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Société

Grands projets inutiles imposés

Notre-Dame-Des-Landes. 20000 manifestants contre le projet d’aéroport

Face la tentative de la filiale Aéroport du Grand Ouest (AGO) de Vinci Airports de relancer la procédure d’expulsion des habitants du site prévu pour le futur aéroport et des opposants occupant la « zone à défendre » et aux arrêtés d’expulsions qui risquent d’être prononcées le 13 janvier, la journée d’action contre l’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, prévue à l’origine pour le 16 janvier, a été avancée au 9 janvier. Ce qui ne l’a pas empêchée d’être un grand succès. Rémi Babeuf

lundi 11 janvier 2016

Une manifestation réussie contre la reprise de la procédure d’expulsion

D’après les organisateurs, ce sont 20 000 personnes à pied, en vélo ou en tracteur qui ont participé à l’opération escargot sur le périphérique de Nantes afin d’exiger le retrait de ce projet inutile et dangereux pour l’environnement. Sous le regard des forces de police, la mobilisation s’est déroulée dans une excellente ambiance.

Alors que certains des organisateurs avaient prévu de disperser la manifestation en collaboration avec la préfecture à 15h30, plusieurs organisations paysannes ont décidé d’occuper le pont de Cheviré qui traverse la Loire. Ces organisations ont en effet annoncé que cette occupation serait à durée indéterminée jusqu’à ce que François Hollande décide de renoncer à l’expulsion des habitants du site. Vers 17h, près de 500 personnes et 70 tracteurs bloquaient ainsi le pont.

LR et PS main dans la main dans la répression

A 23h, les CRS, sous l’impulsion du préfet et des élus, ont commencé l’évacuation du pont. Après plusieurs sommations, les tracteurs ont obtempéré et commencé à quitter la zone… ce qui n’a pas empêché les policiers de faire usage de gaz lacrymogènes contre les manifestants, violence d’État faisant loi, une fois de plus.

Cette évacuation a cependant eu le mérite de prouver les convergences des intérêts entre les décideurs de la région, le département de Loire Atlantique et Vinci. Bruno Retailleau (LR), fraîchement élu président du conseil régional des Pays de la Loire, a ainsi annoncé fièrement avoir remporté une « première victoire contre les zadistes ». Le sénateur Vendéen a par ailleurs rappelé le zèle qu’il a employé et qu’il emploiera de nouveau contre les opposants au projet d’aéroport. « Je vais me battre pour le retour de l’ordre autour de Notre-Dame-des-Landes, en faisant de son évacuation une grande cause régionale » a-t-il déclaré.

Il est rejoint dans cette appréciation par Philippe Grosvalet, président socialiste du conseil départemental de Loire-Atlantique, qui a fustigé un «  comportement inacceptable d’une petite partie des manifestants extrémistes qui ont tenté par la force de bloquer une infrastructure vitale pour notre territoire  ». Les deux présidents, main dans la main, en ont appelé à François Hollande, l’un pour faire « respecter l’état de droit », l’autre pour permettre le début des travaux de l’aéroport en février, coupant ainsi la parole aux opposants. Une Union sacrée locale, en quelques sortes…

Les organisateurs ont annoncé de nouvelles mobilisations, malgré les menaces perpétuelles des élus, des forces de l’ordre et des représentants de Vinci Airports. Plus que jamais, la lutte doit continuer pour obtenir l’abandon de ce projet d’aéroport qui ne sert que les intérêts de ces derniers et qui s’apprête à détruire près de 2000 hectares de terres cultivables et de zones humides. Une chose est certaine : réunir autant de personnes contre ce projet, dans un délai de 10 jours et en plein état d’urgence, peut laisser entrevoir une poursuite déterminée de la lutte contre les grands projets inutiles et imposés.



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Répression   /    Société