^

Politique

#Anasse2022

Bordeaux. Au quartier Grand Parc, la candidature d’Anasse Kazib s’impose dans le paysage bordelais

Plus de 120 personnes se sont réunies ce vendredi au quartier du Grand Parc à Bordeaux pour participer à la réunion publique du candidat à l'élection présidentielle. Un succès inédit dans le quartier populaire bordelais qui marque une amplification de la campagne au moment où la dernière ligne droite pour imposer la candidature vient de débuter.

mercredi 9 février

Crédits photo : Bourgeon

120 personnes au quartier Grand Parc : la campagne bat son plein

En début de soirée de ce vendredi 4 février, plus d’une centaine de personnes se sont réunies à la salle municipale du quartier Grand Parc à Bordeaux pour assister à la réunion publique avec Anasse Kazib, candidat soutenu par Révolution Permanente à l’élection présidentielle. Une réussite inédite qui a amené un moment riche en discussions sur les problématiques que rencontrent les habitants des quartiers populaires et le programme que porte le cheminot pour y faire face. A la tribune pour accompagner Anasse Kazib, Marie-Laure Charchar, buandière au CHU de Bordeaux et secrétaire générale de la CGT blanchisserie et habitante à Sainte-Eulalie dans l’agglomération bordelaise, ainsi que Jahan Lutz, étudiant à l’Université Bordeaux Montaigne et habitant au quartier Palmer à Cenon en banlieue bordelaise, qui animait la soirée.

En guise d’introduction, Jahan revient rapidement sur l’état de la campagne Anasse Kazib 2022, qui réunit aujourd’hui des centaines de militants et sympathisants dans toute la France. Il raconte : « Cette réunion publique on l’a organisée avec les comités de soutien à la candidature d’Anasse qui participent à la campagne pour la faire connaître sur les universités et les lieux de travail, entre collage, tractage, l’organisation de meeting mais surtout en partant à la recherche 500 parrainages nécessaires pour que Anasse puisse se présenter. Dans cette course on est déjà à plus de 220 promesses de parrainages malgré les nombreux obstacles auxquels nous faisons face : black-out médiatique, refus des banques, manque de moyens ou encore le système antidémocratique en lui-même des parrainages. C’est un véritable parcours du combattant pour une petite organisation comme nous. Il faut prendre la mesure de ce que nous sommes en train d’accomplir, de ce que cela signifie d’être dans la course quand on présente un candidat ouvrier, issu de l’immigration et révolutionnaire parti de rien en France. Ceux qui nous connaissent le savent, nous avons une détermination infaillible et nous irons jusqu’au bout ».

En effet, la campagne bat son plein et la réunion publique de ce vendredi démontre une nouvelle fois à quel point cette candidature dialogue avec de larges secteurs de la population, de la jeunesse, du monde du travail et des quartiers populaires. Étudiants, cheminots, hospitaliers, coursiers, jeunes travailleurs mais aussi habitants du quartier ont répondu à l’invitation pour cette deuxième date centrale pour la candidature d’Anasse Kazib à Bordeaux. Enfin, des militants organisés ont répondu également présents, notamment le collectif pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, emprisonné à Lannemezan depuis des années, était présent : “C’est la première fois qu’un candidat prend position pour Georges, explique Isabelle. C’est important pour nous d’avoir un candidat à l’élection présidentielle qui le soutient et surtout qui est très clair sur cela. Entendre cette parole, ce soutien d’une nouvelle génération est important. J’adhère totalement, on entend à quel point il est convaincu et surtout convaincant. C’est un ouvrier, jeune et entouré de toute une jeunesse combative, c’est vrai que ça donne envie de lutter à ses côtés.”

À noter la présence remarquée de dix lycéens et collégiens qui participent grandement à la campagne depuis plusieurs mois au travers leur comité de soutien.

Une candidature inédite à l’extrême gauche pour dialoguer avec les aspirations des quartiers populaires

Durant près de deux heures les échanges se sont succédés en mettant au centre la nécessité de représenter les quartiers populaires en 2022, de porter une voix antiraciste et un projet révolutionnaire face à la radicalisation à droite du champ politique.

