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Lutte sociale

Argentine. 10 points pour unir les travailleurs, les femmes et la jeunesse contre Milei

Milei a proposé un programme néo-libéral en 10 points qu'il veut faire signer aux gouverneurs le 25 mai prochain. Face à lui, le PTS propose un programme alternatif pour les travailleurs et une stratégie pour l’imposer.

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Argentine. 10 points pour unir les travailleurs, les femmes et la jeunesse contre Milei

Nous relayons la traduction de ce document programmatique du PTS à destination de l’extrême-gauche, des syndicalistes combatifs, du mouvement social et des assemblées de quartiers.

Les propriétaires du pays continuent à gagner des millions et en veulent encore plus. Le capital financier international commande le gouvernement : le ministre de l’Économie et le président de la Banque centrale ont travaillé pour BlackRock, le plus grand gestionnaire d’actifs au monde, qui détient des parts dans les principales banques du pays (Galicia, Santander-Río, BBVA, Macro et HSBC), ainsi que dans le pétrole, les mines et l’agriculture. Les millionnaires les plus puissants soutiennent également le gouvernement. Les Rocca (2,7 milliards de dollars d’actifs), les Pérez Companc (2,9 milliards de dollars), les Bulgheroni (1,8 milliard de dollars), les Coto (1,1 milliard de dollars), les Braun (1,3 milliard de dollars), les Pagani (920 millions de dollars), les Blaquier (830 millions de dollars). Ils ont bâti leur fortune en pillant le pays et en passant des accords avec tous les gouvernements. Ils ont soutenu les dictatures les plus sanglantes, jusqu’à installer des « centres clandestins de détention » [1] dans leurs usines et à financer les grupos de tareas [2], des militaires génocidaires.

Parmi eux, on compte également les « nouveaux » riches, comme Marcos Galperín (4,9 milliards de dollars) qui a bénéficié de 142 millions de dollars d’allègements fiscaux entre 2022 et 2023, José Luis Manzano ou encore l’ancien patron du président, Eduardo Eurnekián (1,9 milliard de dollars). En quelques semaines, Milei a démontré qu’il était le « gentil petit chat » du pouvoir économique, comme le dénonçait notre camarade Myriam Bregman. Grâce à la dévaluation, la libéralisation des prix, l’augmentation de l’essence et des tarifs et la réduction des impôts, ses premières mesures leur ont permis de multiplier leurs profits. Dans le même temps, il a promis qu’il procéderait à des privatisations supplémentaires et qu’il faciliterait l’extractivisme. C’est pourquoi les entreprises du secteur énergétique, les banques, les compagnies pétrolières et les groupes Techint et Eurnekián ont pu placer certains de leurs membres dans le cabinet de gouvernement.

Nos malheurs alimentent leurs fortunes

Cette bourgeoisie d’affaires, dont Milei ne parle jamais, a applaudi le discours du président devant le Congrès, tandis que l’AEA (Association des entreprises argentines), l’Union industrielle, la Société rurale et les chambres qui regroupent les banques et le commerce l’ont félicité.

Il est logique que ces grands pilleurs l’applaudissent. Milei a proposé un programme en 10 points qu’il veut faire signer aux gouverneurs le 25 mai. Il l’appelle le « Pacte de mai ». Dans ce document, Milei donne la « solution » de la droite aux problèmes nationaux et résume son programme : balayer encore plus les droits des travailleurs, continuer à liquider les salaires, les retraites et les allocations sociales, tronçonner les « dépenses publiques » en matière d’éducation, de santé, de recherche scientifique et de culture, multiplier les privatisations, céder les ressources naturelles et nationales aux multinationales impérialistes. C’est un pacte capitaliste contre les travailleurs.

Le péronisme est l’héritier d’un gouvernement qui nous a appauvris et qui a appliqué les recettes du FMI. Les péronistes nous ont dit de nous méfier du « fascisme » qui s’annonçait alors qu’ils coulaient le pays et érodaient les revenus du peuple. Aujourd’hui, alors qu’il faut résister au plan de la droite, les péronistes sont absents des rues. Bien qu’ils votent contre le gouvernement au Congrès, c’est par la rue que nous pouvons lutter le plus fortement. Massa, le candidat soutenu par les gouverneurs Cristina et Grabois, travaille comme employé d’un fonds vautour (Greylock). Ils laissent Milei faire le sale boulot et avancer son plan d’ajustement structurel tout en tentant de limiter ses effets dans leurs provinces, leurs municipalités ou depuis leurs postes parlementaires pour « revenir » au prochain mandat sur une terre brûlée. Ils ne remettent pas en question le régime du FMI qui gouverne le pays et nos vies. Leurs directions syndicales et politiques, malgré tant d’attaques, n’ont appelé à aucune mesure sérieuse de lutte pour poursuivre la grève nationale limitée du 24 janvier.

