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Les salariés des bibliothèques de l’Université Paris Cité en grève contre les conséquences de la fusion

Depuis la fusion des universités Descartes et Diderot, les attaques contre les conditions de travail se multiplient. A la suite des dernières annonces concernant le statut de bibliothécaire, des salariés se sont mis en grève ce jeudi dans plusieurs bibliothèques universitaires de l’Université Paris Cité.

lundi 23 mai

Crédits photo : AFP

Ce jeudi 19 mai, un appel à la grève avait été lancé pour dénoncer les attaques toujours plus importantes contre les travailleurs des différents campus. Sarah Bonnefon, co-secrétaire CGT de l’Université Paris Cité était en grève, et relatait auprès de Révolution Permanente : « Nous étions une vingtaine de la bibliothèque des Grand Moulin, la moitié en pharmacie, et des collègues de la BIUS médecine ! Même ceux qui n’ont pas pu se mettre en grève sont profondément en colère ».

A 12h30 ce jeudi, les grévistes ont organisé un rassemblement inter-bibliothèques de l’Université Paris Cité, notamment de la Bibliothèque des Grand Moulin, et des bibliothèques interuniversitaires de pharmacie. Ils se sont retrouvés rue de l’Ecole de Médecine pour faire entendre leur voix.

Ce mouvement de grève reflète un ras-le-bol qui n’est pas nouveau. Dès les premières annonces du remaniement des conditions de travail lors de la fusion des universités Diderot P7 et Descartes P5, les conditions de travail des bibliothécaires avaient déjà été attaquées, à coup de rigidification des plannings, de diminution des compensations de paiements des heures supplémentaires ou d’externalisation des services.

Ce mouvement s’inscrit dans le changement de statut des bibliothécaires actuellement en cours. Les employés dénoncent notamment la perte des compensations horaires pour les ouvertures en soirée, les déménagements forcés, organisés dans l’urgence, s’accompagnant d’une dégradation de l’environnement de travail de certains d’entre eux, les mutualisations et externalisations de services dans le but avoué de faire des « gains non négligeables en termes de ressources humaines », et de façon générale les conséquences délétères de la politique de la fusion.

C’est dans ce sens qu’ils revendiquent le maintien des bonifications de 30 minutes pour les ouvertures et fermetures des sites, le droit au paiement des samedis pour les contractuels, la suppression des plages de travail fixes : laisser aux agents une autonomie dans l’organisation de leur travail, le maintien des domaines d’expertise pour le catalogage... Comme nous l’expliquait Sarah Bonnefon : «  Avant la fusion nous avions plus d’autonomie. Ils veulent rajouter des plages fixes et de la rigidité sans prendre en compte nos expertises ».

En réponse à la mobilisation, la direction joue la répression et la casse de la grève. Depuis plusieurs mois ils ont choisi une nouvelle ligne politique : les personnels grévistes sont depuis cette année remplacés par des collègues qui n’ont pas la possibilité de faire grève, ou par des moniteurs étudiants vacataires. Cette politique du remplacement permet à la direction d’invisibiliser le mouvement en s’appuyant sur la précarité de certains. Sarah Bonnefon nous décrivait ainsi : « Ils utilisent les difficultés de certains pour faire pression sur le mouvement, il y a quelques mois quand ils attaquaient les conditions de travail des moniteurs étudiants, on avait dénoncé la situation avec d’autres collègues/ la CGT ».

A cela s’ajoutent un rapport de visite de la CHSCT que la direction ne veut pas diffuser, des rencontres avec les employés repoussées aux calendes grecques, un mépris des problèmes psycho-sociaux que les réaménagements provoquent, des remarques méprisantes de la directions telles que « vous êtes fonctionnaires, vous devez juste obéir », « si vous voulez vous plaindre vous pouvez partir »... Autant de choses qui créent la colère !

La fusion laisse une plus grande marge de manœuvre à la présidence de l’université pour mener ses politiques, ce qui signifie pour les étudiants un renforcement de la sélection et pour les travailleurs la casse des conditions de travail et réduction des budgets. Mais les grévistes ont bien l’intention d’obtenir une revalorisation de leur travail, par des hausses de salaire et des conditions de travail dignes.



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