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Du Pain et des Roses

Droits des femmes

Offensive réactionnaire. La Pologne veut empêcher le divorce des couples mariés ayant des enfants mineurs

Mardi, le gouvernement polonais a annoncé des modifications dans la loi sur le divorce, le rendant notamment beaucoup plus difficile dans le cas où les enfants sont mineurs. Une offensive de plus qui s'inscrit dans la droite lignée des attaques menées par le gouvernement polonais contre les droits des femmes, à l'image des attaques contre le droit à l'avortement.

mercredi 19 janvier

Photo d’archive : mobilisation des femmes en Pologne contre la tentative de limiter le droit à l’avortement. 2018

Cet article est une traduction d’un article initialement publié dans La Izquierda Diario.

Le gouvernement polonais ultraconservateur continue d’attaquer les droits sociaux. En effet, il s’en prends encore une fois aux droits des femmes, en entravant cette fois ci le droit au divorce. Dorénavant, toutes les procédures de divorce dans le cas où un des enfants est mineur devront inclure plusieurs mois de médiation avec un juge pour « pour évaluer les possibilités de maintenir le mariage ». Et il pourra décider de ne pas acter le divorce s’il le souhaite. La possibilité de quitter son conjoint sera donc laissée au bon vouloir des institutions, au détriment du droit à choisir de se séparer.

Zbigniew Ziobro, le ministre de la justice polonais a déclaré que cette réforme visait à « protéger les enfants » « des conflits qui durent des mois et des années » à propos des aides financières que les pères doivent verser. Une déclaration nauséabonde qui montre que les gouvernements réactionnaires empêchent les femmes de s’émanciper matériellement et de choisir de quitter le domicile conjugale. Marcin Romanowski, le vice-ministre de la justice, a également expliqué à la radio que ces procédures cherchaient à réduire le nombre de divorces. Il a déclaré que 10% des couples qui demandent le divorce se retirent en cours de procédure, « une proportion qui devrait passer à 50% grâce aux réunions de médiation ».

Cette nouvelle loi est une attaque intolérable aux droits des femmes. En effet, en posant des obstacles supplémentaires à la procédure de divorce, elle maintient les femmes victimes de violences conjugales dans des foyers où elles sont en danger, en les empêchant de se séparer de leurs partenaires. De plus, contrairement à ce que prétends Ziobro, il est beaucoup plus dangereux pour le développement de l’enfant de grandir en étant témoin de violences conjugales ou de disputes de parents qui ne peuvent se séparer que d’avoir des parents divorcés.

Enfin, il est évident que choisir de rester avec son conjoint ou se séparer est un droit fondamental dont chacun devrait pouvoir disposer. Il est inadmissible qu’un État cherche à l’entraver au travers de ses institutions. Ces nouvelles réglementations sont dans la lignée d’une série d’attaques réactionnaires du gouvernement polonais qui cherche à restreindre les droits femmes, de la communauté LGBTI et des immigrants au nom de la « défense de l’institution de la famille » et de la « nation » contre l’ennemi extérieur.

Les femmes se sont également mobilisées massivement dans la rue ces dernières années, contre le parti conservateur au pouvoir, le parti Droit et Justice (PiS) et ses tentatives de restreindre voir d’interdire purement et simplement le droit à l’avortement légal. Le mouvement des femmes a montré une grande force dans la rue pour lutter pour leurs droits, appelant même à la grève pour les défendre. C’est la voie qui s’est avérée la plus efficace ces dernières années pour commencer à stopper les politiques conservatrices du gouvernement et c’est donc dans cette voie que nous devons poursuivre la lutte.

Traduction : Émilie Vallée



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