Un chemin pour que la résistance grandisse et triomphe

Milei a déjà subi deux défaites importantes : le rejet à la Chambre des députés de la loi Omnibus et du DNU 70/23 (décret de « nécessité et d’urgence ») au Sénat, qui requiert encore un vote de la Chambre des députés pour être abrogée. Le gouvernement ne dispose pas d’un soutien suffisant (à l’exception du PRO et de secteurs de l’UCR et du péronisme) au Congrès et parmi les gouverneurs. En outre, l’agitation sociale grandit au sein de la population, même au sein du patronat lésé par certains aspects d’un plan qui ne profite manifestement qu’au capital le plus concentré.

Au cours des trois derniers mois, la résistance a commencé à se manifester par le bas : la marche du 20 décembre, les « casserolades » et les premières « assemblées populaires », la grève nationale du 24 janvier, les mobilisations massives de travailleurs à Rosario et des enseignants à Córdoba et Neuquén, les journées contre la loi sur les autobus où nous avons défié la répression de Bullrich et où des millions de personnes ont vu le projet de loi tomber grâce à des manifestations combatives, les mobilisations massives des femmes le 8 mars dans tout le pays, qui ont défait le protocole répressif et clairement indiqué à Milei et aux églises qu’elles ne reviendraient pas sur les droits qu’elles ont conquis, les travailleurs qui font face aux tentatives de fermeture ou de licenciement à Télam, A24, INCAA, les « sites de la Mémoire » et la sous-traitance GPS d’Aerolíneas Argentinas. Le 24 mars, les rues et les places seront pleines de monde dans tout le pays.

C’est clair : la colère grandit, mais la force aussi. « Prendre notre temps », c’est le laisser vider nos poches et supprimer nos droits. « Chercher le consensus », c’est le prélude à la trahison. Depuis le PTS, au sein du Frente de Izquierda, nous participons à chacune de ces luttes. Nos députés nationaux, Myriam Bregman, Nicolás del Caño, Alejandro Vilca et Christian Castillo, se battent tous les jours au Congrès et dans les rues. Nos législateurs provinciaux à Buenos Aires, Jujuy, Neuquén et Córdoba agissent de la même manière. Nous avons une réponse à la question que beaucoup se posent : comment organiser une résistance à la hauteur d’une telle attaque ?

Nous ne sortirons pas de cette lutte en nous battant séparément, de manière isolée ou individuelle. Nous devons soutenir chaque lutte et chaque revendication par l’unité la plus large de la classe ouvrière et des secteurs populaires, renforcer les assemblées populaires dans chaque quartier et chaque ville, promouvoir l’organisation démocratique et populaire dans chaque lieu de travail et d’étude et coordonner tous les secteurs désireux de lutter contre le gouvernement. La CGT et les autres confédérations syndicales appellent de plus en plus souvent à une grève nationale active et à un plan de lutte pour renverser le DNU et le plan « tronçonneuse » de Milei. Dans différentes villes et secteurs, des instances de coordinations ont été créées, qui doivent être généralisées et étendues. Elles débattent de l’appel à une grande mobilisation nationale qui rassemblerait les assemblées de quartier, les organisations syndicales combatives, les organisations culturelles, féministes, étudiantes, écologistes, avec des mandats de base, ainsi que les forces politiques de gauche qui sont aux côtés de toutes les luttes, réunissant des milliers de délégués et de combattants issus de tous ces secteurs.

Le développement de ces instances d’organisation démocratique et de coordination, qui interpellent constamment les dirigeants syndicaux et les mouvements sociaux et promeuvent une lutte commune, nous permettra de créer un plan d’action impliquant des millions de personnes, qui culminera dans une grève générale pour vaincre le plan de Milei et du FMI.

Dans la chaleur de la lutte et en construisant nos propres organisations, nous devons discuter et décider d’un programme commun afin que ceux qui ont provoqué cette crise assument ses conséquences. Nous proposons un programme en 10 points, opposés à ceux présentés par Milei, pour unir les travailleurs, les jeunes et les femmes et trouver une issue favorable pour ceux qui sont au bas de l’échelle, afin que le capital financier et les grandes entreprises payent le prix de la crise. Un programme qui ne consiste pas à attendre une fois de plus les prochaines élections, comme le veulent les différentes forces du péronisme, celles-là mêmes qui hier nous disaient d’attendre les élections présidentielles de 2019 [pour combattre Macri]. Notre perspective est de construire, dans le processus actuel, un pouvoir des travailleurs et du peuple qui nous permettra d’affronter et de vaincre le pouvoir du grand capital.

Il est temps que les travailleurs prennent le contrôle.

Nous vous invitons à débattre de ces 10 points et à lutter pour une solution ouvrière et populaire à la crise.

