^

Notre classe

Secteur social

Hausse et indexation des salaires : des travailleurs du 115 appellent leur secteur à la grève le 29 septembre

A quelques jours de la grève du 29 septembre, les travailleuses et travailleurs du 115 des Bouches-du-Rhône appellent à la mobilisation pour les salaires et un recrutement massif dans le secteur. Nous relayons leur lettre ouverte à tous leurs collègues de l’hébergement d’urgence.

lundi 26 septembre

A l’attention de tous-tes les professionnel·ll·es de l’hébergement d’urgence,

Depuis de nombreuses années, la situation dans l’hébergement d’urgence ne cesse de se dégrader, tant pour les usagers que pour les salariés. Le nombre de places en hébergement d’urgence est largement insuffisant et les moyens alloués à l’accueil des différents publics spécifiques sont dérisoires face à l’urgence de la situation.

A la souffrance des usagers s’ajoute le désarroi de l’équipe du 115 des Bouches-du-Rhône qui souffre d’un sous-effectif alarmant, du manque de considération de ce travail pourtant essentiel et de rémunération ridiculement basse. Le mal être au sein de notre équipe est grave et croissant et la détresse de nos usagers s’accentue à chaque refus d’hébergement ou appel non répondus.

L’État ainsi que la direction de l’association en charge de la plateforme 115 sont les principaux responsables de cette situation intenable. La promesse que plus personne ne dorme dehors, formulée il y a 5 ans par le gouvernement semble bien lointaine. En effet, les demandes d’hébergement d’urgence ne cessent d’augmenter, les publics évoluent eux aussi, sans que des réponses satisfaisantes ne soient apportées pour l’accueil de ces publics.

Il manque encore des centaines de places dans les Bouches du Rhône et entasser tout le monde dans des hôtels sans un suivi social de qualité ne réglera aucunement le problème ! Car elle est bien là la politique de la Préfecture : entasser tout le monde dans des endroits souvent inadaptés, sans tenir compte des spécificités de chacun·e et sans réelle perspective de sortie de rue pour la majorité de nos usager·e·s.

Nous en venons même à manquer de places d’urgence pour les femmes victimes de violences conjugales, alors même que le gouvernement en avait fait la « grande cause du quinquennat ». Loin des promesses, la réalité est bien cruelle. Les différentes politiques mises en place les dernières années ne sont que des tentatives à peine voilée de hiérarchiser la misère. Aujourd’hui notre devoir est d’alerter : l’inconditionnalité de l’hébergement d’urgence n’a jamais été autant en danger !

Nous ne pouvons ignorer le contexte économique et social qui est le nôtre : avec une inflation qui monte depuis des mois, les prix de l’énergie qui s’envolent et un contexte politique qui n’annonce qu’austérité pour les mois à venir. TOUT AUGMENTE SAUF LES SALAIRES. En tant que travailleurs précaires, nous sommes directement touchés par cette crise. Comme nombres de travailleurs, nous ne savons pas comment nous allons nous chauffer cet hiver, ni comment nous allons nourrir correctement nos enfants.

Avec des reformes comme celle de l’assurance chômage, du RSA et la future probable réforme des retraites, le gouvernement cherche à faire payer la crise aux couches les plus précaires de la population. Ces politiques ont des effets désastreux sur les publics avec lesquels nous sommes en contact au quotidien car elles ne servent qu’à alimenter le terreau de la misère.

En tant que professionnel de l’hébergement d’urgence, nous sommes en première ligne pour en mesurer les effets et estimons que nous ne pouvons pas rester silencieux face à cette situation. Nous ne pouvons nous résoudre à être des gestionnaires de misère, sans questionner les causes structurelles et politiques qui ne cessent d’accentuer la pauvreté dont souffrent nos usagers.

Pour toutes les raisons évoquées plus haut nous revendiquons :

· L’indexation de nos salaires sur l’inflation, ainsi qu’une revalorisation de nos salaires d’un minimum de 300€ net par mois ;

· La diminution de notre temps de travail quotidien ;

· Le recrutement massif au sein de notre service, afin de mettre fin au sous-effectif qui nous empêche de travailler correctement.

Nous ne souhaitons pas lutter de manière isolée, et sommes conscients que seule une mobilisation massive et unitaire permettra de voir nos revendications satisfaites. C’est pourquoi nous nous joignons à la grève nationale du 29 septembre pour exiger des salaires qui nous permettent de vivre, et pas de survivre, ainsi des conditions de travail décentes.

Nous appelons tous les professionnels de l’hébergement d’urgence, des CHRS, des accueils de jours, des structures de premier accueils, et plus largement à tout le secteur du social et médico-social, à faire grève le 29 septembre !

TRAVAILLEURS ET TRAVAILLEUSES DE L’HEBERGEMENT D’URGENCE, TOUS ET TOUTES EN GRÈVE JEUDI 29 SEPTEMBRE !

Les travailleur.euse·s organis·é·s du 115 des Bouches-du-Rhône.



Mots-clés

Salaires   /    Secteur social   /    Grève   /    Notre classe