Campagne présidentielle de Philippe Poutou

Le flou et l’indéfinition érigés en stratégie

Jean-Philippe Divès

Le flou et l’indéfinition érigés en stratégie

Jean-Philippe Divès

« Relayer une colère », « faire entendre un camp social », « défendre un programme anticapitaliste »… mais encore ? Que propose le candidat du NPA à l’occasion de sa troisième campagne présidentielle ?

« C’est difficile pour nous parce qu’on est un petit parti, on n’est pas si fort que ça (…) parce que notre camp social, lui aussi, n’est pas si fort que ça, et la fragilisation du NPA ou de l’ensemble des organisations militantes (…) c’est vachement lié à cette fragilité de notre camp social, on manque de confiance, on manque de détermination, de sentiment qu’on peut changer les choses », affirmait Philippe Poutou dans son intervention au meeting parisien du NPA, le 21 octobre dernier.

Un tableau bien sombre

Avant d’ajouter, notamment, qu’« on est dans une période qui est terrible, on voit bien que plus le rapport de forces est en leur faveur et donc, du coup, en notre défaveur, on voit bien la marge de manœuvre qu’ils ont, ces gens-là, il n’y a pas de limites, et quand ils peuvent écraser ils écrasent. » Et encore : « Derrière ce problème de la répression, d’autoritarisme, c’est aussi l’évolution des idées dans la société, et c’est aussi la dérive profondément réactionnaire (…) à part les attaques frontales sur le front social on a aussi une extrême droite qui se renforce (…) du racisme, le sexisme, l’homophobie, et c’est une pression considérable (…) cet ordre moral, ces préjugés réactionnaires… »

Loin de nous l’idée de nier les difficultés de la situation et, dans ce cadre, le fait que l’espace politique soit aujourd’hui dominé largement par des discours réactionnaires. Mais le tableau que dresse le candidat du NPA apparaît si sombre, si désolant, qu’il est permis de se demander si ce n’est pas, à l’inverse, « la fragilisation » de son organisation qui affecte sa perception de la réalité.

Bien au-delà des frontières nationales, nous traversons une crise générale et multiforme – économique et sociale depuis 2008, écologique avec en particulier les conséquences toujours plus graves du réchauffement climatique, épidémiologique depuis maintenant deux années. La bourgeoisie réagit à cette crise par une offensive, tout aussi générale et multiforme, contre les conditions d’existence des classes populaires, ce qui provoque de grandes mobilisations ouvrières et populaires mais aussi, en contrecoup, des processus de radicalisation à droite et à l’extrême droite.

Un cas frappant est aujourd’hui celui du Chili, où une révolte populaire très combative et prolongée, parce qu’elle est restée dépourvue de réelle perspective politique, est maintenant suivie d’un premier tour d’élection présidentielle où arrive en tête un candidat ultra-réactionnaire, nostalgique affirmé du régime de Pinochet. Dans l’autre sens, le coup d’État de droite en Bolivie a fait long feu – même si un résultat est aujourd’hui que le nouveau gouvernement « populaire » s’est engagé plus fermement à suivre les politiques d’austérité. Plus près de nous, dans l’État espagnol, on assiste simultanément à un renforcement de la droite et de l’extrême droite, et au resurgissement de la radicalité ouvrière à travers la grève pour les salaires des métallurgistes de Cadix, qui se sont affrontés dans la rue aux forces de répression dépêchées par le gouvernement « de gauche ».

Ce n’est pas que l’on assisterait – comme beaucoup de responsables trotskystes avaient coutume de le dire dans un passé pas si lointain – à une « course de vitesse » entre le fascisme et la révolution socialiste. Ni l’un, ni l’autre ne sont concrètement à l’ordre du jour dans un avenir prévisible. Un gouvernement autoritaire de droite extrême ou d’extrême droite (Trump, Bolsonaro, etc.) n’est pas le fascisme. Et faute d’une perspective socialiste, les révoltes de masse, voire les révolutions partielles qui renversent certains régimes politiques, ne menacent pas directement le système capitaliste. En revanche, la période actuelle est grosse du type de phénomène et de retournement que l’on observe au Chili et ailleurs. Comprendre cette situation et ses contradictions est indispensable si l’on éviter de sombrer dans l’impressionnisme au premier tournant brusque qui survient dans un sens ou dans l’autre.

