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Sous-traitance aéronautique

Blanc Aéro. Début de grève pour les salaires sur le site de Villefranche-de-Rouergue

Une grève spontanée a débuté dans la nuit de lundi à mardi sur le site de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron), chez le sous-traitant aéronautique Blanc aéro. En grève pour leurs salaires, la mobilisation a été reconduite face à une direction qui ne répond pas aux revendications.

Rafael Cherfy

25 octobre 2022

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Crédits photos : Facebook CGT Blanc Aéro Villefranche de Rouergue

Chez Blanc Aéro, filiale de Lisi Aerospace, numéro trois mondial des fixations aéronautiques, les salariés du site de Villefranche-de-Rouergue (Aveyron) sont entrés en grève dans la nuit de lundi à mardi pour des augmentations de salaires. C’est après une réunion de NAO (négociations annuelles obligatoires) organisée le 18 octobre, que la CGT avait prévu d’organiser une réunion d’information des salariés le lundi 24.

C’est dans la foulée de cette réunion que les salariés de l’équipe du soir ont spontanément massivement débrayé à partir de 22 h avec 95 % des salariés en grève selon un des grévistes. Sans même que les syndicats y appellent en amont, le mouvement de grève s’est ensuite prolongé à l’équipe du matin qui a fortement suivi avec celle de l’après-midi et du soir, se relayant pour tenir un piquet de grève devant l’usine. Suite au débrayage des salariés une délégation de l’intersyndicale CGT et CFE-CGC a été reçue par la direction en fin de matinée. Cela n’a pas été concluant et l’appel à la grève a été reconduit au lendemain avec un appel à une assemblée générale devant l’usine à 8 h.

Avant la grève, une consultation aurait été menée par la CGT pour aboutir à la revendication d’une augmentation de 220 euros bruts. Les propositions de la direction sont bien loin des attentes des salariés et la forte spontanéité de la grève montre l’étendue de la colère qui existe sur cette question, notamment dans un contexte d’explosion des prix.

Pourtant, le groupe propriétaire de Blanc Aero, Lisi Aerospace, est un géant de la métallurgie présent sur cinq continents avec 21 sites de production répartis dans 9 pays. Ce dernier avait imposé de nombreux efforts à ses salariés pendant la pandémie et malgré la reprise dans le secteur aéronautique, il ne concède aujourd’hui que des augmentations en dessous de l’inflation, ce qui revient tout simplement à une perte de salaire réel pour les ouvriers.

Les grévistes ont raison de se battre pour leurs salaires et il faut leur apporter toute la solidarité dans ce combat. C’est dans ce sens que la CGT AHG (Ateliers de la Haute Garonne), sous-traitant qui produit aussi des fixations aéronautiques a tenu à apporter leur soutien aux grévistes de Blanc Aéro. Si les deux entreprises sont « concurrentes » parce que leurs patronats respectifs se font la guerre sur un même marché, les salariés eux, qu’ils soient d’un sous-traitant ou de l’autre, connaissent les mêmes problèmes de bas salaires dans un contexte où l’inflation explose et ont des revendications communes.

Un exemple de solidarité ouvrière, qui plus est essentiel dans le secteur de l’aéronautique qui a été divisé depuis des décennies notamment par le développement de la sous-traitance. La grève que mènent les ouvriers de Blanc Aéro fait écho aux récentes luttes pour les salaires qui ont émergé dans le secteur aéronautique, notamment à Daher, Sabena Technics ou encore chez le donneur d’ordre Airbus avec une grève inédite sur la chaine d’assemblage de l’A320.

Des grèves pour ces mêmes questions de salaires qui montrent toute la colère qui existe dans le secteur. Une colère qu’il s’agit de coordonner pour gagner en rapport de force face à des patrons de l’aéronautique qui profite du fait que chacun lutte se mène entreprise par entreprise. Dans ce sens, sur le site de Safran à Bordes, les salariés sont en grève aux côtés des grévistes de Daher, un premier pas dans la construction de l’unité entre les différents sous-traitants aéronautique.


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