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Gare de Marseille. Contre la dégradation de leurs conditions de travail, les agents du nettoyage en grève

Depuis le 9 février, les agents de nettoyage de la gare Saint-Charles sont en grève. Face à la pression des salariés, la direction a accepté de rencontrer les grévistes qui ont suspendu le mouvement ce jeudi. Il n’y a rien à attendre de cette direction, seul le rapport de force pourra payer !

vendredi 18 février

Crédits photo : BERTRAND LANGLOIS / AFP

À Marseille, depuis le 9 février dernier, les agents de nettoyage de la société Laser Propreté, prestataire embauché par la SNCF pour nettoyer la gare Saint Charles, sont en grève. Un mouvement de protestation face à la SNCF qui menace de déléguer le nettoyage à une nouvelle société, en avril prochain. Une manœuvre qui inquiète grandement les salariés. Et pour cause, ces derniers dénoncent le non-respect la convention collective des entreprises de propreté par la future entreprise, comme le rapporte le syndicat CAT dans un tract. De plus, cette opération pourrait entraîner le non-renouvellement de plusieurs salariés, dont certains travaillant dans cette gare depuis plus de 30 ans.

Ainsi, d’après le syndicat, il est d’ores et déjà sûr que neuf salariés seront laissé sur le carreau le 1er avril, peut-on lire dans un article Actu Marseille. À cela, on peut ajouter la dégradation des conditions de travail de l’ensemble des salariés et donc, de pair, la qualité du nettoyage de la gare, ce qui impactera également les voyageurs. Bien loin des déclarations de Agnès Moutet-Lamy, directrice régionale des gares Occitanie et Sud de la SNCF, qui explique avoir mis en demeure la société pour qu’elle effectue sa prestation, « car la gare commence à être sale », la SNCF ne cherche, une fois de plus, qu’a faire des économies aux dépens de ses salariés, qui sont déjà payés au minimum, ainsi qu’au dépens des usagers. Pour ce faire, la direction de la SNCF délègue, comme c’est le cas ici, ses services à des entreprises privées, permettant de précariser toujours plus les travailleurs et de dégrader sans cesse leurs conditions de travail.

En ce sens, ce type de manœuvre n’est pas marginal pour la SNCF, qui a encore réalisé 300 millions d’euros de profits en 2020 et qui cherche continuellement à maximiser ce résultat. Dans la même veine, donc, l’ouverture à la concurrence avec les entreprises privées du transport en Île-de-France, vise à réaliser ces mêmes objectifs lucratifs pour la SNCF. Des centaines de cheminots se sont d’ailleurs mobilisés ce mercredi, en région parisienne, pour lutter contre ce projet.

En tout état de cause, il n’y a rien à attendre de la direction qui commence à craindre la pression exercée par les salariés, la grève s’étant étendue mercredi à la gare d’Aix-en-Provence, en proposant une table ronde avec les représentants syndicaux. Pour finir, même si les salariés ont accepté de suspendre le mouvement ponctuellement ce jeudi, afin de discuter avec la direction, il n’y a rien à attendre des patrons. Ces derniers seront toujours prêts à tout pour réaliser un maximum de profits à nos dépens. La crise sanitaire l’a bien montré car, pendant que les travailleurs ont fait tourner la société dans des conditions de travail désastreuses, le patronat a, lui, réalisé des profits records. Seul le rapport de force paye face aux patrons ! Des salariés de l’entreprise ONET, en 2019, eux aussi agents de nettoyages dans les gares, l’ont démontré en maintenant le rapport de force durant presque 50 jours, jusqu’à obtenir la victoire. Chez Laser Propreté comme à ONET, c’est par la lutte que les travailleurs du nettoyage pourront faire plier leur direction obsédée par les profits.



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