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Affaire Ferrand

Affaire Ferrand : Edouard Philippe a "confiance" en son ministre et ses arrangements de famille

C’est la première affaire du gouvernement d’Edouard Philippe : Richard Ferrand, un des plus fidèle lieutenants du président, est accusé de deux affaires au bord de la légalité. Une situation qui fait tâche avant les législatives, de surcroit quand le premier ministre a annoncé « avoir confiance » dans le nouveau ministre de la cohésion des territoires.

Arthur Fontane

26 mai 2017

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Richard Ferrand suspecté de deux affaires douteuses

Comme pendant la présidentielle, c’est le Canard Enchaîné qui a révélé l’affaire Richard Ferrand, et, comme à son habitude, l’hebdomadaire satyrique touche un point sensible. En effet, le nouveau ministre de la cohésion des territoires est accusé de deux choses : avoir créé un montage financier quand il était à la tête des Mutuelles de Bretagne, qui a permis à sa femme de s’enrichir considérablement, et avoir embauché son fils pendant cinq mois en tant qu’assistant parlementaire. Dans le premier cas, le principe du montage est simple : pendant que les Mutuelles de Bretagne cherchent des locaux, sa femme crée une SCI et se voit attribuer un marché (privé) de la part des Mutuelles de Bretagne, le tout sans avoir encore de locaux à louer. Elle achète ensuite les dits locaux à crédits sans aucun apport et, quelques années plus tard, la valeur de la SCI a tout simplement triplé. Dans la seconde affaire, le député est accusé d’avoir embauché son fils comme assistant parlementaire pour un « job d’été » du 13 janvier au 16 mai 2014 (il faudra au passage que le ministre se renseigne sur la notion « d’été »), pour travailler sur des « dossiers numériques », job rémunéré de la poche du contribuable.

Le premier ministre, qui veut « moraliser la vie politique », a toute confiance en Richard Ferrand

Pour le gouvernement, l’affaire est très problématique, car Ferrand fait partie de la garde rapprochée du nouveau président de la République : anciennement député PS du Finistère, il est le premier socialiste à avoir quitté Solferino pour En Marche ! Une fidélité et un rôle dans la campagne qui lui ont valu une place au gouvernement en tant que ministre de la cohésion des territoires. Alors que le gouvernement, après l’affaire Fillon qui a marqué la campagne présidentielle, a annoncé vouloir écrire très rapidement une loi de « moralisation de la vie publique » (François Bayrou, ministre de la Justice, devrait la présenter avant les législatives), Richard Ferrand apparaît comme tout ce qui fait la détestation des politiciens corrompus : népotisme, montages financiers en faveur de sa famille… Des pratiques qui ne sont pas illégales ou au bord de la légalité, mais qui montrent avant tout la morale de ces politiciens. Des pratiques qui sont d’autant plus immondes quand on se rend compte de l’hypocrisie de Richard Ferrand sur le sujet : le 3 mars 2017, au micro de France Inter, le secrétaire général d’En Marche déclarait que l’affaire Fillon « souille tous les élus de France ».

Malgré tout cela, le nouveau ministre est couvert de tous les côtés : saisi par les Républicains, le Parquet National Financier s’est dit incompétent pour l’affaire, tandis que le premier ministre a annoncé avoir toute confiance en son ministre, vendredi matin, en donnant les moyens à Ferrand de sortir vainqueur de cette « mauvaise passe » : « ce débat, il est politique et il sera tranché par ceux qui sont les plus à même et les mieux à même de trancher les débats politiques, qui sont les électeurs et les citoyens français ». Cette tactique consistant à expliquer que les citoyens seraient « les juges de paix » est cependant très hypocrite quand on voit que Patrick Balkany est resté près de 22 ans député des Hauts-de-Seine ou que Serge Dassault a été élu sans interruption dans l’Essonne depuis 1986…


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