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Entretien avec un syndicaliste d’Amazon

Amazon : « Les ouvriers vont voir les syndicats pour faire grève, c’est qu’il se passe quelque chose »

Lundi, 4 avril, pour la première fois les huit sites d’Amazon étaient en grève pour revendiquer ensemble des augmentations de salaire. Nous avons interviewé Robin, DS CGT Amazon du site de Montélimar, où les travailleurs ont fait grève trois jours de suite.

vendredi 8 avril

Crédit phot : THOMAS SAMSON / AFP

Pour la première de l’histoire d’Amazon France, les 8 sites du pays étaient en grève au même moment ce lundi 4 avril. Une grève inédite, comme nous l’expliquait Antoine Delorme, DS CGT Amazon sur le site de Châlon.

Beaucoup de travailleurs ne se sont pas satisfaits d’une journée de grève isolée, et la poursuite de la lutte a pris différentes formes selon les sites. Celui de Bove par exemple a connu 3 jours de grève consécutifs.

A Montélimar, où travaille Robin, DS CGT du site, ce début de grève a été vécu comme une réussite, et les salariés n’ont pas voulu en rester là : « Quand je suis arrivé dans mon équipe, les collègues avaient déjà discuté et sont venus me voir en me disant qu’on devait bouger cet après-midi, faire quelque chose. Quand les syndicats sont d’une certaine façon débordés de la sorte, c’est toujours un bon signe pour la lutte ! ».

Il poursuit, « la dernière réunion de NAO aura lieu ce jeudi 14 avril, et les collègues ne veulent pas se laisser imposer 3% d’augmentation. Ce qu’on dit aux collègues, c’est que négocier une augmentation en dessous de l’inflation, c’est négocier une baisse de salaire ! ».

Une colère étendue non seulement aux 8 sites de Amazon Logistique en France, mais qui s’étend même aujourd’hui à un des deux sites de Amazon Transport (qui est formellement une société différente) !

« C’est un grand pas dans la coordination des luttes. Et même au-delà d’Amazon, on voit pas mal de grèves sur les NAO, c’est très important qu’on commence à se parler, à se coordonner, à apprendre les uns des autres sur nos grèves » commente Robin.

En effet, de nombreuses grèves sur les salaires ont touché des entreprises souvent peu habitués à la lutte. Des premières grèves qui disent beaucoup de la situation insupportable d’un grand nombre de travailleurs qui en sont quasiment réduit à « travailler pour payer l’essence pour aller travailler »…

Et Robin de conclure : « Ces grèves ne sont pas encore très puissantes, souvent elles manquent d’expérience. Par exemple chez nous on a pas pu faire de grandes assemblées générales de grévistes pour donner plus force et d’organisation au mouvement. Mais c’est un premier pas, un premier combat, et en soi c’est déjà une victoire ! J’ai vu plusieurs grévistes qui non seulement n’avaient jamais fait grève, mais étaient même anti-grève il y a encore peu de temps ! Certains collègues choisissent aussi de se syndiquer et le resteront après la grève. Tout ça donne beaucoup d’espoir pour la suite ! ».



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