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Aucune coupure d’électricité en hiver ? Le fact-checking mensonger de BFM TV

Lors du débat entre Mélenchon et Zemmour sur BFM TV, une journaliste a voulu corriger le candidat de la France Insoumise au sujet des coupures de courant pendant la trève hivernale, en déclarant qu’aucun foyer n’est laissé sans électricité. Un mensonge criant, qui révèle les limites du fact-checking de BFM TV, quand Zemmour multipliait les propos racistes sans contradiction.

vendredi 24 septembre

Invité hier soir sur le plateau de BFM TV, Jean-Luc Melenchon a déclaré que de nombreuses personnes en situation de précarité étaient contraint.e.s de passer l’hiver dans le noir. Au mépris de toute réalité, l’équipe de fact-checking de BFM l’a corrigé, expliquant que, puisqu’il est interdit aux fournisseurs de couper le courant durant la trêve hivernale, alors il est impossible que des foyers se retrouvent sans électricité.

Aucune coupure d’électricité en hiver : le mensonge de BFM

Une remarque en décalage complet avec la situation de milliers de personnes qui vivent l’hiver sans électricité à cause des pratiques illégales des compagnies d’électricité. En effet, même si les coupures de courant sont interdites par la loi, elles sont régulières dans les faits. Les entreprises qui fournissent de l’énergie, qu’il s’agisse de Engie, Total Direct Energie ou Eni, n’hésitent pas à couper l’accès à l’électricité, ou à le réduire drastiquement. Aussi, la réglementation sur la trêve hivernale, n’est pas suffisante, car il est fréquent que ces compagnies anticipent des retards de paiement, et se débarrassent de familles pauvres quelques jours avant le début de la trêve. On voit donc que cette vérification n’a aucune prise avec la réalité et invisibilise à la télé les multiples facettes que prennent la précarité économique tout en faisant passer la loi comme un garde-fou efficace.

Le principe même du fact-checking à BFM est purement cosmétique dans un débat qui sans surprise, a ouvert un boulevard à Zemmour pour qu’il vomisse ses déclarations racistes et ultra libérales. L’ancien journaliste a ainsi qualifié d’ « obèse » l’État français : « Le modèle social a renoncé à ces deux principes : lier les contributions au travail et nous sommes passés d’un système de répartition à un système d’assistanat. » Une déclaration anti-pauvres logique pour le candidat d’extrême droite, qui souhaite notamment réduire les impôts et les charges sociales.. Cette sortie est aussi légitimée par le fact-checking sur les logements sans électricité, car ce dernier sous-entend aussi que l’État Providence donne si ce n’est trop, du moins suffisamment avec des lois comme celle de la trêve hivernale.

Qui laisse Zemmour développer son racisme pendant 2 heures

Comme l’écrit le Bondy Blog en parlant de Zemmour : « Pas une fois repris sur sa xénophobie, le multirécidiviste a néanmoins été corrigé sur les chiffres de l’immigration et des exilés par la cellule fact-checking de BFM. L’honneur de la profession est sauf. On humilie l’humain, mais avec les bonnes statistiques. ». En effet, si Mélenchon a été repris sur la question de la fracture sociale, Zemmour avait une pleine liberté pour développer son idéologie. Le polémiste habitué aux sorties chocs a donc annoncé que « Tous les terroristes sont des musulmans ». Ces propos sont totalement faux et pas besoin d’un fact-checking très poussé pour le savoir : il y a eu de nombreux attentats orchestrés par l’extrême droite et les néo-nazis. Le 21 septembre, cinq membres du groupuscule néonazi Honneur et Nation ont été interpellés et placés en garde à vue pour soupçon d’attentat contre une loge maçonique. Le même jour, le procès de six ex-membres d’un groupuscule d’ultra-droite, l’OAS, s’ouvrait pour deux semaines pour soupçons d’attentats visant Christophe Castaner, Jean-Luc Mélenchon, ou encore des personnes musulmanes, visées en raison de leur religion.

Malgré tous ces faits, personne n’a corrigé les propos mensongers d’Eric Zemmour sur le plateau, Une situation qui reflète le manque d’intérêt des médias pour parler du terrorisme d’extrême-droite et des actes de suprématisme blanc, mais qui n’est pas propre uniquement à BFM TV. De RTL à France 2 en passant par CNEWS, ces derniers ont favorisé la droitisation du discours politique en cours, et la progression du racisme décomplexé sur les plateaux télés. Une dynamique dont le cas d’Éric Zemmour est l’exemple le plus criant. La réalité c’est que cela fait déjà une quinzaine d’années que Zemmour jouit d’une visibilité totale en étant invité sur tous les plateaux télé, notamment ceux des chaines de Bolloré. Sa candidature est la conséquence directe de son omniprésence dans les médias, grâce à laquelle il a pu diffuser la théorie du grand remplacement, théorie qui consiste en réalité à une menace de déportation de millions de musulmans.

On voit ici clairement le caractère hypocrite du fact-checking de BFM, par lequel laquelle la chaîne pense sauver son honneur. Corriger quelques statistiques grossièrement inventées par Zemmour ne suffit pas à masquer les 2 heures de racisme, d’islamophobie et d’incitation à la haine qu’elle a toléré.
Une situation qui va être amenée à se répéter, tant les médias sont fascinés par Zemmour. Ceux détenus par Vincent Bolloré se démarquent en la matière en faisant clairement campagne pour le polémiste, à l’image de Pascal Praud sur Cnews, mais aussi de Touche Pas à Mon Poste. On l’a vu lorsque Anasse Kazib, candidat pour 2022, a été invité sur le plateau de la semaine dernière pour parler de Zemmour, et s’est heurté à l’hostilité des chroniqueurs et du présentateur, qui soutenaient tous Zemmour.

A rebours de toute cette vague raciste et islamophobe appuyée par les médias, nous essayons de porter une autre voix dans cette campagne pour l’élection présidentielle de 2022, à travers la candidature d’Anasse Kazib : « Nous on va parler d’impérialisme français sur TF1 ! »




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