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Société

Mobilisation des opposants à l'aéroport de Notre-Dame Des Landes

NDDL. Contre les offensives du gouvernement, intensification des luttes !

A. Bronstein La trêve sociale à sens unique se vérifie sur tous les fronts. Une audience au Tribunal de Grande Instance (TGI) de Nantes, primordiale dans la procédure d'expulsion des opposants à la construction de l'aéroport de Notre-Dame Des Landes et prévue initialement le 10 décembre dernier, avait été reportée à cause de la tenue de la COP21. Une nouvelle date étant fixée le 13 janvier, la mobilisation reprend de plus belle pour les occupants de la ZAD et les militants qui les soutiennent.

jeudi 7 janvier 2016

Une nouvelle offensive contre les opposants au projet d’aéroport

A la fin de l’année 2015, la filiale Aéroport du Grand Ouest (AGO) de Vinci Airports, concessionnaire du nouvel aéroport de Nantes, a relancé la procédure concernant l’expulsion des habitants historiques de la zone, dont la présence est antérieure à la déclaration d’utilité publique du projet vieux de 50 ans, en 2008. Les arrêtés d’expulsion qui risquent d’être prononcés le 13 janvier au TGI de Nantes concernent onze maisons et quatre fermes, soit plus de 400 hectares de terres agricoles sur les 1220 menacés par le projet d’aéroport. Ces démarches ne sont que l’aboutissement d’une longue succession d’attaques menées par le gouvernement : alors que la tentative d’expulsion par la force menée en 2012 avait échoué et que la désinformation massive menée par les médias traditionnels ne parvient pas à décrédibiliser les arguments avancés par les opposants, l’obstination forcenée de l’État quant à ce projet destructeur les pousse à trouver de nouveaux moyens de relancer les travaux. Les recours déposés par les opposants avaient déjà été rejetés par la justice complice, en juillet dernier, signe avant coureur d’une nouvelle offensive sur le sujet.

Le premier ministre avait rouvert le débat près d’un mois avant la COP21, déclarant que le projet était « important pour l’environnement » au contraire de toutes les preuves démontrant l’inverse fournies depuis de nombreuses années par les écologistes. L’élection de Bruno Retailleau (LR) à la présidence de la région est bien évidemment loin d’aller contre les projets du gouvernement, ce dernier ayant demandé à Manuel Valls le démarrage des travaux le plus rapidement possible au cours d’un entretien, le 15 décembre. Le gouvernement qui, à l’exception de Ségolène Royale faisant office de caution de gauche, tient à réaffirmer son autorité en menant à bien le projet et avait profité de l’état d’urgence pour réserver plusieurs hôtels devant servir à accueillir les forces de l’ordre sommés de déloger les zadistes de Notre-Dame Des Landes ce mois-ci, à peine plus d’un an après l’assassinat de Rémi Fraisse à Sivens. Tout ceci avant même que la nouvelle date au TGI ne soit fixée, preuve supplémentaire du fonctionnement autoritaire d’un gouvernement et des institutions, complices des grandes filiales, qui utilisent l’état d’urgence comme prétexte pour régler tous les « problèmes ».

Après la décision qui sera rendue le 13 janvier par la justice et qui devrait en toute logique légitimer les expulsions sans recours possible pour les opposants, les habitants de la zone risquent d’être condamnés à verser entre 200 et 1000 € par jour s’ils refusent de quitter les lieux. Une nouvelle méthode qui permettrait de ne pas mobiliser immédiatement les forces de l’ordre, déjà très sollicitées sur le reste du territoire français à cause de l’état d’urgence.

Le prochain rendez-vous devant la justice sera alors fixé pour le 27 janvier, date du procès des derniers arrivants sur la ZAD. Après cette échéance, aucun obstacle judiciaire ne semble pouvoir interrompre le gouvernement, son bras armé et les bulldozers, dans leur tentative destructrice pour l’environnement d’imposer leur projet d’aéroport.

La résistance des opposants s’intensifie

Face à ces nombreuses offensives, les opposants au projet continuent à lutter et se préparent à riposter aux attaques judiciaires en cours et à celles des forces de l’ordre à venir. Dans le même temps, quelques riverains tentent de mener un « combat contre les zadistes » et ont notamment lancé une pétition qui auraient récolté un millier de signatures et donné des interviews où ils les décrivent comme un groupuscule violent, masqué et sur-armé, contribuant ainsi à la désinformation nationale sur le sujet. Cette montée réactionnaire locale est à l’image de celle que connaît l’ensemble du pays et va évidemment de paire avec la volonté qu’à l’Etat de renforcer sa posture d’autorité en imposant de grands projets inutiles et en faisant la sourde oreille au nombreuses voix dissidentes sur le sujet.

Les zadistes et autres opposants au projet, organisés par le biais d’associations telles que l’Acipa, (Association citoyenne intercommunale des populations concernées par le projet d’aéroport), avaient initialement prévu d’organiser une journée de mobilisation le 16 janvier, suite à l’annonce de l’ajournement des procès qui devaient avoir lieu le 10 décembre. Les habitants et paysans historiques de la ZAD ayant été entre-temps convoqués le 13 janvier, la journée de mobilisation a été avancée au samedi 9 janvier. Au programme notamment : occupation du périphérique de Nantes par des tracteurs, des vélos et des manifestants à pied. C’est dès aujourd’hui en faisant converger les luttes de tout ceux, jeunes et travailleurs, qui subissent aujourd’hui les attaques antisociales du gouvernement et l’état d’urgence qu’il sera possible de mettre un frein à ce type de projet.



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