Philippe Poutou reprend en fait l’idée d’un « tournant à droite de la société », qui est fortement enracinée dans la sphère médiatique comme dans une série de milieux militants. On peut signaler, à ce sujet, la réponse fine et pertinente de la politiste (professeure de sciences politiques) Florence Haegel, dans un chat réalisé le 1er décembre 2021 par Le Monde, à un intervenant pour qui la droitisation du parti LR correspondrait au fait que « les Français en général sont de plus en plus à droite » :

« Il faut d’abord s’accorder sur ce qu’on désigne par ‘‘droitisation’’. Parle-t-on de l’opinion publique, des programmes et des discours de droite, ou de la mobilisation de segments de droite à l’image de La Manif pour tous ? De manière générale, on ne constate pas de droitisation sur toutes les thématiques. En revanche, on peut parler d’une polarisation avec des écarts idéologiques de plus en plus grands entre des opinions irréconciliables. Les partis politiques ont aussi une responsabilité car l’offre politique crée aussi une demande politique, et donc s’ils prennent des positions plus à droite, l’électorat va aussi devenir, de fait, plus à droite. »

Où sont les grèves ?

Le discours du candidat NPA n’est certes pas exempt de contradictions. On entend ainsi au détour d’une phrase, après un développement selon lequel la bourgeoisie et son gouvernement, du fait de la supposée inaction des masses, avanceraient comme un rouleau-compresseur, que « le gouvernement est discrédité, il ne lui reste que la police, il n’a plus aucun crédit en dehors de ça ». Comprenne qui pourra.

De même, Philippe Poutou reconnaît qu’« il y a des tas d’exemples, dans telle ou telle ville, de lutte, on sait très bien que tout le monde n’est pas résigné, que l’envie d’en découdre (…), la conscience qu’on a intérêt à prendre nos affaires en main, c’est une réalité aussi. » Il y a également « la lutte féministe, les luttes LGBTI (…) les luttes antiracistes », et même… « un risque d’explosion sociale » ! Quoique, s’empresse-t-il d’ajouter, « le rapport de forces global fait que la majorité, quand même, a plutôt tendance à subir, à baisser la tête ».

Le plus frappant est peut-être que le NPA et son candidat paraissent n’avoir rien à dire sur les combats que les exploité-e-s et les opprimé-e-s mènent concrètement – et aujourd’hui même, comme dans la grève des salariés de Leroy-Merlin ou celle du technicentre SNCF de Châtillon : leurs modes d’action et d’organisation, leurs objectifs et revendications, comment les faire aboutir. Comme si ces questions ne devaient pas concerner l’organisation politique, mais uniquement le mouvement syndical ou social.

La même chose peut être dite au sujet des grands combats de classe, d’ampleur nationale, qui se sont succédé depuis la dernière élection présidentielle : le mouvement national de grève de la SNCF au printemps 2018, très suivi mais verrouillé dès la départ par les bureaucraties syndicales avec leur stratégie perdante du « deux jours sur cinq » ; la mobilisation des Gilets jaunes, dont la détermination a marqué la situation politique et sociale de la fin 2018 et du début 2019, mais qui, boycottée par les bureaucraties syndicales et la gauche bien-pensante, n’a finalement pu arracher que des miettes ; un an plus tard, le mouvement en défense des retraites, avec pour épicentre la grève à la RATP et à la SNCF que, cette fois, l’auto-organisation a contribué à garantir, notamment à travers l’action de la « Coordination RATP-SNCF ». Si l’on veut contribuer à mobiliser notre classe et à tracer des perspectives, n’est-il pas utile de tirer des enseignements de ces mouvements ?

Soulignons, à propos du dernier grand combat en date, que la contre-réforme des retraites concoctée par le gouvernement Macron-Philippe a fini par être abandonnée. Certes, la pandémie de Covid-19 s’est entretemps « invitée », et Macron annonce une autre contre-réforme des retraites s’il est réélu en 2022. Mais sans l’immense mobilisation ouvrière et populaire de 2019-2020, le projet précédent, qui avait été voté au parlement, aurait à cette heure été promulgué. Preuve s’il en est que tout dans la situation n’est pas que défaites inexorables.

