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Generation U

Etats-Unis. 75% des américains soutiennent la syndicalisation des salariés d’Amazon selon un sondage

Dans un contexte d’intensification de la lutte de classes aux États-Unis, un nouveau sondage a révélé que 75 % des clients états-uniens d’Amazon étaient favorables au syndicalisme des salariés du géant du commerce en ligne, avec des scores particulièrement hauts chez les clients jeunes ou racisés. Un soutien important pour les travailleurs précaires en lutte à travers le pays et tout autour du monde.

jeudi 21 avril

Andrea Renault/AFP via Getty Images

Des syndicats et un institut de sondage ont conduit récemment une enquête auprès de clients d’Amazon ayant commandé sur le site au cours des trois derniers mois. Alors que 90 % d’entre eux déclaraient avoir une bonne image de la société, 75 % d’entre eux ont soutenu les revendications du nouveau syndicat d’Amazon, Amazon Labor Union, qui leur étaient présentées au cours du sondage, à savoir le droit des salariés d’Amazon à s’organiser pour une meilleure sécurité de l’emploi, de meilleurs salaires et de meilleures conditions de travail. Le soutien à ces revendications était le plus important parmi les jeunes (83 % chez les 18-34 ans) et les personnes non blanches (87 % chez les noir.e.s et 83 % chez les latinxs).

Un soutien large qui a de quoi donner du courage au premier syndicat implanté aux États-Unis chez Amazon alors que la firme aux profits records mène depuis toujours une politique de répression féroce à l’encontre de ses travailleurs, pouvant licencier un salarié pour avoir simplement assisté à une réunion syndicale, ou même pour s’être plaint de son salaire sur une messagerie interne de l’entreprise ; et faisant du profit sur le sang de travailleurs contraints à travailler dans des conditions désastreuses, sans aucune considération pour leur santé et leur sécurité et qui ont été à l’origine d’accidents du travail parfois mortels.

Le mouvement ouvrier aux États-Unis connaît une vague de combativité dans des secteurs très précaires qui n’étaient pas auparavant syndiqués comme chez le géant de la restauration rapide Starbucks, où les luttes sont menées par une nouvelle génération de travailleurs précaires, à un tel point que l’on parle désormais d’une « génération U » pour « Union », syndicat. Cette nouvelle génération dont la vie a été marquée par la crise des subprimes puis celle liée au Covid n’a connu que la précarité et se mobilise pour défendre son avenir, ses conditions de vie et de travail, dépassant les discours anti-syndicats bourgeois auparavant hégémoniques aux États-Unis. Cette même génération de travailleurs se mobilise pour dénoncer le harcèlement sexuel chez Mc Donald’s ou pour imposer un salaire minimum de 15$ horaire au niveau fédéral, mais aussi dans les mouvements féministes ou anti-racistes.

Dans un contexte d’offensives très dures du patronat qui cherche à faire payer la crise aux travailleurs, la riposte ne se fait pas attendre, aux États-Unis comme ailleurs. Les travailleurs d’Amazon ont récemment mené des grèves historiques pour leurs salaires en France ou en Allemagne, rappelant que si la bourgeoisie organise ses attaques de façon internationale, la classe ouvrière est elle aussi internationale et lutte sans frontières, et que par ces luttes elle renforce sa conscience comme en témoigne le soutien des jeunes et des personnes non-blanches, secteurs parmi les plus précaires de notre classe, aux revendications des travailleurs d’Amazon.



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