1. Les salaires et le pouvoir d’achat des travailleurs ne sont pas négociables. Les emplois non plus

Le point 1 du pacte de Milei parle de « L’inviolabilité de la propriété privée ». De quelle propriété parle Milei ? De votre maison ? De votre salaire ? De votre terre ? Non, pas du tout. Il parle de la propriété privée des grands entrepreneurs et des propriétaires des moyens de production et d’échange qu’ils ont acquis en exploitant le travail de la majorité de la population. Quelle propriété pouvons-nous avoir, nous les travailleurs et les travailleuses, si l’inflation et l’augmentation des tarifs nous privent de nos salaires, de nos retraites, de nos prestations sociales et des revenus des travailleurs indépendants ? 1,3 mille milliards de pesos ont été perdus en salaires au cours du seul mois de décembre. 1,6 mille milliards de pesos en retraites.

Cet argent qui nous a été volé a été transféré des poches du peuple à celles des grands pilleurs du pouvoir économique. C’est aussi simple que cela. Cette classe s’approprie la richesse que nous produisons, nous la classe ouvrière, les seuls véritables producteurs de la société. Pour vous donner une idée : l’année dernière, les grandes entreprises alimentaires comme Arcor, Molinos et la société sucrière Ledesma ont réalisé des bénéfices nets de 68 milliards de pesos. Les banques ont gagné 4,4 milliards de pesos. Malgré cela, la récession économique se traduit déjà par des licenciements et des suspensions d’activité dans l’industrie et dans d’autres secteurs (Topper, pneus, automobile, acindar et métallurgie, construction).

Nous avons la solution : l’augmentation d’urgence de tous les revenus des travailleurs avec le panier familial pour plancher [un indicateur des prix de biens de consommations nécessaires et minimaux pour une famille, NdT.], automatiquement mis à jour chaque mois en fonction de l’inflation.

Défendons aussi l’emploi. Pas de licenciements, ni dans l’État, ni dans le secteur privé. Reprendre le contrôle et relancer la production de toute entreprise qui ferme ou licencie massivement, en la nationalisant pour qu’elle soit gérée par ses propres travailleurs. Zanon et MadyGraf sont des exemples vivants de cette lutte.

2. Le droit au transport, à l’eau et à l’électricité n’est pas négociable : annulation des hausses des tarifs et nationalisation des services publics. De l’argent pour l’éducation, la santé, le logement, pas pour payer l’escroquerie de la dette

Le point 2 de Milei dit que « l’équilibre fiscal n’est pas négociable » ; mais atteindre l’« équilibre » implique de « couper à la tronçonneuse » les dépenses publiques en matière d’éducation, de santé, de science et de culture. Sur 100 pesos d’excédent financier en janvier, 45 ont été prélevés sur les retraites. Ils les ont volés. Tout cela pour continuer à payer la dette frauduleuse laissée par toutes les administrations précédentes, de la dictature militaire génocidaire à Macri, qui a permis la fuite de l’argent de la grande majorité des prêts que le FMI avait accordés. Ils laissent les capitaux quitter le pays afin que les grands hommes d’affaires puissent tout emporter à l’étranger. Les paiements de la dette, ces derniers mois, dépassent la plupart des allocations sociales et de pensions de retraite.

Milei ment lorsqu’il dit que « les coupes sauvages ou l’émission [monétaire] » constituent la seule option possible. Il est possible d’augmenter les budgets de l’éducation, de la santé publique, du logement, de la culture et de la recherche scientifique. La question est de savoir aux intérêts de qui il faut toucher : s’attaquer aux poches des voleurs millionnaires ou liquider les revenus du peuple et les services publics.

Nous avons la solution : le défaut souverain sur la dette frauduleuse et illégale. Chassons le FMI et ses plans d’austérité pour le pays !

Dans son discours, Milei a justifié les hausses tarifaires en affirmant que « les prix du transport et de l’énergie sont maintenus artificiellement bas ». Ce qu’il ne dit pas, c’est que les services de base sont devenus un business pour une poignée d’entreprises qui profitent des hausses de tarifs et des subventions massives, et qui fournissent un service médiocre, avec des coupures d’électricité, ou des transports chers et peu fréquents. Aucun gouvernement n’a remis en cause ce système : ils ont tous laissé faire. Aujourd’hui, les prix des transports ont augmenté de 400 % et le gouvernement a reconnu que les factures d’énergie allaient atteindre entre 40 000 et 100 000 pesos. Les affaires des amis du pouvoir, dont son chef Eurnekián, ne peuvent pas primer sur le droit de se nourrir, de se chauffer, de s’éclairer, de se déplacer et d’avoir un toit pour vivre.