Candidature de témoignage ?

Le terme est surtout utilisé par des militants ou sympathisants LFI qui craignent (il faut le dire, bien à tort) que la candidature Poutou, alors même qu’elle « ne peut pas gagner », empêche leur champion d’« accéder au second tour de l’élection présidentielle ». Leur frustration est d’autant plus marquée que Philippe Poutou et LFI s’étaient présentés unis lors des municipales à Bordeaux, puis des élections régionales en Nouvelle-Aquitaine – pourquoi alors n’est-ce pas le cas à la présidentielle ?

C’est l’occasion de souligner qu’au moins Philippe Poutou, même de façon très générale et souvent abstraite, parle d’expropriation, de socialisation, ainsi que de révolution et de renversement du capitalisme. Tout cela est évidemment loin des préoccupations de Mélenchon, et en fait directement opposé à son projet et ses intentions.

Le candidat du NPA, cette fois dans son interview donnée le 16 novembre à France Inter, affirme également qu’« il faut un mouvement des Gilets jaunes puissance 10, il faut à nouveau redescendre dans la rue et se battre vraiment. » Quand bien même l’injonction à « se battre vraiment » paraît un peu péremptoire, on peut adhérer à ce type de perspective. Mais encore une fois, pourquoi ne rien dire ici des luttes ouvrières, de la généralisation, la coordination et l’auto-organisation des grèves, de la perspective d’une grève générale ?

Il faut admettre que sous une série d’aspects, la campagne Poutou revêt effectivement un certain caractère « de témoignage ». C’est apparu dès la conférence de presse de lancement de sa candidature, le 30 juin dernier, lorsque son objectif a été décrit comme de « faire exister un camp social qui n’existe pas en réalité, qui est invisibilisé. C’est parler, faire entendre, relayer une parole, une colère, c’est mener ces batailles là pour montrer qu’effectivement, il n’y a pas de fatalité dans ce système là (…) il y a un camp qui souffre, qui trinque, et qui est de plus en plus écrasé. Donc c’est ce camp qu’on veut faire entendre ». Ou, plus récemment, quand il déclare qu’il s’agit de « relayer des luttes sociale, des résistances, défendre à la fois un programme de rupture, un programme anticapitaliste, mais en même temps défendre des perspectives autres que de se résigner ou de subir une crise telle qu’on la subit aujourd’hui. C’est un appel à la résistance, à la lutte, et puis c’est de rendre visible un camp social qui souffre » (France Inter, 16 novembre).

Le problème dans ce cas est que dire aux travailleurs ce qu’une grande partie d’entre eux savent déjà, sur la base de leur propre expérience, présente un intérêt assez limité. Le rôle des révolutionnaires n’est pas de convaincre de la nécessité de lutter mais de préparer les luttes, qui dans leur grande majorité surgissent indépendamment d’eux, puis de les orienter en proposant des objectifs et des perspectives, en éclairant les enjeux, en offrant une politique qui permette de surmonter les obstacles.

L’« unité » et ses contenus

Lors de ses passages dans les médias, le candidat du NPA a été régulièrement interrogé sur la « division de la gauche radicale » avec la multiplicité de ses candidatures, ses interlocuteurs citant Jean-Luc Mélenchon, Nathalie Arthaud et, pour certains, Anasse Kazib ou Fabien Roussel. La première chose qui frappe est que dans ses réponses, Philippe Poutou place systématiquement Mélenchon et Nathalie Arthaud sur le même plan, en évoquant ses divergences avec l’un et l’autre sans faire aucune différence entre les positions réformistes du premier et révolutionnaires de la seconde : « Entre Mélenchon, Lutte Ouvrière et nous, il y a des désaccords importants et ce qui serait bien, c’est qu’on puisse discuter de ça » (« À l’air libre, la quotidienne de Mediapart », 18 octobre 2021). Sans préciser ce que sont les dits désaccords et en indiquant par ailleurs qu’« on a quelque chose à dire qui est différent (…) en complémentarité, je ne sais pas, ou si en confrontation (…) ce n’est pas des adversaires, mais comment on peut faire en sorte qu’il y ait une discussion politique » (« La Midinale » de Regards, 7 juillet).

