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Aux patrons de payer la crise !

Airbus. Après des profits records, les salariés en grève pour leurs salaires

Face à l'inflation et aux bénéfices record réalisés par l'entreprise pendant la crise sanitaire, les salariés d'Airbus appellent à une grève inédite ce mardi 15 mars. Ils refusent les propositions dérisoires de la direction dans le cadre des négociations annuelles sur les salaires.

lundi 14 mars

Crédit photo : E.Cabanis / AFP

Alors que la guerre en Ukraine vient accentuer la tension autour de la circulation des matières premières la Banque de France estime que l’inflation en France va s’établir entre 3.7 % et 4.4 % au cours de l’année 2022. Les ressources alimentaires et énergétiques vont être particulièrement touchées par cette augmentation des prix. Si nous constatons déjà un changement significatif du prix de l’essence, avec une augmentation de 45 centimes sur les 10 derniers jours, l’augmentation des prix de l’alimentation risque d’être un nouveau facteur d’appauvrissement pour les travailleurs, déjà en grande difficulté pour boucler leurs fins de mois.

Malgré le bon contexte économique, les premières propositions émargeante des négociations annuelles obligatoires (NAO) chez le groupe Airbus s’avèrent dérisoire : pour juillet 2022, la direction de Airbus Defence and Space propose une augmentation de seulement 3.2 %, tandis que pour Airbus Atlantic elle s’élève à 3.6 %. Comme l’explique le tract de l’intersyndicale CFDT, CGT Airbus Defence and Space et UNSA Airbus Defence & Space – Toulouse, les propositions ne permettent « même pas de rattraper 2021, ni de couvrir l’inflation de 2022 ». En toute logique, les salariés ne peuvent pas accepter de perdre de l’argent, de surcroit quand l’entreprise se porte bien avec un « bénéfice de 4,2 milliards d’Euros et 800 millions d’Euros de subvention touchée » en 2022. Les propositions insuffisantes passent d’autant plus mal quand on sait que Guillaume Faury, le CEO d’Airbus, ne s’était pas privé d’augmenter son propre salaire de 20 % en 2021 et de 10 % en ce début d’année 2022.

Airbus face à la crise économique : bénéfices record et mépris des salariés

En juin 2020, sous couvert de crise économique dû à la crise sanitaire Airbus annonçait le licenciement historique de 15 000 postes, dont 5 000 en France. Le gouvernement a tenté de faire passer la pilule en expliquant être en capacité de « sauver » 2000 emplois, tout en laissant Airbus appliquer son plan de licenciement. Un plan social plutôt juteux pour Airbus, qui a finalement affiché 404 millions de bénéfices au troisième trimestre de l’année 2021, un record pour le géant de l’aéronautique qui se félicite même de sa gestion salariale.

Comment expliquer de tel bénéfice en pleine période de diminution de la production ? Airbus a tout simplement supprimé des emplois avec le soutien du gouvernement, en touchant de nombreuses aides publiques, pour dans le même temps, geler les salaires d’une partie des employés. Le géant de l’aéronautique s’est aussi beaucoup appuyé sur le dispositif d’Activité Partielle de Longue Durée (APLD) pour diminuer ou augmenter l’horaire de travail de ses salariés à volonté et multiplier le recours aux contrats précaire pour ajuster sa masse salariale.

Airbus a donc réalisé des chiffres record en demandant systématiquement des efforts aux salariés (Gel des salaires et des promotions en 2020, Perte des horaires variables, Perte de la journée de solidarité, Non-revalorisation des primes (Salissure, transport…), Nouveaux horaires contraignants, etc..). Face à tout ce mépris, aujourd’hui, les salariés d’Airbus refusent de faire encore un nouvel effort et se mobilise par la grève pour imposer des réelles augmentations de salaires.

Les donneurs d’ordre face à la colère des salariés

L’intersyndicale appelle donc à la grève ce mardi 15 mars 2022 contre les propositions dérisoires d’augmentation de salaire et revendiquent un minimum de 6,5 % d’augmentation dans leur tract. C’est un appel à la grève similaire à celui des salariés de Thalès, déjà mobilisé depuis six semaines chaque jeudi, dans de nombreux sites en France.

Pour les deux géants de l’industrie, c’est une même proposition d’augmentation des salaires en dessous de l’inflation (autour de 3 %) qui est à l’origine de la colère. Dans ces deux entreprises du CAC40, les salariés ont multiplié les efforts pendant la crise sanitaire tandis que des profits record ont été réalisés sous perfusion d’aide étatique. Aujourd’hui, le mépris accumulé par les salariés se transforme en colère.

Les luttes actuelles que connaissent les deux grands donneurs d’ordre que sont Thalès et Airbus sont à suivre de très près, car l’issue de ces conflits aura des conséquences sur l’ensemble de leur chaîne de production. Si les salariés de Thalès obtienne des augmentations conséquentes, cela ourvira une breches pour l’ensemble des salariés sous-traitants. Inversement, une défaite des salariés poussera l’ensemble des directions de la sous-traitance à s’aligner sur les taux d’augmentation fixée par les donneurs d’ordre. Il est donc primordial que les salariés d’Airbus et de Thalès parviennent à imposer leurs revendications, afin de donner les armes aux salariés sous-traitants pour qu’ils puissent eux-aussi se mobiliser pour des augmentations de salaires décente.



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