Nous avons la solution : annuler toutes les hausses tarifaires. Déclarer le système énergétique d’utilité publique pour mettre fin à toutes les concessions, sans compensation, et renationaliser le service. De cette manière, il est possible de créer une seule entreprise publique de l’énergie, gérée par des travailleurs, des techniciens et des comités d’usagers, avec des services de qualité et accessibles, qui organiserait l’ensemble des tâches, depuis l’extraction des ressources naturelles jusqu’au transport et à la distribution dans les foyers, en donnant la priorité au respect de l’environnement. Il en va de même pour les transports publics (bus, trains et métros). Face au déficit de logements : un plan de construction de logements et l’urbanisation des quartiers populaires et le gel des loyers contre la spéculation immobilière.

3. Des impôts progressifs sur les grandes fortunes

Le point 3 de Milei propose « la réduction des dépenses publiques à des niveaux historiquement bas, autour de 25 % du PIB ». Cela implique des coupes brutales au niveau national et dans chaque province, qui porteront sur les dépenses des services publics, les salaires et les retraites des fonctionnaires, et non sur les « politiciens ». Mais les moyens pourraient être obtenus par des impôts progressifs sur les grandes fortunes, sur ceux qui gagnent des millions de pesos chaque jour. Ces fortunes ont été bâties par les mêmes voleurs (Rocca, Bulgheroni, Roggio, Pérez Companc et les oligarques de la Société rurale), en exploitant le travail de millions de personnes et les richesses naturelles du pays, et en spéculant sur les prix.

En outre, ils bénéficient d’exonérations fiscales et de régimes spéciaux pour les grandes entreprises, comme Mercado Libre et les sociétés minières. Le point 4 de la proposition de Milei parle d’une « réforme fiscale qui réduise la charge fiscale ». D’une part, il est faux de dire que la charge fiscale en Argentine est particulièrement élevée. Elle est inférieure à celle de nombreux pays que Milei considère comme un « modèle ». D’autre part, les travailleurs, qui paient un taux de TVA de 21 %, sont mis sur le même plan que les millionnaires qui paient beaucoup moins pour leurs bénéfices et leur richesse. Du fait des allégements fiscaux et des subventions, au moins 3 % du PIB du pays est perdu. Mais les grands hommes d’affaires sont aussi de véritables criminels : ils fraudent le fisc, expatrient leur fortune et l’envoient dans des paradis fiscaux, où les grands trafiquants de drogue gardent aussi leur argent.

Mais alors qu’ils accordent des avantages fiscaux aux riches, ils veulent réimposer un impôt sur les salaires à 1,5 million de travailleurs.

Milei demande également, au point 5, de « rediscuter de la répartition fédérale des impôts pour mettre fin une fois pour toutes au modèle d’extorsion actuel ». Mais rien n’est dit sur le véritable « modèle d’extorsion actuel » qu’est la dette aux mains du capital financier. Si l’on ne rompt pas cette chaîne, il n’y aura rien d’autre à « partager » que les miettes du butin. De plus, Milei ne distingue pas fiscalement les grandes entreprises des petits producteurs, des travailleurs et des impôts perçus par les provinces. Les gouverneurs demandent que tous contribuent, mais les provinces sont pleines d’avantages fiscaux pour les grandes entreprises. Les méga-mines, le lithium et la fracturation bénéficient d’une « stabilité fiscale » depuis des décennies et versent aux provinces des redevances misérables de 3 %. Dans le même temps, les gouvernements provinciaux taxent les petits commerçants.

Nous avons la solution : des impôts progressifs sur les grandes entreprises, les banques et les propriétaires fonciers, des fonds pour résoudre les problèmes urgents de la grande majorité de la population et pas un seul peso pour les hommes d’affaires et le FMI, suppression de la TVA sur le panier familial, suppression de l’impôt sur les salaires. Réduction de l’impôt pour les petits commerçants et producteurs.

4. Pour une utilisation rationnelle des ressources naturelles du pays. Non à l’extractivisme. Défense de l’environnement

Milei veut renforcer l’appropriation du revenu agricole argentin par une poignée d’entreprises céréalières, de propriétaires terriens et de grands capitalistes. Il emprunte la même voie pour l’exploitation minière. Le différend entre les États-Unis et d’autres puissances se répercute sur le pillage de notre région et tous les gouvernements sont prêts à en devenir des partenaires d’appoint. À cet égard, le sixième point exige « un engagement des provinces à progresser dans l’exploitation des ressources naturelles du pays ». Ils détruisent l’environnement pour le profit, ils empoisonnent les rivières et même les villes avec des pulvérisations toxiques. Ils utilisent les progrès scientifiques pour maximiser leurs profits et piller les ressources naturelles. La priorité doit être donnée aux besoins de la grande majorité de la population et au développement de la production nécessaire pour les satisfaire, mais toujours en tenant compte de la protection des ressources naturelles.

