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Politique

5e vague

Macron ment : 40% des services de réa ont dû trier des patients récemment d’après une enquête

Une nouvelle enquête rapportée par Le Monde sur une centaine de personnels réanimateurs rapporte que 40% d’entre eux ont dû effectuer un tri de patient dans les huits derniers jours. Un chiffre qui contredit la désinformation du président qui assurait le 4 janvier qu’en France, « nous n’avons jamais été confronté à ça ».

mardi 1er février

Crédit photo : AFP

Le 4 janvier dernier, dans un long entretien avec Emmanuel Macron donné au Parisien, le même où il avait assuré vouloir « emmerder les non-vaccinés », le président de la République prétendait qu’il n’y avait jamais eu de tri de patients dans les hôpitaux en France : « Le tri, ça a un sens. Cela veut dire que quelqu’un arrive aux urgences et qu’on dit : ’Non, on ne le prend pas’. […] Nous n’avons jamais été confrontés à ça. Aujourd’hui, il n’y a pas de tri. C’est une ligne rouge pour moi.  »

Et c’est à cette fake-news de Macron que le Syndicat des Médecins des Réanimateurs a voulu répondre en envoyant un questionnaire dans les services de réanimation à travers toute la France. Sur une centaine de réponses, 40% déclarent avoir été « amenés à refuser des patients qui auraient dû être pris en charge en réanimation », rapporte Le Monde, et ce seulement« au cours des 8 derniers jours », en pleine 5ème vague.

Le docteur Djillali Annane, président du syndicat à l’initiative de cette enquête, soutient donc que « des médecins sont obligés de faire des choix en raison du manque de place. Cela fait partie du prix à payer de l’épidémie et d’une telle mise sous tension de l’hôpital, en laissant circuler le virus ; il est important d’en avoir conscience et de le reconnaître. »

Une enquête qui corrobore les déclarations de plusieurs tribunes publiées depuis maintenant 2 ans, de médecins, urgentistes et réanimateurs qui alertent sur l’impossibilité d’échapper au tri des patients avec la crise sanitaire au regard du manque de moyens et du sous-effectif.

Et si Macron refuse de le reconnaître, c’est parce qu’il reprend la rhétorique selon laquelle, ce que les services hospitaliers appellent le « tri » des patients, serait en fait un simple calcul bénéfice/risque qui aurait toujours existé dans ces services. Car effectivement, la réanimation est une intervention très lourde, pour un taux de survie qui avoisine les 30%, et qu’il est parfois préférable de ne pas infliger à des patients trop âgés, même s’il n’y a pas de manque de places. Sauf que, comme le résume très bien Caroline Izambert, chargée de mission santé auprès du secrétariat général d’Île-de-France dans une entretien accordé à Regards, les médecins alertent sur le fait qu’avec l’épidémie de Covid-19, « on ne va plus évaluer un patient par rapport à des critères prédéfinis, on va évaluer les patients entre eux. »

Et c’est effectivement ce que rapportent de nombreux médecins interrogés ce mardi par le journal Le Monde. À Paris, Saint-Étienne, Marseille, Grenoble ou encore Amiens… des services de réanimations dans toute la France ont dû refuser de réanimer des patients par manque de place. En effet, bien qu’« en temps normal », ils effectuent déjà « une priorisation ou un "tri" tous les jours », Guillaume Thiery, médecin réanimateur au CHU de Saint-Étienne, témoigne qu’ils doivent parfois faire face à des « dilemmes difficiles » et donne plusieurs exemples de patients pour lesquels ils auraient normalement « tenté le coup », mais qu’ils ont finalement été contraint de laisser mourir sans essayé de réanimation faute places disponibles.

Ce tri s’inscrit dans une dynamique épidémique où malgré les paroles rassuristes du gouvernement depuis le début de la 5e vague, les courbes ne décroissent pas. Elles ont aux mieux atteints un plateau dans certaines régions, mais continuent d’augmenter à l’échelle nationale. En effet, ce mardi, quelque 32 894 patients sont actuellement hospitalisés avec un diagnostic Covid, contre 32 374 la veille, et 30 189 il y a sept jours. Parmi eux, 3751 sont en service de soins critiques, soit 50 de plus que la veille.

Ainsi, la situation dans les hôpitaux ne s’améliore pas, mais le gouvernement lève déjà le semblant de « restrictions » ce mercredi, y compris la fin du télétravail obligatoire, demandée par les grands patrons, pour ne pas faire dérailler leur reprise économique. Et en laissant circuler ainsi le virus, ils assument de parier sur nos vies.



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