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Politique

Réforme de l'assurance chômage

Baisse des indemnités selon la conjoncture : une offensive austéritaire majeure contre les chômeurs

A l’Assemblée Nationale, la rentrée a été placée sous le signe des contre-réformes. Dans le cadre de la discussion sur la nouvelle attaque anti-sociale contre l’assurance-chômage, les députés ont voté mardi soir la modulation de la durée d’indemnisation selon la conjoncture.

mercredi 5 octobre

Crédits : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Après le premier volet de la réforme pour modifier le mode de calcul de l’allocation chômage et baisser les pensions, le coup d’envoi de la saison II qui prévoit de renforcer le contrôle des chômeurs est officiellement lancé. Deux jours après la rentrée parlementaires, les députés ont décidé de ne pas chômer… à propos des chômeurs.

Mardi soir, ils ont voté la mesure clé du projet de contre-réforme de l’assurance-chômage 2.0 qui ouvre la voie à une possible modulation de la durée d’indemnisation selon la situation du marché du travail. L’Assemblée nationale a adopté en première lecture par 203 voix contre 165, le premier article du projet de loi sur l’assurance-chômage

Cet article permet de proroger les règles actuelles de l’assurance-chômage, issues d’une première contre-réforme du précédent quinquennat Macron. Il ouvre aussi la possibilité, par décret, de moduler l’assurance-chômage afin « qu’elle soit plus stricte quand trop d’emplois sont non pourvus, plus généreuse quand le chômage est élevé » selon la communication répétée en boucle par Emmanuel Macron et le gouvernement.

Alors que le patronat ne cesse de répéter à longueur de journée qu’il manque de main d’œuvre et que les entreprises peinent à recruter, il n’existe que peu de doutes quant au sens que prendra cette mesure une fois appliquée. À savoir, la baisse des indemnités de chômage et le durcissement des modalités d’éligibilité. En d’autres termes, l’objectif est clair : constituer une main d’œuvre précaire et corvéable au patronat. En effet, les chômeurs seront obligés d’accepter des boulots moins bien payés et de moins bonnes conditions de travail pour éviter de vivre sans indemnité.

Les modalités de cette nouvelle forme de l’assurance chômage seront décidées à l’issue d’une phase de discussion et de concertation de six à huit semaines avec les directions syndicales et patronales et appliquées par décret pour une entrée en vigueur début 2023. En résumé, les députés ont voté un article qui ne prévoit rien de concret et laisse les mains libres au gouvernement, sous prétexte de négociations sur lesquelles le gouvernement pourrait passer outre à coup de décret.

Du côté des directions syndicales, alors que la réponse devrait être à la hauteur de cette attaque historique, il est fort probable qu’on les retrouve à la table des négociation de Dussopt and Cie, tant celles-ci semblent n’attendre rien d’autre que des invitations à venir « discuter ».

En d’autres termes, si le gouvernement rêve de passer cette réforme en douceur et sans provoquer de mobilisation, l’urgence est à rompre avec le dialogue social. Le chômage est une des pires irrationalités du système capitaliste qui condamne une partie des travailleurs à la misère et les autres à se tuer au travail. C’est à un acquis historique du mouvement ouvrier pour s’en protéger que s’en prennent Macron et ses députés. Aucune négociation ne peut être acceptée pour revoir à la baisse et détruire cette protection !

L’ampleur de l’attaque appelle à une réponse du même calibre. Alors qu’une colère s’exprime dans le pays sur les salaires à travers plusieurs grèves, notamment dans le secteur de la pétrochimie mais aussi dans celui de l’automobile, il faut imposer aux appareils syndicaux de mettre toute leur énergie à la construction d’un véritable plan de bataille d’ensemble qui pose conjointement la question des salaires et de la riposte à mener face aux contre-réformes de la Macronie. Un plan pour passer à l’action et pour gagner !



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