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Métallurgie

Grève pour les salaires et les retraites à Aubert&Duval : « on a fait les efforts pour 0 récompense »

À Pamiers, les salariés d'Aubert et Duval sont mobilisés depuis le 17 janvier pour leurs salaires. Ces derniers étaient en grève et en manifestation le 19 janvier, liant ainsi la lutte pour les augmentations de salaires au combat contre la réforme des retraites.

John Strempe

25 janvier 2023

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Crédits photo : CGT Aubert&Duval

Face au mépris de la direction, les salariés fortement mobilisés

Le 17 janvier, les salariés d’ Aubert&Duval à Pamiers se sont mobilisés à l’occasion de la première journée de négociations annuelles obligatoire (NAO). Alors que la CGT avait comme revendication une augmentation générale de 10 % (avec talon de 280 €), la direction n’a proposé que 2,9 % . Une réponse qui n’a pas satisfait le syndicat et les travailleurs, qui dénonçait en amont des NAO que le salaire le plus bas de la grille salariale de l’entreprise était même en dessous du SMIC.

Suite à cette proposition méprisant, une assemblée générale avait été organisé le lendemain et a réuni plus de 350 travailleurs (pour environ un millier de salariés). Ces derniers ont ensuite décidé « d’envahir les locaux de la direction du site de Pamiers pour porter leurs revendications pour les NAO et les retraites » . Une fois les assemblées générales de l’équipe d’après-midi et de nuit effectuées, il a été décidé de lancer un appel à la grève pour le 23 janvier ainsi qu’un rassemblement le 25 janvier à 9 h à l’occasion du deuxième jour de négocation.

Ainsi, ce mercredi, suite à l’assemblée générale les salariés ont voté à l’unanimité de « durcir la lutte pour imposer à la direction nos revendications en bloquant notre outil de travail ». Dans la foulée, les locaux de la direction ont été envahis par les salariés.

Aubert et Duval est une entreprise classée deuxième au rang mondial dans l’activité des pièces forgées par matriçage (acier, superalliage etc..). Pendant que les salariés demandent une juste augmentation pour ne pas perdre du salaire face à l’inflation, l’usine cherche à recruter pour faire face à un carnet de commandes plein.

En effet, Gaelle Pengloan, responsable communication chez Aubert et Duval, parle d’une augmentation de la cadence de travail : « Progressivement, de nouvelles équipes sont créées. Les rotations passent des 3X8 au système des 5X8, qui permet un fonctionnement en continu ». Pour ce faire, l’entreprise s’appuie sur les contrats précaires comme le montre la mise en poste d’une centaine d’intérimaires en 2022 en même temps que l’embauche d’une soixantaine de CDI. L’augmentation des salaires à la hauteur des revendications est non seulement nécessaire mais clairement possible au vu de l’excellente santé économique de l’entreprise.

Une mobilisation autour de la question des salaires, mais aussi des retraites

S’ils se mobilisent à l’occasion des NAO, les salariés d’Aubert & Duval à Pamiers ne restent pas focalisés uniquement sur la seule question des salaires. Ces derniers se sont aussi fortement mobilisés à l’occasion de l’appel à la grève national contre la réforme des retraites le 19 janvier, formant ainsi un cortège important lors de la manifestation à Foix. D’ailleurs, ils n’étaient pas les seules entreprises du privé à se mobiliser contre la réforme de Macron. Selon la CGT, c’est une quarantaine d’entreprises ariégeoises qui se sont mis en grève à l’image de Taramm (Mazères, fonderie de précision), Lacroix-Ruggieri (Mazères, fabrication de produit explosif feu d’artifice et Recaero (Verniolle, construction aéronautique et spatiale).

Comme nous l’expliquions récemment dans nos colones, «  la réforme des retraites sert de catalyseur à l’ensemble des questions qui travaillent en profondeur le prolétariat français. Non seulement contre le gouvernement et sa réforme, mais également pour les salaires, contre la dégradation des services publics, contre un régime politique toujours plus autoritaire, etc ».

Les propos recueillie par France 3 de Sébastien Pollaert, responsable syndical CGT, l’illustre : "On a fait le dos rond pendant deux ans avec le Covid. On a accepté de travailler à la carte, les salariés ont multiplié les efforts pour éviter que l’entreprise ne soit plus en difficulté qu’elle ne l’est déjà. Et derrière, pas de récompense !".

Ainsi, le secteur privé, récemment mobilisé surtout sur les questions salariales dans le cadre de négocations entreprise par entreprises, semble avoir fortement participé à la mobilisation nationale du 19 février contre la réforme des retraites. Dans ce sens, l’élargissement des revendications en faisant le lien entre la fin du mois et la fin de carrière doit d’autant plus etre posé dans le cadre de la mobilisation nationale actuelle.

Sur cette base, l’indexation des salaires sur l’inflation, et leur augmentation immédiate de 400 € pour tous et toutes, doivent etre mis au programme de la lutte nationale contre la réforme des retraites. Cela permettrait aux grèves pour les salaires de sortir de leur isolement entreprises par entreprises, mais aussi de développer un rapport de force supérieur en entrainant de nombreux secteurs du monde du travail dans la bataille actuelle.


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