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LGBTphobie

Chambéry : l’extrême-droite tente d’intimider la première Marche des fiertés dans la ville

Samedi dernier était organisée la première Pride à Chambéry. Si la foule était au rendez-vous pour partager un moment fédérateur pour la communauté LGBT+, l’événement est resté largement dépolitisé. À la fin de la Marche, un groupe néo-nazi est venu intimider les participant·e·s et a vandalisé de tags la façade de la Maison des Associations.

lundi 17 octobre 2022

Après Lyon, Annecy et Grenoble, ce samedi 15 octobre a vu se dérouler la première Pride à Chambéry. L’événement organisé par l’association LGBT+ Savoie a connu un beau succès numérique : entre 900 et 1 000 personnes étaient rassemblées pour cette marche des fiertés, célébrant la diversité de la communauté LGBTQIA+.

L’ambiance était à la fête dans les rues de la ville avec un show assuré par un DJ set. Le cortège fut émaillé de témoignages poignants de personnes ayant subi des violences LGBTphobes. En effet, comme le pointait du doigt l’association SOS homophobie] en 2020, les violences contre la communauté LGBTQ+, qu’elles soient physiques, verbales, sexuelles ou cybers, sont en hausse ces dernières années. Dans son dernier rapport basé sur les témoignages de victimes, l’association soulignait notamment que les signalements d’agressions physiques touchant en particulier les personnes trans avaient augmenté de 130% entre 2018 et 2019.

La marche, plus festive que politique, s’est achevée en musique dans l’un des parcs de la ville, puis les festivités se sont poursuivies dans la nuit. Or, les festivités ont été troublées par une dizaine de militants néo-nazis, arborant crânes rasés et t-shirts « siamo fascisti », qui ont adressé des saluts nazis aux participant.e.s en fin d’après-midi.

Plus tard, dans la nuit, la façade de la maison des associations] de Chambéry, où siège l’association LGBT+ Savoie, a été vandalisé de tags nazis et homophobes : « pour un monde sain et pur », accompagnés de croix gammées. Ce n’est pas la première fois que l’extrême droite s’en prend aux locaux des organisations associatives et politiques à Chambéry. Au début du mois, se sont les locaux du PCF qui avaient été la cible de graffitis antisémites

Ces attaques sont inacceptables et viennent rappeler combien l’extrême-droite, capable d’instrumentaliser les luttes LGBT à des fins racistes, est profondément homophobe et transphobe. Alors que la marche de ce samedi était centrée sur la dimension festive, cette offensive rappelle que, plus que jamais, la lutte pour nos droits est une lutte politique, qui implique un programme et un projet radical, anticapitaliste, pour en finir avec un système qui nourrit les oppressions et les discours réactionnaires. Une logique que l’on a pu retrouver ces dernières années lors des « Pride radicales » et qui doivent nous inspirer pour les prochaines manifestations pour nos droits !



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