsive à l’actualité, mais bien d’une vision d’ensemble d’une société de plus en plus répressive et sécurisée. Jean Castex a en effet directement fait référence à la loi sécurité globale, lors de son déplacement à Avignon, en ces termes : « la loi Sécurité globale qui sera prochainement promulguée viendra renforcer l’arsenal juridique à votre disposition et élargir par ailleurs les conditions d’intervention des polices municipales ».

La réaction de la droite, qui soutient et encourage cette accentuation répressive ne s’est pas fait attendre, de nombreux députés LR demandant un « réarmement pénal », faisant échos aux souhaits du premier ministre d’une « amélioration de la réponse pénale ». Qualifier la justice de laxiste lorsqu’il s’agit de condamner des personnes s’en prenant à des policiers est une constante de la droite, ainsi que du syndicat de policier Alliance qui a demandé à ce que cesse « l’impunité sans limites dont jouissent ces individus ». Ce fut, enfin, l’occasion pour Darmanin de renforcer sa politique de « guerre à la drogue ».

L’ensemble de ces postures et de ces déclarations ne visent qu’à renforcer encore davantage le contexte sécuritaire et répressif. Est-il besoin de rappeler que la justice fonctionne en réalité à deux vitesses, comme nous l’a montré l’exemple récent des policiers de la Bac Nord de Marseille qui ont été relaxés suite à leur procès pour extorsion de stupéfiants et de cigarettes. Dans le même temps, Assa Traoré est poursuivie par des policiers et les policiers impliqués dans la mort de son frère ne sont toujours pas inquiétés.

La rhétorique constante du gouvernement sur l’insécurité et sur le besoin de protéger les forces de l’ordre lui permet de renforcer son pouvoir de répression et d’assurer l’impunité la plus complète à ses fonctionnaires. La réaction de la classe politique réactionnaire et l’attribution de fonds supplémentaires par le Premier ministre se placent donc dans la droite ligne de la politique du tout sécuritaire, dans laquelle la seule institution qui mérite attentions et dotations est l’institution policière.




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