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Monde

Anis Amri confirmé comme étant l'auteur du massacre

Attentat de Berlin. Le principal suspect abattu à Milan

Dans la nuit de jeudi à vendredi, la chasse à l'homme ouverte par les forces de l'ordre européenne a pris fin. Anis Amri, 24 ans, qui avait laissé ses papiers d'identité dans le camion ayant servi de bélier lors de l'attentat de Berlin, a été abattu par la police milanaise lors d'un contrôle d’identité. A. Bronstein

vendredi 23 décembre 2016

Dans la nuit du 22 au 23 décembre, à 3h du matin, la police a abattu le principal suspect de l’attentat qui a eu lieu lundi au marché de Noël de Berlin. Anis Amri, 24 ans, aurait ouvert le feu sur des policiers à Milan, en Italie, au cours d’un simple contrôle d’identité, avant que ceux-ci ne l’abattent. Les déclarations qui ont suivi, notamment celles du ministre de l’Intérieur italien, ont confirmé qu’il s’agissait de l’auteur de l’attentat de Berlin, dont les papiers et une empreinte avaient été retrouvés dans le camion.

Depuis, dans la journée, si les prises de paroles ont été prudentes tout en sous entendant de nouvelles mesures sécuritaires du côté du gouvernement allemand, les articles de presse, eux, se sont succédé, faisant la part belle aux envolées réactionnaires. Le porte-parole du ministre de l’Intérieur allemand a ains idéclaré que « l’’enquête est toujours en cours, et bien sûr […] nous étudierons chaque point de ce qui s’est passé, pour, à l’avenir, palier tous les manques. Mais parler maintenant des conséquences, c’est beaucoup trop tôt. Cela ne veut pas dire que nous n’en tirerons pas les conséquences. ». Dans les médias, ce qui est le plus mis en avant, c’est la nationalité étrangère de Anis Amri – Tunisien – et les critiques quant à la sécurité aux frontières allemandes puisqu’il a été abattu en Italie – où il avait préalablement passé 4 ans en prison – et aurait transité par la France. Les réactionnaires de tous bords comptent bien profiter de l’occasion pour déverser leur xénophobie, alimenter l’Europe forteresse, la haine des migrants, bien aidés par les médias.

De plus, les attentats revendiqués par l’État Islamique ouvrent la porte aux déclarations racistes et aux actes islamophobes. En ce qui concerne l’attentat de Berlin, le gouvernement n’avait d’ailleurs pas été en reste, carsi Angela Merkel appelait à ne pas faire d’amalgames lundi soir, sa police était déjà en train d’interroger celui qui avait tout d’un suspect idéal, un demandeur d’asile pakistanais qui a par la suite été innocenté.L’extrême-droite allemande s’en est également donné àcœurjoie, dans un contexte d’augmentation des agressions racistes et islamophobes dans le pays, en incriminant le « laxisme » de Merkel quant à la politique d’immigration et la sécurité aux frontières. Un déferlement islamophobe permettant d’invisibiliser notamment les interventions militaires impérialistes au moyen orient, pourtant creuset du chaos propice au développement de la barbarie réactionnaire de Daech, qui trouve sa continuité notamment en Europe. Un déferlement qui alimente toujours plus les discours réactionnaires et les agressions anti-migrants, à grands coups d’amalgames nauséabonds.



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