Nous avons la solution : la nationalisation intégrale des ressources stratégiques du pays sous le contrôle des travailleurs et des communautés concernées dont il est nécessaire qu’ils gèrent la production. Avec eux, nous nous proposons de soutenir les revendications des peuples et communautés autochtones pour la défense de l’eau et de leurs territoires : non aux méga-mines polluantes, non aux produits agrochimiques toxiques, une loi sur les zones humides maintenant, défense des forêts indigènes et interdiction de la déforestation, décision contraignante des assemblées d’habitants, d’écologistes et d’universitaires avant tout type de projet affectant les écosystèmes, planification scientifique et écologique de l’utilisation des territoires et des industries, en les mettant au service des besoins sociaux, dans le cadre d’une transition énergétique non dirigée par le grand capital.

5. Un monopole d’État sur le commerce extérieur sous contrôle ouvrier

Milei milite (point 10) pour « l’ouverture au commerce international, pour que l’Argentine redevienne un protagoniste du marché mondial ». En d’autres termes, il veut renforcer l’oligopole privé du commerce extérieur qui existait sous tous les gouvernements précédents. Il veut donner plus de pouvoir aux grandes entreprises céréalières (Cargill, Dreyfus, Bunge, General Deheza, COFCO, Viterra, etc.) qui prélèvent des dizaines de milliards de dollars sur les exportations et multiplient les manœuvres « comptables » comme celles de Vicentin et d’autres fraudeurs qui leur permettent de transférer leurs bénéfices dans des paradis fiscaux où ils ne paient pas d’impôts.

De même, les grandes industries alimentaires et autres qui exportent au prix argentin, mais vendent leurs marchandises dans le pays aux prix internationaux. Ce sont eux qui, pendant toutes ces années, ont gagné et gagné, en faisant toujours davantage pression pour maintenir leurs avantages et en manœuvrant pour imposer des dévaluations qui nous appauvrissent tous et les rendent plus riches. Malgré la surfacturation frauduleuse des importations, le pays a enregistré un excédent commercial de 14 milliards de dollars sous le gouvernement Macri et de 48 milliards dollars sous le Frente de Todos, qui se sont volatilisés en remboursement de la dette extérieure (aussi bien la dette publique que la dette privée frauduleuse, souvent inventée pour piller les dollars de la Banque centrale), en bénéfices pour les multinationales ou par la fuite des capitaux.

Notre solution : nous proposons un monopole d’État sur le commerce extérieur. Cela suppose que les travailleurs de toutes les entreprises exportatrices et importatrices (production et transport) élisent démocratiquement des délégués ou des représentants pour prendre en charge l’administration d’un organisme d’État qui réglemente les exportations et les importations. Ils connaissent parfaitement le fonctionnement de l’entreprise et peuvent faire appel aux connaissances acquises par les universitaires et les professionnels qui leur permettent d’influencer de manière décisive les prix des produits essentiels sur le marché intérieur, en évitant les pièges commerciaux de la surfacturation et de la sous-facturation et en garantissant que les ressources destinées à nourrir les habitants du pays ne suivent pas les prix internationaux. En outre, les devises générées par les exportations pourraient permettre l’importation de biens indispensables au fonctionnement de l’économie et être utilisées pour le développement démocratique planifié par les travailleurs.

En même temps, la nationalisation sous administration ouvrière de tous les ports aux mains des multinationales et des entreprises privées est nécessaire. Finies les affaires privées avec les voies fluviales. Non à la présence de l’armée américaine pour les contrôler.

6. Créer de l’emploi avec des droits pour tous : pour la réduction de la journée de travail

Milei parle d’une « réforme moderne du travail qui favorise le travail formel » (point 7). Comme il l’a déjà fait avec le DNU et la loi Omnibus, il cherche à attaquer le droit à l’indemnité de licenciement, les congés, l’organisation syndicale sur le lieu de travail, les conventions collectives et le droit de grève. Milei veut que nous négociions par entreprise, tous divisés, affaiblissant ainsi les possibilités de défense des droits et des salaires. S’il le pouvait, il nous transformerait en esclaves. Mais l’histoire de l’Argentine montre que la « flexibilisation » n’a pas résolu le chômage et a même précarisé ceux qui avaient un emploi. Menem, l’idole péroniste de Milei, en a fait la démonstration.

Milei veut nous faire croire que nous pouvons tous être des « entrepreneurs », comme si nous étions des petits chefs d’entreprise en puissance. Mais la plupart d’entre nous, travailleurs, sommes employés par les propriétaires du capital, grands ou petits. L’idée de Milei selon laquelle il appartient à chaque travailleur de produire « des biens et des services de meilleure qualité à un prix plus bas » est idiote. Ce sont les hommes d’affaires qui décident comment produire, qui augmentent les prix, qui ferment les entreprises dès que leurs affaires tournent mal.

