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Marchands de mort

Jackpot mortifère pour Dassault : la France vend 42 Rafales à l’Indonésie

Le ministère des armées français a annoncé ce jeudi la signature d’un accord pour la vente de 42 avions Rafale avec le gouvernement Indonésien. Une aubaine pour les grosses entreprises de l’armement comme Dassault mais également une tentative de l’impérialisme français en perte de vitesse de s’imposer dans l’Asie du Sud Est.

jeudi 10 février

Crédits photo : AFP - ADEK BERRY

Seulement quelques semaines après le contrat faramineux signé avec les Emirats Arabes Unis de 80 rafales et 12 hélicoptères, Dassault signe un nouvel accord pour la vente de 42 avions de chasse Rafale pour un contrat de 8.1 milliards de dollars (7.1 milliards d’euros), et la porte ouverte pour la vente de sous-marins. Florence Parly, ministre de la défense n’est pas ressortie bredouille de sa rencontre à Jakarta jeudi 10 février avec son homologue indonésien Prabowo Subianto, pour le plus grand plaisir de Dassault Aviation, Thales, Safran et les plus de 400 entreprises qui contribuent à la production de cet avion de chasse.

Le contrat signé ce jeudi officialise la vente d’un lot de 6 premiers Rafale. La vente des 36 suivants sera officialisée dans un second temps. C’est la conclusion d’un travail de longue haleine pour Florence Parly, qui serait sur le dossier depuis plus d’un an et demi. Ce contrat juteux est d’une importance capitale pour les entreprises de l’armement, dont le Rafale est le fer de lance économique. En effet, entre 2016 et 2020 les livraisons d’avions de combat à l’Egypte, l’Inde et au Qatar ont représenté environ un quart des exportations françaises d’armes.

Les ventes de cet avion influencent directement la santé de l’armement français. Lucie Béraud-Sudreau, directrice du programme Dépenses militaires et Production d’armement du SIPRI, le Stockholm International Peace Research Institure, explique ainsi que « les revenus issus des ventes d’armes des six entreprises françaises dans le Top 100 ont chuté de 7,7 % [entre 2019 et 2020] », « Cette baisse significative est en grande partie due à une forte diminution d’une année sur l’autre du nombre de livraisons d’avions de combat Rafale par Dassault ».

Ce contrat permet de plus de positionner les entreprises françaises sur la manne économique que représente le projet de modernisation de l’armée Indonésienne. En effet, l’Etat Indonésien a prévu d’investir jusqu’à 125 milliards de dollars sur 20 ans dans ce projet. Un enjeu de taille pour les entreprises de l’armement et leur ministre.

Mais derrière les enjeux économiques, ce contrat s’inscrit dans une tentative du gouvernement français de s’affirmer comme une puissance de premier ordre après plusieurs revers cinglants en termes de politique internationale et militaire.

Le camouflet de l’annulation de l’énorme contrat de vente de sous-marins avec l’Australie et la négociation en secret du pacte Aukus de défense entre les Etats-Unis, l’Australie et le Royaume-Uni, excluant de fait la France, ont fortement impacté l’impérialisme français dans sa volonté de s’imposer comme une puissance de premier plan face à la Chine.

Cet accord s’ancre dès lors dans une tentative de se réimposer dans l’Asie du Sud Est aux côtés de l’Indonésie, qui cherche elle-même à gonfler les muscles face à la puissance de la Chine par ce contrat. Cette tentative de la France de s’imposer comme une puissance impérialiste de premier plan participe dès lors à la montée des tensions dans la région.

Alors que Macron et Parly vantent une « une excellente nouvelle pour les milliers d’ingénieurs et ouvriers qui travaillent à la production du Rafale » ou encore le fait que « le savoir-faire des plus de 400 entreprises françaises et des milliers de travailleurs qui conçoivent le Rafale est reconnu » cet accord montre le rôle de la France, toujours présente pour vendre des armes, dans l’accentuation des tensions à l’échelle internationale dans sa tentative de s’imposer comme une puissance de premier plan.

Encore une fois nous avons un exemple d’un gouvernement français qui sert de VRP pour les "marchands de mort" du grand patronat français. Cette politique devrait être condamnée par le mouvement ouvrier et le chantage à l’emploi en échange de ces petits arrangements réactionnaires rejeté !



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