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Mouvement LGBT

Contre l’instrumentalisation de nos droits, pour un mois des fiertés de lutte contre Macron et sa politique

Alors que le mois des fiertés commence, nous refusons de laisser au gouvernement qui nous précarise et nous réprime une occasion d’instrumentaliser nos luttes. Dans la continuité du mouvement contre la réforme des retraites, le mois des fiertés doit se mener aux côtés des grévistes qui se battent pour leurs salaires, et contre Macron et son monde.

Du Pain et des Roses

2 juin 2023

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Contre l'instrumentalisation de nos droits, pour un mois des fiertés de lutte contre Macron et sa politique

Crédits Photo : O Phil des Contrastes

Un « mois des fiertés » sous le signe de la crise politique

Alors que le pays traverse une crise politique profonde suite au passage en force de la réforme des retraites, le gouvernement est à l’affût de tout ce qui pourrait l’aider à tourner la page pour avancer son agenda antisocial et réactionnaire. En effet, après un mouvement historique ayant mis en lumière le caractère profondément antidémocratique du régime, les travailleur·euses et la jeunesse du pays ne semblent pas prêts à accorder au gouvernement les « 100 jours d’apaisement » qu’il avait annoncés.

Après avoir été contraint de reporter la loi immigration qui constituait un axe central de sa politique, alors même que le mouvement contre la réforme des retraites n’a pas dit son dernier mot, Macron et son gouvernement haïs de tous sont déjà confrontés à une nouvelle vague de grève pour les salaires. Dans de nombreux secteurs, à l’image de la grève de femmes particulièrement combative de Vertbaudet, la colère est loin d’avoir disparu et se radicalise sous l’effet du mépris du gouvernement et du patronat qui ne cachent plus leur volonté de faire payer la crise aux plus précaires.

Dans ce contexte, plus que jamais, le « mois des fiertés » constitue un enjeu politique dont la macronie entend se saisir pour redorer son blason. Le 16 mai dernier, le gouvernement a ainsi annoncé le lancement avant l’été d’un nouveau « plan contre la haine anti-LGBT ». Présenté comme une réponse à la hausse des violences, enregistrée notamment par le dernier rapport SOS Homophobie, ce plan consisterait principalement à « mieux sanctionner les auteurs » de violences, notamment via « un renforcement de la formation des policiers et gendarmes ».

Une opération de pinkwashing dans la continuité du « mea culpa » de Darmanin sur le mariage pour tous et du coming-out de ministres comme Olivier Dussopt et Sarah el-Hairy, visant à rallier à son projet « d’apaisement » néolibéral et répressif des secteurs qui se battent, à juste titre, pour faire avancer nos droits.

Contre le pinkwashing d’un gouvernement qui nous précarise, nous réprime et pave la voie à l’extrême-droite

Nous ne pouvons laisser passer cette nouvelle instrumentalisation de nos luttes. En nous imposant une réforme des retraites rejetée de tous, en attaquant nos salaires pendant que les prix ne cessent de grimper et en réprimant les travailleur·euses et la jeunesse qui s’opposent à lui, le gouvernement est responsable de la précarisation de larges secteurs de la population dont les LGBT sont première ligne.

Face à la colère immense qui s’est exprimée dans la rue et par la grève ces dernières mois, il n’a eu d’autre choix que de passer sa réforme à coups de matraques et de répression policière, accompagnés d’agressions sexistes, sexuelles et LGBT-phobes.

En jouant la surenchère réactionnaire avec la droite et l’extrême-droite par la multiplication de mesures répressives, xénophobes et racistes, le gouvernement est responsable de la montée des idées et des violences réactionnaires. De ce point de vue, la loi immigration et l’opération militaro-policière coloniale en cours à Mayotte sont des attaques contre l’ensemble de notre classe et doivent être fermement dénoncées.

Dans le même sens, après avoir eux-mêmes même agité le totem de la « lutte contre le wokisme », Macron et ses ministres ont ouvert la voie à une campagne politique de l’extrême-droite contre nos droits à travers la création d’une « association parlementaire transpartisane » visant à lutter contre le « lobby LGBT ».

Ces derniers mois et semaines, ce climat profondément réactionnaire alimenté par le gouvernement s’est traduit par une recrudescence alarmante des violences LGBTI-phobes et racistes, notamment dirigées contre les structures associatives venant en aide aux plus précaires, à l’image de l’attentat au cocktail explosif contre le centre LGBT de Tours et de l’attaque des locaux d’Utopia56. Face à toutes ces attaques, en ce mois des fiertés, il est central de faire faire front pour opposer une réponse politique forte au gouvernement et à tous les réactionnaires.

Construire un mouvement d’ensemble contre le gouvernement et pour nos droits

Le mouvement contre la réforme des retraites, profondément massif et politique, a montré combien, en tant que femmes et LGBT, nous ne pouvions nous contenter de luttes défensives. Depuis le 19 janvier, nous avons souligné que nous ne voulions pas seulement le retrait d’une réforme dont nous serons parmi les premier·es impacté·es, mais que nous avions besoin de revendications offensives pour changer un système de retraite qui nous défavorise déjà très largement. Une question indissociable de la lutte pour des augmentations de salaires et de meilleures conditions de travail et de vie, qui sont la condition même pour que nous puissions profiter d’une retraite digne de ce nom.

C’est pourquoi nous avons massivement participé à ce mouvement historique depuis nos lieux de travail, nos collectifs et associations. Le 7 et le 8 mars, alors que l’intersyndicale appelait à « mettre le pays à l’arrêt » puis à « se mobiliser » pour la journée internationale de lutte pour les droits des femmes et des LGBT, nous avons été nombreux·ses à défendre la perspective d’une grève reconductible et féministe.

