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Ni Poutine Ni Otan !

Hypocrisie impérialiste : la Russie déclarée « soutien du terrorisme » par l’Union Européenne

Mercredi dernier, le Parlement européen a voté une résolution déclarant que la Russie est un État soutenant le terrorisme. Si nous dénonçons les crimes de la Russie contre les droits humains, nous dénonçons également l'hypocrisie de cette décision qui occulte tous les crimes dont sont complices (ou auteurs) les Etats impérialistes occidentaux.

vendredi 25 novembre 2022

Crédits photo : Frederick Florin /AFP

Avec 494 voix pour, 58 contre et 44 abstentions, le Parlement européen a approuvé, mercredi 23 novembre, la qualification de la Russie comme « État soutenant le terrorisme ». Étant donné que l’Union européenne ne peut désigner officiellement des États comme soutenant le terrorisme, le Parlement demande à l’UE et aux 27 États membres de créer un cadre juridique à cet effet afin d’ajouter la Russie à la liste.

Une mesure hypocrite qui masque les crimes de l’OTAN

Il est indéniable que la Russie commet des crimes contre les droits humains et cela doit être fermement condamné. Les bombardements criminels sur les villes ukrainiennes, y compris sur Kiev, continuent de faire des victimes civiles et de détruire des infrastructures vitales pour la population. Mais il est également important de dénoncer fermement l’hypocrisie du Parlement européen qui détourne le regard lorsqu’il s’agit des victimes causées par l’impérialisme de l’OTAN.

Ni l’Union européenne, ni les États-Unis, ni aucun État membre de l’OTAN n’ont l’autorité morale de qualifier quiconque de terroriste. La raison est simple : ils ont du sang sur les mains et les exemples sont innombrables pour le prouver. L’OTAN est intervenue militairement au Kosovo, en Afghanistan et en Libye, causant des dizaines de milliers de morts, justifiant cette boucherie par des termes tels que « guerre humanitaire » et « frappes chirurgicales ».

Il également possible de mentionner les milliers de migrants morts en Méditerranée dont l’Europe est responsable, ainsi que la répression et les conditions d’accueil catastrophiques et inhumaines des migrants qui les condamnent souvent à la mort.

Et l’hypocrisie va encore plus loin si l’on tient compte du fait que les puissances impérialistes ont pour principaux alliés des pays aux régimes réactionnaires et autoritaires qui commettent et ont commis de nombreux crimes contre l’humanité. A cet égard, on peut citer le soutien et la vente d’armes de la France à l’Arabie saoudite dans le cadre de la guerre au Yémen. Un autre exemple est le soutien de ces pays impérialistes à Israël, qui promeut le terrorisme d’État, commettant de nombreux crimes contre le peuple palestinien qu’il bombarde, torture, soumet et tue.

Pour parler du rôle précis de la France, il est important de noter qu’aujourd’hui encore, elle apporte un soutien total à des régimes autoritaires ou dictatoriaux, comme c’est le cas au Tchad, au Gabon et au Bénin, entre autres.

Aussi, ce soutien impérialiste aux pays qui ont commis des crimes contre l’humanité n’est pas nouveau. À la fin des années 1970, la France s’est ainsi servie de son expérience dans la répression des militants pour l’indépendance de l’Algérie pour former les militaires latino-américains à combattre « l’ennemi intérieur » par des méthodes de torture et d’assassinat qui ont été utilisées par les dictatures dirigées par les États-Unis dans le cadre du Plan Condor. À la même époque, la CIA a armé des milices islamistes en Afghanistan contre l’Union soviétique.

Et si l’énumération de tous ces cas fait déjà froid au dos, la liste n’est pas exhaustive. Nous dénonçons l’attaque réactionnaire de la Russie contre l’Ukraine, mais, à l’inverse du Parlement européen, nous ne détournons par la regard face à tous ces crimes de l’impérialisme qui ont causé des milliers et des milliers de morts. Et nous ne mêlons pas nos voix à celles de l’extrême droite, ni à celles de la gauche campiste, ni à celles des secteurs de la bourgeoisie qui refusent de rompre avec la Russie pour préserver leurs intérêts. On ne peut faire confiance ni aux puissances impérialistes occidentales ni à la Russie de Poutine : la seule option réaliste est une lutte indépendante de la classe ouvrière, qui peut garantir le droit à l’autodétermination de l’Ukraine par un renversement socialiste de la société capitaliste.



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