Dans son intervention, Marie-Laure explique pour elle l’importance d’une candidature qui pose les véritables problèmes que rencontrent les travailleurs et la jeunesse des quartiers populaires, et donc de porter un programme qui combat la précarité, le racisme structurel et les violences policières vécues au quotidien par ces populations. “J’ai moi-même grandi dans un quartier populaire à Floirac, je vois les quartiers populaires qui n’avancent pas et sont les grands oubliés des gouvernements antérieurs. Peu de programmes politiques parlent des véritables problèmes des banlieues, si ce n’est pour stigmatiser et criminaliser les jeunes des quartiers. Pourtant la réalité est autre : le mal-logement, les inégalités, la cassure sociale et la répression sont le quotidien de ces quartiers. Il faut rompre radicalement avec cela, la jeunesse et les travailleurs entassés dans les quartiers populaires ont le droit à une vie digne, à un accès à la santé, à l’éducation et un travail digne de ce nom.”

De la même manière, depuis la tribune Jahan explique : “J’ai la chance d’être étudiant, ce n’est pas le cas pour une partie de la jeunesse puisque seulement 10% des enfants d’ouvrier ont accès à l’enseignement supérieur”. En poursuivant : "Aujourd’hui plus d’un étudiant sur deux doit travailler pour pouvoir subvenir à ses besoins. Quand on voit les prix de l’immobilier à Bordeaux et le coût de la vie en général, il n’est pas étonnant de constater qu’un jeune sur 5 vit sous le seuil de pauvreté. Dans cette situation, les étudiants étrangers vivent la précarité plus profondément encore, occupant les emplois les plus précaires et n’ayant pas de bourse [...]. En augmentant les frais d’inscription, Macron veut restreindre aux classes populaires l’accès à l’enseignement supérieur et plutôt former les jeunes à être fonctionnels sur un marché du travail précaire ; pourtant notre génération à des rêves différents et se bat pour les réaliser. Nous défendons un projet radicalement opposé au leur, une université gratuite, ouverte à toutes et tous ! Aux étudiants étrangers, aux enfants d’ouvriers, aux travailleurs. »

Pour le candidat, faire sa réunion publique dans le quartier populaire du Grand Parc c’est affirmer "qu’il est faux de considérer que la métropole bordelaise est bourgeoise comme on voudrait nous le faire croire, c’est un territoire majoritairement populaire, de travailleurs, d’ouvriers, où on voit à quel point la question du mal logement et des inégalités sociales sont présentes”. Il explique aussi que porter la candidature d’un ouvrier des quartiers populaires c’est porter une candidature au visage de "la première et deuxième ligne qui ont été présentes durant toute la crise sanitaire, [...] proportionnellement 50% des gens qui sont morts du Covid-19 sont issus d’Afrique subsaharienne et du Maghreb parce que c’est nous qui vivons dans des appartements serrés, c’est nous qui avons des enfants qui travaillent... au début du confinement on n’avait ni masque ni gel et on continuait de travailler. La crise du covid-19 a été un accélérateur de particules pour les gens des quartiers populaires et on s’est rendu compte que cette classe ouvrière qui faisait tenir l’humanité était dans les quartiers".

De la même manière, ce sont les populations racisées des quartiers populaires qui ont subi en première ligne la gestion autoritaire et policière de la crise sanitaire par le gouvernement. Concluant l’une de ses interventions, Anasse tient à rendre hommage à toutes les victimes de violences policières, Zineb Redouane, Gay Camara, Adama Traoré, saluant en même temps une femme du public qui portait un tee-shirt "Justice et Vérité pour Adama" et affirme : "Si j’ai l’occasion d’avoir les 500 parrainages, je viendrai le jour du premier débat avec ce même tee-shirt. Et venir avec le tee-shirt d’un mec qui est mort sous le poids des gendarmes à Beaumont, dans un débat de la présidentielle de la cinquième puissance impérialiste mondiale, venir devant Macron avec cette vérité c’est hautement politique".