Cristina Kirchner, qui parle de « moderniser les relations de travail », ne propose pas d’augmenter les droits mais de s’adapter aux exigences des grands patrons et du FMI. Les dirigeants de la CGT disent qu’ils accepteraient une réforme du travail « consensuelle ». Rien de tout cela ne va dans le sens de la conquête de nouveaux droits, tout conduit à les réduire.

Le développement scientifique et technique permet aujourd’hui de produire plus en moins de temps, mais des millions de personnes passent leurs journées au travail tandis que des millions d’autres sont au chômage, sous-employés ou survivent comme ils le peuvent. Il faut mettre fin à cette irrationalité capitaliste. Cette division est utilisée par le pouvoir économique pour mieux nous dominer.

Nous avons la solution : réorganiser le travail en fonction des besoins sociaux et non des profits capitalistes. Réduire la journée de travail à 6 heures pour répartir ces heures et libérer des emplois avec des droits, sans baisser les salaires et avec un minimum qui corresponde au panier familial. Si, dans un premier temps, cette mesure n’était appliquée qu’aux 12 000 plus grandes entreprises, elle générerait plus d’un million d’emplois dans le cadre des conventions collectives.

7. Une retraite pour tous, basée sur le coût des besoins essentiels et fondamentaux des ménages retraités. Ne permettons pas un retour à la privatisation des retraites qui a abouti à un pillage des épargnants au profit des grands groupes de spéculateurs financiers

Milei veut continuer à faire les poches des retraités. Comme l’ont fait Macri et le gouvernement Alberto-Massa-Cristina, les personnes âgées sont une fois de plus la variable d’ajustement. Avec ce qu’elles reçoivent aujourd’hui, elles ne peuvent même pas vivre 15 jours. Le chancelier Mondino demande « pourquoi contracter des crédits si vous allez mourir ? ». C’est criminel. Milei propose maintenant, au point 8, « une réforme des retraites qui pérennise le système, respecte ceux qui ont cotisé et permet à ceux qui le préfèrent de souscrire à un système de retraite privé ». En d’autres termes, il exclut du système tous les travailleurs qui ont été contraints de travailler de manière informelle, en subissant la fraude au travail généralisée utilisée par les employeurs, ou en effectuant des travaux de soins non rémunérés (presque tous des femmes). Jusqu’à sa propre mère. En plus, pour ceux qui ont cotisé, il veut rétablir les pensions privées, en défaisant le système public. Les autres projets « alternatifs » présentés au Congrès, à l’exception de celui du FIT-U, proposent de maintenir les retraites au niveau misérable auquel elles sont actuellement. Le système capitaliste est tellement irrationnel que l’augmentation de l’espérance de vie est considérée comme « un problème » et non comme un progrès.

Nous avons la solution : La réorganisation intégrale du travail, en mettant fin au travail informel et en rétablissant les cotisations patronales à 33 % (ce sont Menem et Cavallo qui les ont baissées), peut permettre aux retraités de récupérer ce qu’ils ont perdu et de recevoir une retraite minimale qui couvre leurs besoins (panier du retraité), pour une valeur qui représente 82% de la moyenne de leurs revenus sur les douze derniers mois. De plus, pour protéger leur qualité de vie et leur santé, il est nécessaire d’éliminer les brevets qui rendent les médicaments horriblement chers et d’avancer dans la nationalisation des laboratoires sous le contrôle des travailleurs.

8. Nous ne voulons pas être une étoile de plus sur le drapeau yankee. Non à la dollarisation. Nationalisation du système bancaire et des ressources stratégiques. Faisons de notre pays un terrain de lutte contre les politiques néolibérales promues par les puissances impérialistes

L’un des principaux objectifs du « Pacte de mai » et de toute la politique du « mixeur et de la tronçonneuse » est de liquider la monnaie nationale pour adopter le dollar américain. Pourtant, si les ressources que le pays génère (les efforts de ses travailleurs et ses biens communs naturels) continuent d’être accaparées par le capital financier et les grandes entreprises, il n’y aura pas de solution durable au « manque de confiance dans la monnaie nationale ».

Cristina Kirchner et le péronisme proposent de s’attaquer au problème sans toucher aux profits du pouvoir économique. C’est pourquoi leurs gouvernements ont échoué face à la « contrainte externe » du FMI et entraîné une inflation croissante. De nombreuses enquêtes du Congrès et de la justice ont révélé que le système bancaire fournit des services pour l’évasion fiscale et la fuite des capitaux. Il y a l’équivalent de 430 milliards de dollars d’argent argentin à l’étranger.

