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Le gouvernement a menti : les transports sont bien un foyer épidémique révèle une étude

Alors que depuis de nombreux mois, des enquêtes alertent sur les potentiels clusters dans les transports, une enquête de l’Institut Pasteur révèle qu’ils ont été le principal lieu de contamination cet été. Le gouvernement et la SNCF continuent de se cacher derrière des chiffres sortis du chapeau pour privilégier les profits

vendredi 26 novembre 2021

Une enquête de l’Institut Pasteur s’est penchée sur les lieux les plus propices à la transmission du virus du COVID-19, sur la période estivale. Et derrière les soirées et les bars pendant l’euro de foot, on retrouve les transport avec une bonne place sur l’échelle des « sur-risques » de transmission.

Cette enquête se base sur l’étude ComCor impulsée par l’Institut Pasteur avec la caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), Santé publique France et l’institut Ipsos qui propose un protocole très précis cherchant à comprendre comment les infections se sont poursuivies dans une période sans rebond notable de l’épidémie ni d’évènement majeur, soit du 23 mai au 13 août. On découvre les chiffres suivants : le métro représenterait +20% de sur-risque de contamination, le train +30% et l’avion +70% ! On est donc bien loin du faible risque défendu par le gouvernement depuis le début de cette pandémie, étonnant…

Si l’on retourne quelques mois en arrière, une enquête de Médiapart alertait déjà sur les faibles dispositifs mis en place dans les transports en commun. En effet, ils expliquent que l’air n’est pas suffisamment filtré dans les TGV pour éviter que le risque de contamination ne soit trop élevé. Un rapport de l’Inspection du travail mis en avant par Mediapart explique que mesurer la quantité de CO2 dans l’air permet d’avoir un indicatif sur la qualité de l’air et son renouvellement assez important ou non pour réduire les risques de contamination. Plus concrètement, un air correct à l’intérieur ne doit pas dépasser et 800 ppm parties par million de CO2 à l’intérieur. Or l’enquête révèle que dans un TGV les pics peuvent monter jusqu’à 4 000 ppm, avec des trains remplis jusqu’à 5 fois plus que la jauge recommandée. Pour Bruno Andreotti, chercheur à l’ENS : « C’est délirant que les personnels à bord ne soient pas dotés de masques FFP2, eux qui doivent circuler en permanence dans des wagons parfois bondés ». La super communication de la SNCF qui se targue de respecter les gestes barrières parfaitement pour assurer des voyages avec le minimum de risque se voit bien ébranlée avec ces chiffres. Toujours selon le rapport de Médiapart : «  En l’occurrence, seuls les filtres HEPA (High Efficiency Particulate Air Filters) assurent un recyclage de l’air sans laisser passer les particules submicroniques comme les virus. […]Or ceux dans les TGV « ne sont pas des filtres HEPA » mais de type gravimétrique, finit par admettre la direction de la SNCF, questionnée par Mediapart. C’est là la grosse faille du système de ventilation. Ces filtres utilisés dans les TGV « doivent enlever 20 % des particules virales si on est généreux. Sans filtre HEPA, les TGV sont des contaminoirs », commente Bruno Andreotti. »

D’autant plus qu’en parallèle, la SNCF avait alors décidé réouvrir les wagons bar et de diminuer le trafic, soit pousser les usagers à enlever leurs masques pour manger et s’entasser dans des rames bondées. Mais la SNCF avait bien précisé, en toute hypocrisie, que les wagons bar seraient là « uniquement pour effectuer ses achats mais la consommation sur place y sera interdite afin d’éviter une concentration de voyageurs se restaurant, ceux-ci devront retourner à leur place ».

Mais les mensonges ne s’arrêtent pas aux portes des grandes lignes, comme les RER qui n’ont pas le droit à un simple système d’aération puisqu’elle qui repose uniquement sur l’ouverture des portes en station et un faible système de climatisation. Un dispositif totalement ridicule pour des trains qui circulent en majorité sous terre.

Tout ça ne semble pas beaucoup inquiéter le gouvernement puisque le ministre des transports, Jean-Baptiste Djebbari, assurait en octobre 2020 qu’un « protocole sanitaire extrêmement strict avait été mis en place, et il est solide » et que « les transports en communs ne sont pas un lieu de contamination particulier ». Tout cela en affirmant que les transports ne représentaient qu’1,2% des foyers épidémiques.

Après 2 ans de pandémie, ni le gouvernement ni la SNCF ne semblent vouloir s’intéresser sérieusement à la santé des usagers et des travailleurs. Alors que différentes enquêtes alertent depuis de nombreux mois sur les possibles clusters dans les transports, les discours soi-disant rassurants truffés de fakes news sont leur seule réponse. Face à la cinquième vague qui s’annonce dangereuse, il est urgent de mettre en place de systèmes de ventilation adaptés à la filtration du virus. Après plus de deux ans de pandémie, cette exigence élémentaire doit être mise en place partout, pour protéger les usagers et les travailleurs qui ne doivent pas payer le prix de la crise sanitaire.



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