Plus profondément, pour le candidat, "cette candidature veut rompre avec le routinisme de l’extrême gauche et poser les questions du rôle de la gauche institutionnelle". En effet pour lui, l’énorme taux d’abstention dans les quartiers populaires et le basculement d’une partie vers l’extrême droite est la conséquence "des trahisons de la gauche institutionnelle depuis Mitterrand, ces politiciens de gauche qui font depuis des décennies des politiques de droite, à l’image de Pierre Hurmic aujourd’hui à Bordeaux qui poursuit le processus de gentrification de la ville. Les habitants des quartiers populaires ne sont pas imbéciles, systématiquement quand les classes populaires ont porté la gauche au pouvoir elles ont vécu au plus profond de leur chair les trahisons". C’est pour cette raison qu’il affirme ensuite, "en 2022 il faut qu’on ait une voix qui ressemble à nos vies, une candidature ouvrière issue de l’immigration dans un pays de comme la France, et qui pose les véritables sujets sur la table.

À Bordeaux comme partout en France, une nouvelle force politique s’installe dans le paysage politique

Comme le cite Anasse Kazib sur Twitter, c’est une nouvelle démonstration des militants de Révolution Permanente à Bordeaux, qui montre l’installation d’une organisation d’extrême-gauche dans le panorama politique régional. En effet, après avoir réuni plus de 450 personnes à Sciences Po Bordeaux le 24 novembre dernier, et cette fois-ci 120 personnes au quartier du Grand Parc pour discuter plus spécifiquement des problématiques posées dans les quartiers populaires, il est clair que la candidature d’Anasse Kazib connaît un réel intérêt dans la métropole bordelaise. Ainsi la campagne continue de battre son plein à Bordeaux, pour le candidat cela montre “le potentiel incroyable d’une jeunesse révolutionnaire dans la ville.”

Plus largement, meeting après meeting, la composition des salles des meetings d’Anasse Kazib reflète les dernières vagues de mobilisation et de lutte des classes. Si à Bordeaux la campagne prend de l’ampleur, la candidature d’Anasse Kazib permet de regrouper autour d’elle des jeunes et des travailleurs aux quatre coins de la France, comme en témoigne les réunions publiques à venir organisées à Nantes, Rennes, Lille, Strasbourg, ou celles qui ont eu lieu à Paris, Toulouse, Marseille, Montpellier, Le Havre, Metz et Chambéry.

D’autant plus durant la discussion, les soutiens à la candidature d’Anasse Kazib n’ont pas tardé de se faire entendre entre deux applaudissements chaleureux de la salle. "Car c’est une personne entière, franche, qui portera réellement nos luttes pendant les élections, et qui sera encore là à nos côtés, je soutiens profondément sa candidature" explique une étudiante du quartier juste après la réunion publique.

Avant de conclure de conclure Anasse Kazib a insisté sur le sens plus profond de sa candidature qui n’est pas simplement pour témoigner : "Au-delà même de la campagne présidentielle, comme le dit Youcef Brakni, je ne vais pas être président de la république, mais cette candidature doit servir à construire un bloc de résistance, un bloc révolutionnaire pour le futur. On ne va pas disparaître après les élections, nous devons nous organiser pour résister face à l’extrême droite, la précarité et l’ensemble des oppressions. C’est seulement au travers de la lutte que nous expulserons de nos vies la macronie, le néolibéralisme, l’extrême-droite et plus largement l’ensemble des exploiteurs. On veut faire rentrer nos luttes, nos résistances dans cette élection présidentielle, mais surtout nous allons au travers de cette campagne, de ses meetings et ses actions, construire ce bloc de résistance révolutionnaire pour notre avenir. ”

Pour finir, Anasse Kazib rappelle l’importance de se mobiliser pour que cette candidature puisse exister : “J’aspire modestement à représenter les gens d’en bas car tout simplement j’en fait partie et c’est pour ça que je vous parle avec mon cœur. Si cette candidature vous donne envie de vous mobiliser, aidez nous. Nous sommes plus que jamais dans la course malgré les multiples obstacles et le parcours du combattant que représente la récolte des 500 parrainages. Par notre détermination nous sommes en train de les briser et de nous imposer dans le spectre politique français. Je lance un appel à votre soutien, c’est grâce à celui-ci que nous serons présent sur la ligne de départ et nous comptons y être”



Mots-clés

#Anasse2022   /    Anasse Kazib   /    Quartiers populaires   /    Bordeaux   /    Politique