S’agissant de Jean-Luc Mélenchon, les seules critiques qui lui sont adressées concernent, d’une part, sa croyance en la vertu transformatrice de l’éventuelle élection de sa propre personne (d’ailleurs, il a été membre du gouvernement de Jospin, se revendique toujours de Mitterrand et « on a vu ce que ça a donné »), d’autre part, le fait que le chef de La France Insoumise ait lancé sa candidature sans avoir auparavant consulté le NPA : « Vous avez vu comment chacun a son écurie, comment chacun part (…) Mélenchon, il est parti comment ? Est-ce que quand il est parti, Mélenchon, il a dit ‘‘(…) Venez, est-ce qu’on peut partir ensemble, et sur quelles bases ? Non, Mélenchon a dit ‘‘moi je pars’’ » (Mediapart, 18 octobre).

Pas un mot sur son programme – c’est-à-dire le programme de sa formation politique – et surtout, dans ce cadre, rien qui soit susceptible de contrarier les militants LFI, pour lesquels Philippe Poutou n’a que louanges, en prenant soin d’évoquer de façon répétée l’alliance fraternelle et fructueuse des élections municipales à Bordeaux puis des régionales en Nouvelle-Aquitaine.

Dans son meeting du 16 novembre à Paris, le candidat a affirmé, après sa description apocalyptique des difficultés de la situation sociale et politique, que l’on « peut reconstruire des luttes unitaires, ensemble, avec d’autres, et bien au-delà du NPA, et même y compris bien au-delà des révolutionnaires. » Ce propos, qui peut a priori sembler anodin, est en fait doublement erroné. La première raison, déjà signalée, est que ce ne sont pas les militants, même révolutionnaires, qui peuvent par eux-mêmes construire ou reconstruire les luttes, et encore moins les grands mouvements de classe, même s’ils ont à jouer un rôle très important de préparation puis, lorsque le mouvement est engagé, d’orientation et de direction.

La seconde raison est que pour remplir ce rôle, outre que les militants « radicaux » n’ont pas les mêmes prédispositions selon que leur centre de gravité est les élections et institutions ou le terrain de la lutte des classes, il est impossible de compter sur les appareils réformistes et bureaucratiques, dont les objectifs et méthodes s’opposent le plus souvent à la victoire des mobilisations, et souvent aux mobilisations elles-mêmes. C’est pourquoi « l’unité » avec les courants réformistes (mais pas nécessairement les membres de leur base militante) pour « reconstruire des luttes » est une illusion. Autre chose étant l’unité d’action – parfois ou souvent conflictuelle – dans la lutte une fois que celle-ci est engagée.

La grande absente du discours de la campagne Poutou est cependant la bureaucratie syndicale (en fait, les différentes bureaucraties syndicales), dont l’action et le rôle sont totalement ignorés, comme si Martinez et compagnie ne jouaient pas en permanence un rôle de frein des mobilisations ou de déviation, dislocation de ces dernières lorsqu’elles deviennent à leur goût trop radicales. Il y a de ce point de vue une vraie rupture avec ce qui avait été la tradition de la LCR puis du NPA des origines, qui non seulement reconnaissait l’existence de ces bureaucraties mais considérait qu’elles avaient, pour le moins, une « double nature » ou fonction, en répondant d’un côté à la pression des salariés et de l’autre à celle du système économique et de l’ensemble des institutions dont leurs membres tirent les privilèges qui les différencient de la masse des salariés.

Soit cette absence s’explique par une très mauvaise compréhension des dites « traditions de la Charte d’Amiens », conduisant à séparer d’une cloison étanche ce qui relèverait d’un côté de « la politique » et des institutions, et serait réservé aux « partis », de l’autre du syndical, du « social » et qui serait de la seule responsabilité des organisations portant de façon spécifique et immédiate ces revendications. Soit cela signifie que pour Philippe Poutou et le NPA, les bureaucraties n’existent pas. Soit, si elles existent, elles feraient partie (et pleinement, sans nulle restriction) de ce qu’ils appellent « notre camp social ». Plus probablement s’agit-il des deux. Quoi qu’il en soit, cette « omission » suffit à invalider tout ce discours sur la « reconstruction des luttes ».

