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Politique

La grande messe des bourgeois

"Banque des parrainages" : Bayrou au secours du régime pour sauver le filtre anti-démocratique

Ce jeudi matin sur BFM TV François Bayrou a annoncé ouvrir une plateforme qui vise à rassembler des "élus garants de la démocratie" pour obtenir des parrainages pour les candidats "de premier plan" qui n'arriveraient pas à obtenir les 500 parrainages. Une tentative de sauvetage de ce système antidémocratique qui vise à préserver le masque de la démocratie bourgeoise.

vendredi 11 février

crédit photo : Capture d’écran BFM TV

Sur BFM TV ce jeudi matin, François Bayrou s’est inquiété du fait qu’ « un nombre certain de candidats de premier plan dans cette élection, représentant des intentions de vote très hautes (...) sont menacés de ne pas recevoir le nombre de parrainages ce qui les empêcherait de se présenter ». Plus précisément, il trouverait « anormal » et « scandaleux » que Marine Le Pen ou Éric Zemmour, entre autres, ne puissent pas se présenter, malgré les "désaccords politiques".

Pour pallier ce problème, Bayrou, maire de Pau, a ouvert une « banque de parrainage démocratique » nommée Notre démocratie qui ambitionne de rassembler tous les élus qui partagent la même inquiétude avec, pour critère, que ces parrainages aillent au secours uniquement des candidats qui ont un score dans les sondages de plus de 10%. Ce « collectif des élus garants de la démocratie », loin de vouloir remettre en cause le filtre antidémocratique des parrainages, souhaite venir à son secours et le renforcer.

Avec sa banque de parrainages, Bayrou évalue la légitimité des candidatures sur la base des intentions de votes qu’elles reçoivent dans les sondages. Un critère totalement arbitraire et antidémocratique qui laisse en dernière instance à des instituts de sondages privés le soin de valider la légitimité des candidatures et leur possibilité d’existence dans les élections. Une manière d’écarter du débat les candidatures qui n’ont pas une visée purement électoraliste et qui ne disposent pas d’appareil conséquent ou institutionnalisé.

La démarche de Bayrou pose d’ailleurs question par d’autres aspects. Comment ces parrainages seront répartis entre ces candidatures ? Selon quelle priorité ? Le site de cette banque de parrainages indique que « les membres du collectif « Notre Démocratie » s’engagent à participer à une réflexion partagée sur les modalités de répartition des parrainages ». On peut difficilement faire plus vague. Indubitablement, avoir à sa disposition une réserve de parrainages dans un contexte où leur collecte est si difficile même pour des partis bien installés électoralement donne forcément un poids politique au président du Modem et soutien politique de Macron qu’est Bayrou.

Très consciente du rôle de polarisation mais également de contention sociale que jouent les élections, la classe politique a un besoin particulier d’en maintenir les apparences démocratiques. François Bayrou avoue ainsi redouter un « risque de déstabilisation, de perte de confiance, de sentiment que l’élection ne sera pas sincère ».

La question des 5OO parrainages est bien évidemment un problème démocratique majeur. Un candidat comme Jean-Luc Mélenchon de la France Insoumise, n’est pour l’heure même pas assuré, de pouvoir participer aux élections présidentielles. Le problème reste que Bayrou ne remet nullement en cause ce système mais décide d’appliquer un pansement sur une jambe de bois.

L’engouement hypocrite d’une partie de la classe politique pour la défense du « débat démocratique » dans laquelle s’inscrit Bayrou ne bénéficie qu’à une frange étroite des candidatures, les "gros candidats" qui disposent d’une couverture médiatique et sont tous plus ou moins adaptés au régime. Toutefois, ce « débat démocratique » a ses limites. Il est hors de question de permettre à une candidature porteuse d’une colère qui s’est manifestée dans divers secteurs de la société à l’image de celle d’Anasse Kazib d’aller porter son discours à la présidentielle.

Bayrou entend sauver ce système garant de la démocratie bourgeoise en le légitimant, présentant la difficulté d’accès aux parrainages comme un « accident démocratique. Sa solution n’est que l’ajout d’un nouveau filtre au processus de recherche des parrainages. A ce jour, seuls Macon, Pécresse et Hidalgo ont obtenu les 500 parrainages nécessaires. Si 30 à 40% de l’électorat ne pouvait pas voter pour son candidat de choix, cela couterait cher aux tenants du système et Bayrou en est très conscient.

La proposition de Bayrou a au moins le mérité de montrer une nouvelle fois, si certains en doutaient encore, que le système des 500 parrainages est profondément anti-démocratique et au service des partis du régime. Une chose est sûre une candidature combative et subversive à l’image de celle d’Anasse Kazib ne bénéficiera pas du « soutien démocratique » conditionné aux 10% dans les sondages de la banque de parrainages de Bayrou.

Alors que la présence d’Anasse Kazib, malgré les efforts militants et financiers consentis, n’est pas à ce stade encore garantie, nous appelons tous les élus qui pensent qu’Anasse Kazib a sa place dans ces élections présidentielles à parrainer sa candidature.

Cheminot, travailleur aux 3-8, figure de proue des luttes qui se sont succédées depuis 2016, fils de chibani et petit-fils de tirailleur marocain ayant grandi dans la cité rose de Sarcelles et à l’initiative de plus d’une dizaine de meetings qui ont fait salle comble depuis plusieurs mois, il est l’un des visages d’une nouvelle génération militante qui rassemble le combat contre un système capitaliste profondément injuste et la lutte contre le racisme, le sexisme et la destruction de la planète. Malgré le verrou démocratique, Anasse Kazib doit être de l’élection présidentielle. Pour qu’il puisse être présent sur la ligne de départ, rejoignez la collecte des parrainages dans la dernière ligne droite !



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