Nous avons la solution : nous devons nationaliser le système bancaire en créant une banque d’État unique qui centralisera l’épargne, empêchera la fuite des capitaux et accordera des prêts bon marché aux petits producteurs, aux indépendants et aux travailleurs (pour le logement, l’achat d’une voiture ou les vacances). Elle doit être gérée par les travailleurs, à commencer par les employés des banques et des institutions financières, qui connaissent parfaitement le fonctionnement du système.

Milei veut que le pays redevienne « une étoile de plus sur le drapeau américain », comme lorsque Menem s’est rallié au « consensus de Washington » et à la guerre du Golfe pour soutenir l’invasion de l’Irak. Les attaques contre la communauté juive de notre pays dans les années 1990 sont incompréhensibles sans cet alignement flagrant sur les oppresseurs des autres peuples. Aujourd’hui, Milei est l’un des présidents qui soutient le plus fermement le génocide du peuple palestinien à Gaza.

Aujourd’hui, la guerre fait rage au cœur de l’Europe. L’invasion russe de l’Ukraine et l’escalade des combats et de la guerre promue par l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord) satisfont des intérêts capitalistes qui n’ont rien à voir avec la « défense de la souveraineté nationale » ou de la « démocratie ».

Le capital financier international mondialisé est mû par une concurrence féroce entre les entreprises et les États, qui exige l’ouverture et la dérégulation des marchés des pays pillés comme le nôtre. C’est ce que veut Milei qui impose toutefois des protections tarifaires en fonction des intérêts de chaque puissance et de ses classes dirigeantes.

Nous avons la solution : nous devons écouper à la tronçonneuse tous les plans financiers, économiques, politiques et militaires de la domination capitaliste impérialiste ; FMI hors de l’Amérique latine et de tous les pays dépendants : les Britanniques doivent quitter les Malouines, nous devons exiger l’arrêt du génocide à Gaza et défendre le droit à la résistance et à l’autodétermination nationale du peuple palestinien.

Les grandes puissances du monde sont en crise et divisées entre elles. Nous devons miser sur la solidarité des peuples opprimés et des classes laborieuses et lutter pour expulser l’impérialisme d’Argentine et d’Amérique latine. Depuis le PTS, au sein du Frente de Izquierda, nous luttons pour l’unité internationale et socialiste des classes laborieuses afin d’en finir avec la faim, les guerres et à la destruction de la planète.

9. Nous ne sommes pas dans une dictature : le droit de manifester et de faire grève n’est pas négociable

Milei a déclaré au Congrès qu’il libèrerait « la rue du fléau des grèves incessantes grâce à [son] protocole d’ordre public ». Il veut également déclarer « l’éducation comme service essentiel », non pas pour qu’il y ait plus de financements et de meilleures écoles, plus de jardins d’enfants, des enseignants mieux payés et un accès large à la formation, mais pour s’attaquer au droit de grève des enseignants. Dans sa lettre, Cristina Kirchner a implicitement soutenu les restrictions de ce droit. Milei veut l’étendre à tous les secteurs, comme le prévoit la méga DNU.

C’est logique : si elle veut imposer une telle attaque à nos conditions de vie, elle doit s’appuyer sur les forces répressives et les lois qui criminalisent les manifestations, créées par la dictature d’Onganía. Mais faire grève, se mobiliser et protester nous ont permis de gagner tous les droits que nous avons. C’est ce qui nous permet de ne pas être piétinés sur nos lieux de travail, de ne pas fermer les universités publiques et de ne pas mourir de faim dans les quartiers.

Nous avons la solution : la défense sans restriction du droit de grève et de manifestation, l’annulation de toutes les lois répressives et du protocole Bullrich qui tente de restreindre l’exercice de nos libertés démocratiques, comme s’il s’agissait d’une dictature. Nous défendons le droit de ceux qui luttent d’organiser la défense de leurs mobilisations contre la répression.

10. Fini l’autoritarisme : annulation du DNU, que les députés et les fonctionnaires politiques soient révocables et payés comme des travailleurs, élection au suffrage universel des juges et des procureurs et jury dans les procès

Milei a gouverné de manière autoritaire, en essayant de rendre l’ensemble du système juridique et politique plus restrictif au moyen de décrets, tels que le DNU 70/23, ainsi que le protocole répressif de Bullrich. Les DNU, créés par la réforme constitutionnelle de 1994, sont très difficiles à abroger grâce aux règles établies par Néstor et Cristina Kirchner. Un vote négatif est nécessaire à la fois à la Chambre des députés et au Sénat. Lorsque Milei propose au point 9 « une réforme politique structurelle qui modifie le système actuel et réaligne les intérêts des représentants et des représentés », il cherche à relancer la tentative avortée de la Loi Omnibus : une réforme politique antidémocratique, qui annulait la représentation des minorités dans les chambres, sans toucher au pouvoir présidentiel ni à la caste judiciaire.

