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Politique

Crise sanitaire

Levée des restrictions. Malgré l’arrivée de BA.2, Macron mise sur nos vies et l’immunité collective

Ce mercredi, les restrictions sanitaires commencent à être levées avec la fin de l’obligation du port du masque en extérieur, du télétravail obligatoire et des jauges pour les lieux recevant du public assis. Pourtant, la situation sanitaire est loin d’être au beau fixe, et l’arrivée du sous-variant BA.2, qui serait plus contagieux que la souche originelle Omicron, continue d’inquiéter les scientifiques.

mercredi 2 février

Crédits photo : PHILIPPE LOPEZ / AFP

Ce mercredi, les restrictions sanitaires ont commencé à être levées. Première étape du calendrier du gouvernement : le port du masque n’est plus obligatoire en extérieur, la fin des jauges pour les lieux recevant du public assis est actée et le télétravail n’est quant à lui plus que recommandé et non plus imposé. Le 16 février, les discothèques pourront rouvrir et les concerts debout pourront reprendre. Les clients pourront également recommencer à consommer au comptoir dans les bars, les stades, les cinémas et les transports. Pourtant, si les chiffres sont à la baisse, plusieurs éléments invitent à la prudence et interrogent les choix du gouvernement.

D’une part, au niveau de la courbe épidémique, la situation n’est pas encore au beau fixe. Si le nombre de nouveaux cas est à la baisse depuis une semaine, le nombre de 399 668 nouveaux cas ce mardi demeure élevé. Le nombre de personnes en réanimation, lui, stagne avec 3751 patients concernés ce mardi et la tension dans les hôpitaux reste forte avec 2794 nouvelles hospitalisations. Dans de nombreux départements, le taux d’incidence reste élevé, avec 2328 cas pour 100 000 habitants à Paris.

D’autre part, le sous-variant d’Omicron BA.2 inquiète de plus en plus. L’Autorité danoise de contrôle des maladies infectieuses affirme ainsi dans une étude publiée le 26 janvier dernier que le BA.2 serait plus contagieux que la souche BA.1 d’Omicron : « l’étude montre que si une personne de votre foyer est infectée par le BA.2, il y a un risque global de 39% qu’un autre membre du foyer soit infecté au cours de la première semaine. En revanche, si la personne est infectée par le BA.1, le risque est de 29% ».

De plus, selon la médecin Camilla Holten Møller ce sous-variant échapperait encore plus à l’immunité, la possibilité d’être infecté étant plus importante que pour le BA.1, et ce peu importe si la personne est vaccinée ou non. Le risque restant plus important pour les populations non vaccinées alors que le sous-variant BA.2 serait plus résistant face aux anticorps générés par la vaccination.

A cela s’ajoutent de nouvelles données inquiétantes en provenance d’Angleterre. « Ces derniers jours, environ un nouveau cas positif sur dix correspondait à une suspicion de réinfection (une personne testée positive une première fois il y a au moins 90 jours. » Pour Olivier Véran, invité sur le plateau de LCI mardi 25 janvier, ce phénomène pourrait être lié au sous-variant et à sa capacité de réinfecter des personnes déjà infectées par le variant Omicron.

En définitive, malgré une amélioration au niveau des chiffres, l’arrivée d’un nouveau sous-variant invite à la prudence d’un point de vue sanitaire. Pourtant, au gouvernement, l’heure est à l’inverse à la levée des restrictions. Ce mercredi, à la sortie du Conseil des ministres, Gabriel Attal confirmait ainsi le calendrier annoncé par Jean Castex le 20 janvier. Fin du télétravail, des jauges des établissements recevant du public, ouvertures des discothèques et des concerts debout : pour l’exécutif, il s’agit une fois de plus de miser sur l’immunité collective.

En arrière-plan, le gouvernement ne cache plus sa volonté de tout faire pour laisser les coudées franches à la reprise économique. Cette levée des mesures s’inscrit comme une réponse aux exigences d’un patronat qui voyait comme un problème l’obligation du passage en télétravail. En n’imposant plus le télétravail, le gouvernement laisse une carte blanche au patronat et ouvre la voie à la transformation des entreprises en autant de clusters. Plus généralement, la volonté affichée du gouvernement de laisser courir le virus ainsi que son discours de banalisation de celui-ci ouvre la voie à un « retour à la normale » du fonctionnement des entreprises peu importe la situation sanitaire et les risques pour les travailleurs.

Même logique pour les écoles, où les chiffres demeurent inquiétants : plus de 21 000 classes sont fermées, un record depuis le printemps 2020. Le bilan hebdomadaire de l’éducation nationale du 28 janvier indique que 570 000 élèves et 35 000 enseignants ont été déclarés positifs au Covid au cours de la semaine. Les enseignants, eux, font face à la vague omicron sans moyens matériels et humains., à tel point que le gouvernement a dû récemmentfaire appel à des enseignants à la retraite. Malgré cette situation, le gouvernement a annoncé un prochain allègement du protocole sanitaire à l’école.

Alors que Macron tente de rentrer en campagne présidentielle en mettant derrière lui la crise sanitaire, tout en satisfaisant le patronat, il s’agit de dénoncer cette politique aventurière et chaotique qui met nos vies en danger. Plus que jamais, il s’agit de défendre un plan sanitaire à la hauteur de la situation, à commencer par un réinvestissement massif de moyens matériels et humaines dans la santé et l’éducation, ainsi que la gratuité des masques FFP2 et des tests.



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