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Violence policière

Deux policiers brisent le poignet d’une collègue et accusent un innocent

Après un bizutage d'une de leur collègue à qui ils ont brisé le poignet des policiers ont tenté de faire porter le chapeau à un innocent, qu'ils venaient d'interpeler, lui faisant risquer 5 ans de prison. Un nouveau scandale qui montre les agissements de la police qui sait qu’elle peut agir en toute impunité.

Alex Ludo

11 mars 2021

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Crédit photo : DR

C’était il y a près d’un an, en mai 2020, une recrue de la police se faisait bizuter dans le commissariat par deux de ses nouveaux collègues. Une pratique apparemment courante, d’après Le Monde qui a ce jour là conduit à un poignet fracturé, les deux policiers : «  s’amusent à menotter une collègue avant de la placer dans une cellule de garde à vue. […] Sauf que ce 16 mai 2020, les policiers y vont fort en la jetant dans la geôle. », entraînant une ITT de plusieurs dizaines de jours. Mais surtout l’affaire a bien failli envoyer un homme qui n’avait aucun rapport avec l’histoire en prison.

Quand ils se sont rendus compte de la blessure de leur collègue, ils ont décidé d’accuser un homme qu’ils venaient d’interpeller. Ils ont tous les trois rédigé un faux procès verbal, incriminant le premier venu au commissariat pour « rébellion et violence à agent ». Un innocent s’est alors retrouvé avec un procès qui faisait peser sur sa tête jusqu’à 5 ans de prison et 75 000€ d’amendes.

Finalement la policière en question a révélé la vérité en expliquant avoir subi des harcèlements quotidiens. L’enquête de l’IGPN qui s’est ouverte dès la fin du mois de mai nous apprend -sans grande surprise- qu’il ne s’agit pas de faits isolés mais de la routine au sein du commissariat de Vanves, il y règne une « loi du silence » où chacun couvre les collègues responsables de violences sexistes et racistes quotidiennes.

Bien que le tandem de policiers ait été suspendus et l’innocent accusé relâché, il demeure que de tels agissements ne s’avèrent pas isolés, ni dans le commissariat ni dans les rangs de la police en général. Et quand il y a des violences lors des interpellations, l’institution policière est réputée pour savoir taper sans laisser de traces, à l’image du harcèlements quotidiens des habitants de quartiers populaires ou des militants ou manifestants qui lorsqu’ils se retrouvent dans la rue pour crier leur colère peuvent se retrouver avec un œil en moins. Plus encore le racisme -largement dénoncé durant les manifestations BlackLivesMatter- était encore en cause à Vanves puisque les deux policiers sont incriminés pour « faux par dépositaire de l’autorité publique et usage de faux, violence en réunion, harcèlement, injures à caractère raciste ». Et quand il s’agit de se protéger après avoir largement réprimé les forces de l’ordre ont tout le soutien d’un système judiciaire et de dispositions légales qui leur offre une totale impunité. Ils se voient armés, en plus des équipements matériels de répression, d’une parole face à laquelle aucune opposition ne saurait se faire entendre.

Cette situation n’est pas sans faire écho au passage à tabac de Michel Zecler il y a quelques mois. Si les dispositifs vidéos de l’établissement n’avaient pas montré la brigade entrain de le tabasser, celui-ci aurait été accusé par les véritables criminels, de s’en être pris aux force de l’ordre. Sa parole n’aurait pas plus été entendue que celui de l’homme accusé à Vanves. Face à une telle répression il faut voir que dans la majorité des cas, les victimes ne peuvent pas compter sur un quelconque rétablissement de la vérité

Et face à cette situation il faut voir que même quand la vérité est révélée, l’IGPN, la police des polices, sait blanchir les accusés. En effet cette institution, pourtant vantée comme celle qui régule les cas de violences policières, s’est montrée parfaitement complice de ce fonctionnement au vu du nombre d’affaires classées sans suites qui incriminaient des agents des forces de l’ordre.


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