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Politique

Austérité sanitaire

Gestion de la pénurie : face à Omicron, le gouvernement veut réduire la durée des hospitalisations

"Un plan pour aider les hôpitaux" titrait le JDD ce dimanche. Face à Omicron, le gouvernement s'est en fait contenté d'appeler à réduire la durée des hospitalisations. Une gestion de la pénurie à rebours des revendications exprimés par les personnels depuis deux ans, qui exigent des embauches et des moyens massifs.

lundi 17 janvier

Un service d’urgences dans un hôpital de Bastia, le 21 novembre 2017-AFP/Archives/PASCAL POCHARD-CASABIANCA

Si Macron a fait le pari de laisser circuler massivement le virus, les centaines de milliers de contamination quotidiennes devraient conduire à un afflux important dans les hôpitaux dans les deux semaines à venir. Selon les estimations de l’Institut Pasteur, on pourrait atteindre un pic de 5 200 admissions quotidiennes à l’hôpital dans les prochaines semaines, ce qui nécessiterait au moins 32 000 lits d’hospitalisation conventionnelle et 6 000 lits en soins critiques pour prendre en charge ces patients atteints de la Covid sur toute la durée de leur traitement. Soit une augmentation de 50% par rapport au 13 janvier, où déjà 24 000 personnes étaient en hospitalisation pour cause de Covid, dont 4 000 en soins critiques.

Dans ce cadre, pour éviter la pénurie inévitable de lits à l’hôpital, le gouvernement a lancéun « plan Omicron » dont les éléments ont été annoncés dans le JDD le 16 janvier. Le ministère de la santé y déclare vouloir « rassurer les médecins sur la moindre fréquence d’atteintes pulmonaires avec ce variant et les inciter à garder moins longtemps leurs patients ». L’objectif affiché serait alors de « faire diminuer, dans tous les établissements de soins, la durée moyenne de séjour de six à trois jours [pour les patients Covid] ». Et le gouvernement d’appeler à compenser cette réduction de la durée des hospitalisations «  en les surveillant en télémédecine ou en les confiant aux services d’hospitalisation à domicile  ».

Derrière le « plan pour aider les hôpitaux » évoqué dans le titre du JDD, c’est donc rien moins qu’un énième plan de gestion de la pénurie que propose le gouvernement. Un moyen de contourner une nouvelle fois les revendications des soignants d’embauches et de moyens massifs pour l’hôpital. Une réponse dans la continuité directe de l’austérité que le gouvernement a maintenu tout au long de la crise, alors que les milliards pleuvaient pour le patronat. De quoi susciter la colère des soignants, mobilisés le 11 janvier aux côtés des travailleurs du secteur social et médico-social.

Alors que les personnels de l’éducation nationale ont relevé la tête avec la grève historique du jeudi 13 janvier, il est urgent de construire une mobilisation de l’ensemble du monde du travail en défense des services publics et pour des augmentations de salaires. Dans ce sens, la mobilisation interprofessionnelle du 27 janvier à l’appel de l’intersyndicale nationale est un moyen pour poser les bases d’une lutte commune des travailleurs du service public, mais aussi du privé en lutte pour leurs salaires.



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