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Augmentation des salaires !

Dignité des deux côtés du guichet ! Grève inédite à Pôle Emploi pour l’augmentation des salaires

A l’appel de dix syndicats, un quart des agents de Pôle Emploi étaient en grève mardi 1 février pour une augmentation des salaires et une amélioration des conditions de travail. Face à la pression du gouvernement pour faire passer ses réformes anti-sociales, les agents voient en effet leurs conditions de travail se dégrader.

mercredi 2 février

Crédits photo : AFP

A l’appel d’une intersyndicale réunissant pas moins de dix syndicats (CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO, SNAP, SNU, STC, SUD et Unsa), une première dans le secteur, environ un quart des agents de Pôle Emploi étaient en grève mardi 1er février dernier pour défendre leur pouvoir d’achat et améliorer leurs conditions de travail.

Comme l’explique à France Info Bernie Billey, secrétaire national de la CFDT à Pôle Emploi, cette mobilisation historique porte trois axes essentiels : le problème du pouvoir d’achat, le problème des conditions de travail et le problème du sens au travail.

Ainsi, devant le siège de Pôle Emploi à Paris, une centaine d’agents réclamaient une « augmentation générale des rémunérations, significative et urgente » comme le rapporte France Info. Pour cause, la hausse des prix enregistrée ces derniers mois impacte durement nombre de salariés, dont ceux de Pôle Emploi. Preuve en est le fait que la moitié des agents de Pôle Emploi ont touché la prime inflation de 100 euros, réservée aux salariés percevant moins de mille euros, selon la CFDT.

Avec aucune augmentation de salaire depuis 2017, sur le piquet de grève à Balma un agent de Pôle emploi syndiqué à la CGT explique pour La Dépêche qu’ils ont « perdu 20% de pouvoir d’achat en 20 ans ». « Plus ça va, moins on vit bien », résume Sylvie, elle aussi à la CGT, au même journal.

En première ligne des mesures indignes mise en place par le gouvernement pour faire pression sur les chômeurs, la charge de travail des agents a fortement augmenté ces derniers mois et les conditions de travail se sont dégradées. En effet comme l’explique un syndicaliste pour France Bleu, « vous pouvez avoir par exemple un conseiller Pôle emploi qui s’occupe de 1 000 chômeurs à la fois ». Ainsi il n’est pas étonnant de voir les syndicats dénoncer la « fatigue » accumulée par les travailleurs ces dernières années. Rappelons que si l’opérateur avait reçu des renforts, la grande majorité étaient des contrats précaires en CDD.

Lors de la rentrée de septembre, les agents se voyaient par exemple équipés de bracelets et de boitiers d’alerte en cas d’agression. Ce plan de sécurité était mis en place en même temps que la réforme de l’assurance chômage, la direction de Pôle Emploi anticipant la multiplication des cas d’agression dû à la mise en place des réformes. Alors que les dernières attaques antisociales du gouvernement au travers notamment de la réforme de l’assurance chômage mettaient les chômeurs en situation de grande précarité, elle mettait donc parallèlement en grande difficulté les agents qui doivent obéir aux directives gouvernementales. Cela sans compter les Contrats d’engagement Jeunes qui demandent aux agents une charge de travail toujours plus grande.

Dans son interview à France Info, Bernie Billey pointe les conséquences de la dernière réforme du chômage : « c’est une réforme qui est difficile à appliquer, qui est compliquée, entraîne de multiples correctifs et donc des renvois de notifications aux demandeurs. C’est vraiment hyper compliqué et cela suppose beaucoup de saisies manuelles, de demandes de pièces complémentaires. C’est difficile à expliquer aux demandeurs. » Pour Sud-Ouest, une syndicaliste décrit « un climat de tension » dans les bureaux de l’agence provoqué par l’incompréhension et l’agacement des demandeurs d’emplois mis sous pression avec cette réforme.

Cette grève est emblématique de la volonté du gouvernement de faire passer ses réformes anti-sociales coûte que coûte, au détriment d’une pressurisation des agents en première ligne, de la dégradation de leurs conditions de travail et le risque de multiplications des violences au sein des agences. Une logique néolibérale qui vise aussi à diviser les travailleurs entre eux.

Pour plus d’un tiers des grévistes, il s’agissait d’un débrayage d’une heure. Il n’empêche, c’est un mouvement inédit dans l’histoire de la structure et il se déroule dans un contexte ou les grèves se multiplient dans plusieurs secteurs pour augmenter les salaires, comme l’illustre l’exemple de Leroy Merlin dans le cadre de la mobilisation de la seconde ligne. Dans ce cas, demandeurs d’emplois et travailleurs à Pôle Emploi doivent s’unir face aux contres-réformes du gouvernement !

Contre cette volonté, la pression doit se faire encore plus grande que celle qui a pu s’exprimer le 27 janvier dernier. Face à la multiplication de la colère dans un certain nombre de secteurs et face à la fébrilité du gouvernement il faudrait forger un véritable plan de bataille, qui s’appuie sur les secteurs les plus déterminés et les conflits locaux pour chercher à généraliser et étendre la colère. Pour ce faire, il est fondamental d’appuyer les luttes partout où elles existent et d’encourager l’auto-organisation et la coordination de celles-ci, pour poser les bases de la généralisation de la colère de demain. C’est pourquoi nous affirmons notre solidarité avec les agents de Pôle Emploi en grève !



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