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Politique

Intérêts des riches

Avant de toucher des millions de l’Etat, McKinsey a travaillé gratuitement pour Macron

Alors que McKinsey est au cœur de la polémique autour des cabinets de conseil, Médiapart révèle que les relations avec Macron ont débuté par des prestations gratuites à l'époque où il était ministre. On connaît la suite de l'histoire : Mckinsey jouait un rôle important dans les contre réformes en échange de contrats publiques juteux.

jeudi 31 mars

Crédit photo : afp.com/GONZALO FUENTES

Les scandales autour du cabinet McKinsey continuent d’enfler et le gouvernement sort aujourd’hui sur tous les fronts pour se justifier et étouffer la polémique. Si le recours aux cabinets de conseils est une discussion inconfortable en soi pour le gouvernement, elle est renforcée par de nombreuses pratiques décriées de Mc Kinsey : entre les factures pour des évènements qui n’ont jamais eu lieu, les quasiment 4 millions pour conseiller de baisser de 5euros les APL ou encore le fait que McKinsey ne paierait aucun impôt en France.

L’épine semble grosse pour la macronie, d’autant plus que tous cela fait ressurgir un bilan quinquennal anti-sociale que le candidat-président pourrait se passer à moins de deux semaines des élections.

De nouvelles révélations de Mediapart viennent ce jeudi enfoncer le clou : à plusieurs reprises le cabinet Mc Kinsey aurait travaillé gratuitement pour assister Macron à l’époque où il était ministre de l’économie. Finalement, le parcours de l’actuelle président est allé de pair avec un cabinet qui a su se placer et développer une « stratégie d’influence ».

Ce sont d’anciens collaborateurs du cabinet qui révèlent à Médiapart les pratiques et relations de l’époque. On parle essentiellement de conseil dans le cadre du ministère de l’économie que dirigeait Macron, mais aussi d’assistance au lancement du mouvement En Marche à la veille de la présidentielle.

En effet, si c’est « sans contrat ni rémunération » que le cabinet à commencer à œuvrer auprès de Macron, Médiapart pointe notamment le rôle de Karim Tadjeddine, qui suite à ces premières collaborations en parties bénévoles s’est retrouvé responsable du pôle « Secteur public » de la filiale française, c’est-à-dire en charge des contrats avec l’État - fraichement dirigé par Emmanuelle Macron. Par la suite, les relations n’ont fait que s’amplifier avec le cabinet.

Médiapart poursuit son enquête et ajoute des éléments aux publications du journal Le Monde sur les proximités, voir les transfuges entre les équipes macronienne et des membres du cabinet. Pour ne citer qu’eux, Paul Midy, désormais directeur général du mouvement, Ariane Komorn, chargée du pôle engagement jusqu’en 2021 ou encore Mounir Mahjoubi, secrétaire d’État au numérique, sont des anciens salariés de Mc Kinsey. On peut aussi parler d’Éric Labaye, le dirigeant de McKinsey nommé à la tête de Polytechnique par Macron. Ou encore l’ancien patron des Jeunes avec Macron, Martin Bohmert, qui a finalement rejoint le cabinet McKinsey.

Ces « pantouflages » ne sont évidemment pas nouveaux, mais viennent rappeler que dans leur monde, les mécanismes d’enrichissement collectifs et d’enjeux de pouvoir, sont la norme. Si aujourd’hui le gouvernement se victimise en dénonçant une tentative de déstabilisation du Sénat, c’est en réalité l’ensemble de ces politiciens qui se retrouvent aujourd’hui mouillé dans des relations avec des entreprises de conseil privé. Pour rappel, un autre cas de pantouflage vient donner un bel exemple : celui de Maël de Calan, « associate partner » chez McKinsey France qui était lui ancien membre du bureau politique de l’UMP, et conseiller d’Alain Juppé.

Ces scandales viennent confirmer quelques choses que nous savions déjà, les gouvernements successifs roulent pour les grands patrons, les grands patrons roulent pour les gouvernements et les cabinets de conseil encouragent l’ensemble à coup de slides et de facture sur le dos de l’argent public.



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