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Écologie

Soutien à Alternatiba !

L’État et Darmanin mobilisent la loi « séparatisme » pour réprimer une organisation écolo

Suite à un événement de l’association écologiste Alternatiba à Poitiers, le préfet de la Vienne, ex directeur de campagne de Macron, a lancé une campagne répressive contre l’association et demande de réduire leurs subventions, au nom de la loi « séparatisme ». Soutien à Alternatiba !

vendredi 23 septembre

Crédits photo : Facebook Alternatiba Poitiers

Le week-end du 17 septembre 2022 à Poitiers, la branche locale d’Alternatiba, une association luttant pour le climat et la justice sociale, organisait son traditionnel événement associatif : “Le Village des Alternatives”. Mais cette année, celui-ci a suscité la colère du préfet macroniste de la Vienne, Jean-Marie Girier.

Pendant cet évènement, des réunions thématiques et expositions, portant sur des sujets comme l’alimentation, les transports, l’énergie, ont été organisées pour sensibiliser la population aux enjeux environnementaux et sociaux. Or, suite à cet événement, l’association a appris par la presse que le préfet cherchait à mettre la pression sur la Ville et la Métropole de Poitiers, considérant les réunions sur la désobéissance civile comme une violation du « contrat d’engagement républicain », une charte mise en place par la loi séparatisme, qui doit être signée par toutes les associations en demande de subventions publiques.

Interrogé par Mediapart, le Préfet assume et déclare que ces évènements pousseraient à commettre des infractions. « La loi dit que toute association subventionnée doit respecter un contrat d’engagement républicain et ne doit “entreprendre ni inciter aucune action manifestement contraire à la loi”, or il me semble que c’est la définition même de la désobéissance civile. » a-t-il expliqué.

Le préfet a par ailleurs été [soutenu par Gérald Darmanin en personne devant la commission des lois ce lundi. Rien de surprenant quand on sait que le ministre de l’intérieur a été le principal instaurateur de la loi séparatisme et en a usé à plusieurs reprises pour lancer des offensives contre des associations musulmanes et se revendiquant de l’antiracisme.

Pour le moment, l’association s’est défendue dans un communiqué et a été soutenue par la mairie de Poitiers et le Grands Poitiers. Mais le préfet pourrait réitérer sa demande au tribunal administratif et ouvrir la porte à une nouvelle vague de répression administrative contre des associations de gauche, qu’elles soient antiracistes ou écologistes dans le cas d’Alternatiba.

Après l’offensive islamophobe, la loi séparatisme contre le mouvement social

Le fait que le préfet de la Vienne utilise la loi « séparatisme » pour s’attaquer à une association écologiste n’a rien d’anodin. Si l’objectif premier de cette loi était de donner un outil à l’État pour mener des offensives islamophobes, le gouvernement s’attaquant en premier lieu à des associations musulmanes comme Baraka City ou des associations de lutte contre l’islamophobie comme le CCIF, celle-ci permet également de s’attaquer directement au droit d’association et à toute organisation ou association remettant en cause de près ou de loin la politique du gouvernement.

Après l’organisation pro-palestinienne Palestine Vaincra ou le média indépendant Nantes Révoltée, la loi séparatisme est donc utilisée pour la première fois pour s’attaquer à une association écologiste comme Alternatiba.

Une offensive répressive qui constitue la suite logique de l’offensive islamophobe et autoritaire du gouvernement, et face à laquelle il convient d’affirmer son soutien à Alterniba mais surtout de faire front pour mettre un terme à ces offensives liberticides et autoritaires en chaîne qui touchent de plus en plus d’association. Il est urgent que les organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social dans son ensemble se mobilisent pour s’opposer à cette nouvelle attaque et pour revendiquer l’abrogation de toutes les lois racistes et autoritaires, de la loi séparatisme à la loi sécurité globale.



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