Dans de nombreuses villes, des militant·es féministes et LGBT et des secteurs de travailleur·euses peu habitué·es aux questions de genre ont fait une expérience commune. Une rencontre qui s’est cristallisée dans des démonstrations de solidarité, avec la présence de nombreux·ses jeunes LGBT sur les piquets de grève, comme à la TIRU d’Ivry ou à la raffinerie Normandie, mais aussi dans des mots d’ordre et des manifestations unitaires. On peut penser à la manifestation du 8 mars inédite à Toulouse, où l’ensemble des organisations syndicales et féministes ont marché derrière une banderole commune : « Grève féministe : pour nos retraites, nos salaires, contre les violences patriarcales et pour le droit à disposer de nos corps ».

Mais, au niveau national, l’intersyndicale n’a pas appelé à reconduire la grève ni à élargir le combat des retraites à la question des salaires ou aux revendications féministes. On se souvient de Marylise Léon, alors n°2 de la CFDT, expliquant que le 8 mars devait être « une journée de mobilisation, mais sans lien avec la veille » pour justifier que l’intersyndicale n’appelle pas à reconduire la grève du 7 au 8 mars. Un choix qui illustre une stratégie qui n’a jamais cherché à briser les obstacles à la généralisation de la grève aux secteurs les plus précaires de la société pour bloquer réellement l’économie. Et pour cause, pour les dirigeants confédéraux, la grève n’est envisagée que comme un moyen de pression sur les institutions où elle est discutée : l’Assemblée, le Sénat, le Conseil constitutionnel… À chaque étape, cette stratégie s’est heurtée à un régime anti-démocratique, et à un gouvernement qui ne comprend que le rapport de forces.

Avec Du Pain et Des Roses, comme nous l’avons porté les 7 et 8 mars dernier, nous défendons qu’une autre stratégie était et reste possible : rompre avec le dialogue social pour construire la grève générale autour d’un programme offensif sur les retraites, les salaires et les minimas sociaux, contre la répression et pour les droits des opprimé·es. Une stratégie qui est la seule à pouvoir entraîner de large pans de notre classe, y compris les plus précaires, que nous avons cherché à incarner au sein du Réseau pour la grève générale en soutenant les grèves de salariés précaires comme les éboueurs du SIVOM ou les grévistes de Vertbaudet, tout en cherchant à lier le combat pour les salaires au combat pour nos retraites.

Notre fierté : se battre aux côtés des grévistes pour faire payer Macron et son monde

À l’approche de la nouvelle journée de grève interprofessionnelle du 6 juin, la colère est loin d’avoir disparue. Sous l’effet de l’inflation rampante combinée à l’ouverture des NAO dans de nombreuses boîtes, les grèves pour des augmentations de salaires se multiplient, à l’image de Tisséo ou encore de Disneyland. Dans ce contexte, la grève des femmes de Vertbaudet qui a bénéficié d’un très large soutien est devenue l’étendard d’une colère que le passage en force du gouvernement n’est pas parvenu à briser.

Dans la continuité de l’expérience de politisation massive que nous venons de vivre au côté du mouvement ouvrier, pour le mois des fiertés, les organisations féministes et LGBT ont la responsabilité d’accompagner le mouvement de celles et ceux qui refusent de tourner la page, et en particulier d’une jeunesse LGBT plus que jamais prête à lutter en alliance avec la classe ouvrière pour faire reculer Macron et tous les réactionnaires.

Avec Du Pain et Des Roses, nous manifesterons dans les Pride radicales, mais aussi dans des pôles radicaux au sein des Marches des fiertés institutionnelles au contact de milliers de jeunes et de travailleur·euses, pour défendre la nécessité d’unifier l’ensemble des secteurs autour d’un programme de lutte. Un programme que les travailleur·euses qui relèvent la tête sont en capacité d’imposer par la grève, en entraînant tous·tes les exploité·es et opprimé·es dans une bataille décisive contre le gouvernement et le patronat :

  • une retraite à 60 ans, 55 ans pour les métiers pénibles et sans condition d’annuités ;
  • des augmentations de tous les salaires et minimas sociaux à hauteur de 400e pour sortir la tête de l’eau et leur indexation sur l’inflation pour faire face à la hausse des prix ;
  • le partage du temps de travail entre toutes et tous pour mettre fin à la précarité ;
  • des moyens massifs dans des services publics sous contrôle des travailleur·euses pour garantir l’accès à l’IVG, à la transition et à la PMA pour tous·tes ;
  • le retrait le retrait de l’ensemble des projets de loi réactionnaires de la macronie à commencer par la loi immigration et la fin de l’opération Wuambushu à Mayotte.

Tout au long du mois des fiertés, manifeste avec Du Pain et Des Roses :

À Paris :

  • Samedi 3 juin dans la Pride des banlieues : 13h place René Dumont (métro Porte de Paris), rendez-vous devant l’école La Roseraie

À Toulouse :

  • Vendredi 2 juin dans la Pride radicale : 19h place Belfort
  • Samedi 10 juin dans un pôle radical au sein de la Marche des fiertés : dès 10h au Village des fiertés et à 14h30 pour la Marche

À Montpellier :

  • Samedi 17 juin dans un pôle radical au sein de la Marche des fiertés : à 15h place du Peyrou

À Marseille :

  • Samedi 1er juillet dans un pôle radical au sein de la Marche des fiertés : à 14h à Porte d’Aix

À Metz :

  • Samedi 17 juin dans un pôle radical au sein de la Marche des fiertés : 15h30 place de la République

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