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Grève dans les raffineries : Total importe du kérosène du Koweït pour casser la grève

Face à la grève dans les raffineries, qui touche de plus en plus l’approvisionnement des stations-service, Total a décidé d’accélérer l’importation de produits de l’étranger, une nouvelle manière de casser la grève.

mercredi 5 octobre

Photo :AFP/Archives

Alors que de plus en plus de stations-services sont touchées par des pénuries et que le gouvernement a dû pour la première fois s’exprimer sur la question ce mercredi, Total a décidé récemment d’augmenter le niveau d’importation de produits pétroliers pour casser la grève de ses raffineurs. Autrement dit, plutôt que d’accepter des augmentations générales de salaires pour ses salariés, le géant pétrolier préfère racheter au prix fort sur les marchés internationaux de l’essence, du gazole et du kérosène.

Ce week-end, la situation était particulièrement tendue sur un certain nombre d’aéroports : des difficultés d’approvisionnement touchaient les aéroports de Toulouse, Marseille ou encore Lyon. A Toulouse, alors que c’est le dépôt de Lespinasse qui fournit habituellement tout l’aéroport, c’est un autre dépôt, celui de Bassens à Bordeaux qui a dû fournir du kérosène, fait « très rare » selon les travailleurs du site.

Mais c’est sur Paris que la situation a été la plus alarmante. Les aéroports de la capitale, gérés par Aéroport de Paris, ne peuvent être approvisionnés en kérosène que depuis le Havre, où les deux raffineries sont en grève. Résultat : les stocks stratégiques ont commencé à être entamés. Il aura fallu la cargaison d’un tanker en provenance du Koweït, le STI Connaught, rempli de kérosène pour éviter une pénurie sur les deux aéroports les plus importants de France a appris Révolution Permanente de source syndicale interne.

Alors que le patron de Total avait prévu des importations pour faire face à une grève de trois jours, l’arrêt des installations sur la raffinerie de Normandie, couplée aux grèves chez ExxonMobil et aux difficultés d’approvisionnement antérieurs dues à la ristourne de 20 centimes du groupe, aggrave les difficultés d’approvisionnement. Selon Olivier Gantois, président de l’UFIP (Union Français des Industries Pétrolières, le Medef du pétrole), « depuis le début de la grève, chaque raffinerie a opéré une accélération de ses importations de carburant  ». Le patron, cité par La Tribune, poursuit : « la France a déjà un flux d’importations régulier notamment en gasoil. On a donc pu rapidement augmenter les cargaisons  ».

Cette stratégie de surenchère sur les coûts aura de fait comme conséquence collatérale de faire augmenter les prix du carburant pour l’ensemble de la population. On le voit, Total est prêt à tout pour éviter des augmentations de salaires pour les raffineurs et tous les autres travailleurs de Total. Et même à le faire payer à la population. Une politique de casse de la grève par tous les moyens qui montre en réalité que la peur peut changer de camp alors que se pose la question de la pénurie comme un risque politique majeur pour le gouvernement.



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