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Marche Blanche

Marche blanche à Argenteuil pour Olivio Gomes tué par balles par la police : justice et vérité !

Il y a un an Olivio Gomes était tué par balle lors d’un contrôle routier puis criminalisé par la police. Depuis ses proches se battent pour obtenir justice et dénoncent ce meurtre policier raciste.

mardi 19 octobre

Crédit photo : Parislovetrash

« C’est une marche pour laver son nom, on marche pour Olivio, pas pour un criminel, pas un « chauffard », on marche pour quelqu’un qui aimait les gens, on marche pour qu’il y ait justice ! » Dimanche dernier, plusieurs centaines de personnes étaient rassemblées à Argenteuil pour une marche blanche guidée par une banderole « A la mémoire d’Olivio Gomes tué par la Bac le 17/10/2020 ». Un jeune homme issu de cette ville, qui un an plus tôt lors d’un contrôle routier se faisait tirer dessus à trois reprises par un policier, laissant derrière lui une famille avec trois enfants en bas âge de 6,5 et de 2 ans.

À cette époque, la version policière défendait la thèse de la légitime défense. Le policier auteur des tirs avait soutenu qu’Olivio se serait soustrait au contrôle routier, aurait tenté de le renverser, ce qui aurait amené ce dernier à lui tirer dessus. Un discours d’abord relayé par la presse criminalisant Olivio Gomes alors qualifié de « chauffard ». Cependant, cette thèse s’est vue contredite par des témoignages puis des preuves comme nous l’affirme Léonel Gomes, petit frère d’Olivio : « on a vu le corps plusieurs fois, les impacts de balles, ils sont sur le côté ou derrière, le par brise de la voiture, il est intact, le policier à tirer depuis le côté du véhicule en aucun cas Olivio a tenté de le renverser ! » L’année dernière une enquête publiée par Sihame Assbague retraçait tous les évènements et démontrait la responsabilité du policier et le caractère volontaire de l’homicide.

La mort d’Olivio illustre de façon scandaleuse les procédés de criminalisation des victimes à l’œuvre lors de violences policières, afin de nourrir l’impunité policière en défendant un récit de "légitime défense".

Aujourd’hui, une procédure judiciaire est ouverte et le policier auteur du meurtre a été mis en examen pour « homicide volontaire ». Une procédure très rare dans les cas de violences policières, mais qui face à la multiplication de preuves et de témoins s’est imposée. Toujours dans l’attente d’une date pour un procès, les familles espèrent « que justice soient faite, mais le policier comparaîtra libre, si une personne avait tiré sur un policier, il serait à l’heure actuelle en mandat de dépôt » nous déclare Léonel.

Une différence de traitement qui rappelle que la mort d’Olivio comme celle de toutes les victimes de violences policières est emprunte profondément du caractère répressif et raciste de la police envers les quartiers populaires : « Toutes les victimes de violences policières la majorité sont des enfants d’immigrés, il n’y a pas besoin de se poser la question, ce sont les chiffres. » Un constat largement partagé qui rappelle que ce 17 octobre 2021, jour de la marche hommage à Olivio Gomes marque également les 60 ans d’un crime d’Etat, celui du massacre d’Algériens en plein Paris, le 17 octobre 1961. Hier comme aujourd’hui la police réprime et tue les habitants des quartiers populaires et celles et ceux issues de l’immigration.




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