Pour couronner le tout, on apprend que le « regroupement 3-4 octobre », c’est-à-dire le courant de l’ancienne première minorité du NPA (dont Philippe Poutou est membre), redevenue majoritaire dans cette organisation après l’exclusion des militants regroupés autour de Révolution permanente, vient de signer un appel « unitaire » intitulé « Se fédérer ». Ce texte spécialement indigent appelle à « former une ‘‘maison commune’’, un espace commun, coopératif et pluraliste » « pour arriver à la nécessaire rupture avec le système capitaliste ». Hors l’ancienne/nouvelle majorité du NPA, les signataires incluent divers petits courants, regroupements, collectifs, tous plus ou moins clairement réformistes, ayant pour point commun de refuser de se ranger derrière Jean-Luc Mélenchon.

On note parmi eux la présence de l’« Association des communistes unitaires », héritière du défunt mouvement des « Refondateurs communistes ». Membre d’Ensemble (ancienne composante de feu le Front de gauche), cette association a parmi ses représentants l’ancien dirigeant du PCF et directeur de L’Humanité, Pierre Zarka. Si cela attire un peu l’attention c’est parce que la LCR, dans sa période de plus grande déliquescence, entre le milieu des années 1980 et celui de la décennie suivante, avait passé son temps à courtiser, sans résultat, d’abord les « Rénovateurs communistes » (dont le porte-parole, Pierre Juquin, avait été son candidat « unitaire » à la présidentielle de 1988), ensuite les « Refondateurs communistes » qui leur avaient succédé.

On peine à croire qu’une telle répétition de l’Histoire sous forme de caricature serait désormais à l’œuvre. Plus probablement il s’agit d’un signal, adressé à la mouvance « à gauche de la gauche » non mélanchoniste et, au-delà, à des secteurs de LFI, où les spéculations vont bon train sur ce que pourrait être un « après-Mélenchon », de la disposition de la majorité du NPA à liquider ses derniers oripeaux révolutionnaires pour rejoindre une nouvelle formation « non délimitée stratégiquement » (selon la formule inventée dans les années 1990 et 2000 par son courant international, le « Secrétariat unifié de la Quatrième Internationale »), c’est-à-dire ni révolutionnaire ni réformiste, ni chair ni poisson mais dans l’indéfinition quelque part entre les deux.

« Construire un parti révolutionnaire n’est pas notre projet »

Cette orientation, là encore, avait été annoncée dès la conférence de presse (dont la référence est indiquée plus haut) de lancement de la troisième candidature présidentielle de Philippe Poutou. Chaque lecteur et lectrice pourra s’y référer, mais citons-en dès à présent un extrait, qui nous semble illustratif :

« On a des divergences profondes du point de vue, je ne sais pas si ça s’appelle stratégique ou tactique. Nous, on n’est pas pour construire un parti révolutionnaire comme ça, on est sur cette idée qu’il y a un mouvement social qui est très riche, très diversifié (…) et c’est comment on peut construire un outil qui s’appuie sur la diversité militante et qui prend (…) le meilleur qui existe dans les forces militantes, et ça pose le problème de construire ensemble avec d’autres militants qui n’ont pas tout à fait la même histoire, qui ne sont pas forcément trotskystes, révolutionnaires, qui peuvent être libertaires, qui peuvent être zadistes, qui peuvent être Gilets jaunes, et nous on tient beaucoup à cette identité, à arriver à construire quelque chose qui dépasse les clivages, ou anciens ou actuels (…) Et c’est un désaccord qui est très, très important avec des camarades comme ceux de Lutte ouvrière (…) et on a aussi les camarades du CCR qui pensent que c’est derrière Anasse, derrière un projet clairement révolutionnaire que, voilà, et nous on ne partage pas ça. »

Ce sont précisément ces conceptions et cette politique qui se trouvent à l’origine de « la fragilisation du NPA » à laquelle le même Philippe Poutou se réfère. Effectivement, Révolution permanente et la campagne « Anasse Kazib 2022 » empruntent aujourd’hui une voie différente et, sous bien des aspects, opposée.

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