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Politique

Rapace jusqu'au bout

Choquant : à la mort d’un enfant, La Banque Postale réclame 138€ pour clôturer un compte

Après le décès de leur enfant de 8 ans des suites d'un cancer, un couple s'est vu prélever de 138€ de « frais d'ouverture de dossier de succession » au moment de la clôture d'un Livret A destiné à leur enfant. Une décision scandaleuse qui souligne le caractère particulièrement avare des banques.

samedi 21 mai

Photo :- Jean-Sebastien Evrard - AFP

Comme beaucoup de parents, ceux de Léo, avaient ouvert un Livret A où ils économisaient un peu d’argent destiné à faire face aux divers projets d’avenir pour leur fils. Ils imaginaient le voir grandir, faire des études, passer son permis, s’acheter une première voiture. Mais tous ces rêves ont été brisés par le décès de leur enfant des suites d’un cancer. Voulant clôturer le Livret A qu’ils avaient ouvert pour leur enfant, c’est alors qu’ils ont été prélevé de 138€ pour des "frais d’ouverture de dossier de succession". Un acte particulièrement choquant et d’une violence conséquente pour une famille en plein deuil.

Comme nous explique Corinne Vedrenne, Présidente de l’Association « Eva pour la vie » : « le moment de deuil après la mort d’un enfant est terrible, au moment de la fermeture d’un Livret A ce sont les rêves et les projets de vie qui se brisent, on a l’impression de fermer le cercueil une deuxième fois ».

C’est d’autant plus aberrant qu’une succession transmet par héritage, alors que dans le cas d’un enfant décédé, ce sont les parents qui récupèrent les sommes qu’ils ont eux-mêmes épargnée.

Les parents ont donc engagé une procédure de réclamation de l’argent sur le compte, au moment où l’information avait commencé à circuler dans les médias. La Banque Postale, surement suite à la pression médiatique, a fini par rembourser la somme prélevée dans ce qu’elle a qualifié de "geste commercial". De nouveau propos inhumain, qui n’a pas été reçu avec enthousiasme par la famille. « Nous demandons un geste d’humanité, pas un geste commercial » nous affirme Corinne Vedrenne, membre de l’association qui se bat pour l’interdiction des frais de succession à la clôture de tout Livret A suite au décès d’un enfant.

Malheureusement cette pratique n’est pas isolée : selon une enquête de l’association, beaucoup de parents subissent la même chose, mais ils n’ont plus la force de continuer à se battre après le décès. Après s’être battus contre la maladie pendant des années, subi le décès et le deuil, après cette épreuve atroce, affronter un nouveau combat contre les banques leur est tout simplement impossible. C’est de cette situation tragique que les banques cherchent à tirer encore plus de profits.

Une banque peut légalement prélever des frais de succession en cas de décès. En effet, il existe de fortes disparités, entre les établissements bancaires, et les tarifs sont variables. Les frais de succession ne faisant pas partie des frais régulés par les pouvoirs publics, c’est donc au bon vouloir des banques que ces frais s’appliquent. En France on estime à 2 500 le nombre de décès d’enfants toutes causes confondues, un chiffre qui démontre encore plus l’aspect abject et inhumain de cette pratique. Comme le dénonce Corinne : « ce n’est pas à cause de ce nombre de décès que les banques vont faire faillite ».

Depuis Révolution Permanente nous envoyons tout notre soutien à la famille de Léo, ainsi qu’à toutes les familles qui sont confrontées au décès d’un enfant. Nous considérons ces pratiques des banques complètement indécentes, chercher à tirer profit de la mort d’un enfant est aussi inhumain et monstrueux que ce système. Nous soutenons la lutte de « l’association Eva pour la vie » pour mettre fin à ce type de pratiques. Et nous pensons que ce sont seulement les travailleurs des banques, en prenant le contrôle de ces dernières en lien avec les usagers, qui pourront mettre les banques véritablement au service de la population en mettant fin à ces pratiques lucratives de rapace.



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