Les socialistes du PTS considèrent que, pour que les mesures que nous proposons dans ce programme puissent être mises en œuvre pleinement et efficacement, il est nécessaire de construire avec une mobilisation révolutionnaire un gouvernement ouvrier, basé sur l’organisation démocratique des travailleurs, sans bureaucrate, à partir de leurs lieux de travail et de leurs foyers, incluant les professionnels et les travailleurs indépendants qui n’exploitent pas le travail salarié, les étudiants depuis leurs lieux d’études, les peuples indigènes et les autres secteurs opprimés de la population.

Cependant, aujourd’hui, la grande majorité des travailleurs fait encore confiance aux mécanismes de la représentation basée sur le vote (tous les 2 ou 4 ans). C’est pourquoi nous proposons des mesures contre les tendances autoritaires qui bafouent la volonté du peuple.

Nous avons une solution démocratique radicale à ce régime pourri : mettre fin au régime des DNU (en commençant par l’abrogation du 70/23).

Les fonctionnaires politiques, ainsi que tous les législateurs, doivent être payés comme des travailleurs ; il faut mettre fin à l’institution présidentielle et à ses pouvoirs monarchiques ; établir une Chambre unique qui assume les fonctions législatives et exécutives ; mettre fin à la caste judiciaire pleine de privilèges et instaurer l’élection universelle des juges et des procureurs et les procès par jury.

Dans les syndicats, nous luttons pour que les dirigeants soient rémunérés comme les travailleurs, pour que les mandats soient révocables, pour que les décisions soient prises en assemblée, pour que les minorités jouissent d’une représentation proportionnelle dans tous les organes. Nos propositions n’ont rien à voir avec le discours démagogique du gouvernement. Nous n’obtiendrons pas ces droits de Milei ou de cet État, quel que soit le gouvernement. Pour obtenir la démocratie syndicale et conquérir de nouveaux droits, les syndicats et les organisations de travailleurs doivent être indépendants de l’État et de tous les gouvernements.

Contre les pactes conclus dans le dos du peuple et contre le régime du FMI, nous luttons pour une Assemblée constituante libre et souveraine, instance démocratique qui remettrait en question l’ensemble des institutions qui nous gouvernent. Une démocratie plus généreuse faciliterait la lutte pour un gouvernement des travailleurs fondé sur leurs propres organisations démocratiques, dans le cadre de la lutte internationale pour le socialisme par en bas.

Pour une grande force politique socialiste de la classe ouvrière !

Pourquoi devons-nous continuer à vivre dans un monde organisé pour les profits de quelques-uns, où des millions de personnes n’arrivent pas à joindre les deux bouts, où des millions de personnes travaillent jusqu’à l’épuisement, où des enfants grandissent dans la pauvreté et des grands-parents meurent de faim, où la planète est en train d’être détruite ? Nous avons été gouvernés par des libéraux, des radicaux, des péronistes, avec plus ou moins de régulation étatique. Tous, en dépit de leurs différences politiques, ont maintenu en place la structure qui permet au pouvoir économique et aux voleurs de dominer le pays.

Nous devons lutter pour une autre solution qui nous arrache de ce cercle infernal : pourquoi ne pas lutter pour que la grande majorité des travailleurs organise démocratiquement l’économie et mette toutes les ressources au service de leurs besoins sociaux ? Il est temps que les travailleurs prennent le contrôle.

Le régime du grand capital a conquis une nouvelle force politique à son service : La Libertad Avanza, qui se bat pour faire des valeurs de l’extrême droite internationale le sens commun de la population. Nous devons construire une force politique de la classe ouvrière qui mise sur la mobilisation et l’organisation indépendantes de ces millions de personnes qui constituent la majorité laborieuse de la société. Une force politique qui mette à nu l’hypocrisie de Milei qui prétend s’opposer à « la caste » alors qu’il conduit en réalité une offensive brutale contre « ceux qui travaillent », une force qui promeuve la récupération des syndicats, des commissions internes, des centres d’étudiants et de toutes les organisations que nous avons construites tout au long de notre histoire de lutte, en expulsant les bureaucrates. Une force politique révolutionnaire qui défende le socialisme par en bas et sans bureaucratie, en dénonçant la campagne qui présente systématiquement le totalitarisme stalinien comme le seul dénouement possible du « socialisme ».

Nous vous proposons de nous rejoindre pour construire cette force.


[1Il s’agit d’installations secrètes utilisées par les forces armées lors de la réalisation du « Processus de réorganisation nationale » qui prévoyait l’exécution de masse des opposants politiques lors de la guerre de classe conduite par Videla de 1976 à 1983. Dans ces centres, construits en amont, les détenus étaient emprisonnés, torturés puis assassinés. NdT.

[2Groupes militaires et paramilitaires qui ont organisé les disparitions politiques pendant la dictature. NdT.



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